Blackwater, jeu d'exaction à la première personne
Pour Microsoft, l’E3 2011 est celui de Kinect. Dans la kyrielle de nouveaux titres optimisés pour le périphérique, un jeu pourrait bien repousser les limites du politiquement correct sur le terrain déjà passablement miné des titres à connotation militaire : Blackwater.
A la gloire de Blackwater
Le jeu, qui se déroule en Afrique du Nord, entend mélanger réalisme opérationnel et grand spectacle hollywoodien.
Dans la peau d’un mercenaire


Blackwater au quotidien, c'est quoi ?
Pour vous faire une idée de ce que pourrait proposer ce jeu, voici une courte présentation de Blackwater et de ses activités. On pourrait être loin des très politiquement corrects Call of Duty et Medal of Honor, même si certaines pratiques de la compagnie ne devraient vraisemblablement pas être reproduites dans le jeu. Jugez plutôt.
Un peu de contexte
La montée en puissance des contractants militaires privés (CMP) sur la scène internationale au cours de la dernière décennie s’explique par une grande diversité de facteurs, en premier lieu par la nécessité de suppléer l’effort de guerre américain. La conscription ayant été abolie aux Etats-Unis depuis la fin de la guerre du Vietnam, le recours aux CMP permet en effet de compenser la stagnation des engagements volontaires et de doubler ainsi les effectifs combattants sur des théâtres d’opération comme l’Irak ou l’Afghanistan, cela sans adopter de mesure politique impopulaire.
Une partie des contrats attribués aux CMP en général et à Blackwater en particulier entrent dans le cadre de black budgets, des budgets classifiés et qui donc échappent au contrôle des parlementaires américains – à l’exception de quelques membres appartenant à des commissions spéciales –, ce qui maintient une certaine opacité autour de leurs opérations. Ce flou est d'ailleurs revendiqué comme une nécessité par une grande partie de l’état-major américain.
Plus controversé, tu meurs…
Blackwater a fait la une des journaux à l’occasion d’un sérieux incident ayant entraîné la mort de dix-sept civils irakiens. Mais il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg, si l’on en croit les informations révélées par le journaliste d’investigation Jeremy Scahill, auteur de Blackwater : L'Ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, ou encore des documents publiés par WikiLeaks.
Outre des services de logistique, de conseil et d’entraînement pour la police et les militaires, la firme assure des missions de protection de diplomates et d'officiels américains sur les théâtres d’opération extérieurs et tire ainsi l’immense majorité de ses revenus du gouvernement des Etats-Unis.
Blackwater a été accusé, pêle-mêle, de cumuler de mirobolants contrats sans appels d’offres en dépassant les maximums légaux par le recours à des filiales occultes, d'approvisionner son personnel en drogues stimulantes et en stéroïdes afin de les maintenir « sur la corde raide », de compléter ses revenus par le trafic d’armes ou d’êtres humains ou encore d’avoir adopté un comportement discutable lors d’interventions sur le sol américain, particulièrement à l’occasion de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi les nombreuses affaires qui ont terni l’image du CMP le plus puissant du monde.
Armée privée pour le privé
Comme si cela ne suffisait pas, les dirigeants de Blackwater offrent désormais, par le biais de leur société Jellyfish Intelligence, des services de sécurité et de renseignement pour le secteur privé, et comptent parmi leurs clients des sociétés non moins controversées comme Monsanto, le géant de la bio-ingénierie agricole.

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