Soyons objectifs : PES 2012 n’est ni un mauvais jeu, ni un jeu bâclé. Mais il s’agit d’un épisode pas assez ambitieux, qui a la mauvaise idée de sortir la même année que le Fifa le plus innovant depuis 2007. Konami avait pourtant fait des efforts pour délivrer un nouveau système de jeu plus complet. Principal axe : la possibilité de contrôler directement ou indirectement les déplacements des coéquipiers à proximité du porteur du ballon.
Ce mécanisme « novateur » doit permettre d'étirer les défenses ou d'apporter le surnombre afin de trouver plus facilement la solution. En effet, comme expliqué dans le tutoriel, il est possible sur simple pression du stick analogique droit de déclencher des appels de vos coéquipiers dans les intervalles afin de trouver la faille. Ce système peut se jouer en manuel comme en assisté, mais autant être clair de suite, le mode manuel demande une telle rigueur qu'il en devient difficile à jouer. Certes, contrôler l'ensemble de la course du coéquipier choisi peut, sur le papier, sembler grisant, mais exécuter cela tout en gérant son propre joueur relève vite de l'utopie. En somme, un système innovant, mais très élitiste.
Pro Evolution Sur place
Or à l’image des modes de jeu, les nouveautés de surface masquent mal le surplace de la série cette année. Le nouvel onglet Footbal Life n'est au final qu'un menu regroupant la Ligue des masters et Vers une légende. En fait, ce PES 2012 reste globalement très similaire à PES 2011. Similaire, à tel point que tous les effectifs sont ceux de la saison 2010-2011, avec Ludovic Giuly au PSG et Javier Pastore à Palerme. Se fader les transferts soi-même, merci pour la corvée.
Heureusement, Konami détient toujours les licences de la Ligue des champions (et de son hymne qui fait frissonner) ainsi que celles de la Ligue 1, de la Serie A, de la Liga et de L'Eredivisie. Histoire de pallier tant bien que mal l'absence des licences des championnats anglais et portugais (sauf Manchester, Tottenham, Benfica, Sporting).
Et dès le lancement du jeu, premier faux départ de Konami. Ignorant l’envie de jouer un match dès la première mise en service du jeu, l’éditeur japonais propose une très fastidieuse séance de personnalisation : création d’un avatar, enregistrement de ses paramètres et tutti quanti. Si l’idée part d’un bon sentiment, infligée dès le lancement du jeu, elle ressemble à une punition. Bonne note en revanche pour l’interface, qui est épurée, simple et lisible. On se repère rapidement, la navigation est agréable. Seul petit bémol, des bruitages au niveau sonore très agressif.
Beau mais vieillissant
La réalisation était très attendue et là… force est de constater que PES 2012 ne déçoit pas. Tout d'abord, cet opus est beau, sans non plus révolutionner où marquer des points par rapport à son rival qui est, lui aussi, particulièrement soigné niveau graphismes. Cependant, il faut saluer le travail impressionnant de l'équipe de Konami sur les ralentis d’un réalisme bluffant. Il s’agit d’un des rares points forts de PES 2012 par rapport à sa concurrence, même si leur longueur et leur fréquence peuvent finir par agacer.
Hélas, ce n'est pas le moteur de collision qui réconforte, toujours aussi « vieillot » comparé à celui de Fifa 12. Il est toujours possible d'avancer comme une brute, le ballon collant à la semelle comme dans Olive et Tom, sans que la nouvelle gestion de la fatigue des joueurs puisse vraiment y remédier. Les animations restent robotiques, les contacts caricaturaux, les déplacements rigides. Comme si la série était restée coincée dans le temps…
L’organisation au détriment du punch
Sur le fond, Konami a réajusté son titre phare pour mettre en avant les attaques par rapport aux défenses, tout en musclant l'arbitrage et en verrouillant le plan de jeu. Par conséquent, les tacles sont plus souvent sanctionnés et les défenseurs plus regroupés. Mais la principale surprise vient de la cadence de jeu, qui a été considérablement ralentie pour offrir plus de réalisme. Cet opus se veut moins rapide, plus posé, plus crédible. Mais il perd fatalement le « punch » qui faisait le charme de la série et cela se ressent vite, trop vite.
A l’image des frappes, qui manquent de dynamisme et de puissance. Vous croyez tirer de toutes vos forces ? Vous exécuterez en fait une frappe molle à souhait ou au contraire un drop qui part dans les tribunes sans raison apparente. Frustrant. Pour ne rien arranger, la physique de balle étrange et l’angle de caméra trompeur empêchent très souvent de distinguer la trajectoire du ballon. Au point de confondre, visuellement, une frappe en corner et une en lucarne… Pour la lisibilité, on repassera.
L’IA prise à défaut
Si les défenses se regroupent désormais et qu'en effet les joueurs essayeront de vous infliger un certain pressing, il est malgré tout nécessaire de se mettre en niveau de difficulté ultime pour avoir du répondant dans le camp adverse et ne pas traverser les défenses trop aisément. Mais là où l'intelligence artificielle (IA) agace particulièrement, c'est dans les phases de jeu en passe. En effet, si vous aimez le « football champagne », le « beau football », oubliez PES car il est très difficile dans cet opus de développer un jeu construit avec des phases complexes.
L'IA est perdue et le fait sentir lorsqu'elle délivre, à travers l'un de vos joueurs, une passe pas du tout dosée ou complètement incompréhensible, qui au final se perd en touche ou gâche une action en triangle qui vous semblait limpide.
Le système de passe en dosage, pas si mal réalisé, perd ainsi de son utilité tant les choix de l’ordinateur sont à l'Ouest. Ajoutons que les gardiens ne sont toujours pas exceptionnels. Il ne sera pas rare d'assister à des scènes surréalistes dans lesquelles le portier se ridiculisera… seul, sans aucune raison.
Sans revenir à ce qu'offre son rival, il est clair que ce PES 2012 se rapproche plus de l'arcade que d'une vraie simulation de football. Mais un jeu d’arcade un peu mou, capricieux et qui, techniquement, a pris, cette année, un vilain coup sur la tête.
points positifs
points négatifs

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