











Le kiosque virtuel Mygazines.com, qui permettait de consulter illégalement sur Internet des milliers de magazines papier, a fermé ces portes ce week-end.
Poursuivi en justice par les éditeurs des magazines qu’il “ diffusait ”, le kiosque pirate avait d’abord dû retirer tous les contenus soumis à copyright le 8 septembre dernier. Aujourd’hui, il explique ne plus avoir les moyens financiers d’assurer sa survie car depuis qu’il a retiré les titres les plus populaires, le trafic et la publicité associée ont chuté.
D’autres sites comme Issuu.com ou Wobook.com permettent de partager des livres ou des magazines au format PDF mais Mygazines se distinguait par la qualité de son interface et ses services d’annotation et de partage. Les créateurs du site invitent d’ailleurs les éditeurs qui seraient intéressés par sa plate-forme à les contacter pour d’éventuels partenariats. Le piratage, nouvelle technique de marketing ?
Première publication le 19 août 2008
Ouvert depuis le mois de juillet, ce site propose des milliers de magazines, en toute illégalité. Un vrai kiosque à journaux virtuel, servi par une interface très professionnelle.
La presse papier ne va pas bien, et ce n’est pas l’initiative du site Mygazines.com qui va lui redonner le moral. Lancé à la fin du mois de juillet, le site encourage les internautes à scanner et à convertir au format PDF les magazines qu’ils possèdent afin de les partager gratuitement sur Internet. Après seulement deux semaines d’activité, on trouve déjà des milliers de magazines et encore plus d’articles placés le plus illégalement du monde en libre-service sur ce gigantesque kiosque virtuel.
Pour l’instant, la plupart des revues “ partagées ” sont anglo-saxonnes (de The Economist à PC World en passant par Men's Health), mais on trouve aussi de nombreux titres allemands et quelques français. Le site n’est pourtant en aucun cas légal ni aux Etats-Unis ni en Europe, où il est formellement interdit de copier et de diffuser un journal. En France, cette pratique est tout simplement assimilée à de la contrefaçon.
Quelque 16 000 internautes ont déjà créé un compte utilisateur pour télécharger leurs magazines, tandis que la consultation des articles est ouverte à tous. Sur le site, un tutoriel explique en détail comment créer un fichier PDF de qualité. Une interface très soignée, développée avec la technologie Flash, permet alors de les lire confortablement en plein écran.
Le site propose en outre à chaque utilisateur enregistré un espace baptisé Mygazines, où il est possible d’archiver des articles par sujet pour constituer ses propres Mygazines. Très incitatif, il va jusqu’à organiser un concours mensuel récompensant d’un chèque de 1 000 dollars l’internaute qui a attiré le plus de nouveaux membres. Son mot d’ordre est “ Télécharger, partager et archiver ”. Tout un programme.
Pour les experts qui surveillent le piratage des journaux sur Internet, Mygazines n’est certainement pas le premier service permettant de pirater des magazines au format PDF, mais il se distingue nettement par sa simplicité d’accès, par son design et surtout par son volontarisme affiché. “ On retrouve les méthodes d’incitation au partage des administrateurs d’eBook Factory ”, souligne Jean-Frédéric Farny, ancien chargé du développement au Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR).
L’année dernière, eBook Factory proposait aux internautes français de télécharger gratuitement, au format PDF, des copies de magazines et de quotidiens glanées sur les sites de peer-to-peer et sur les newsgroups pirates. Il avait donné des sueurs froides aux éditeurs de journaux français, malgré une interface beaucoup moins soignée que celle de Mygazines. Ses administrateurs avaient finalement jeté l’éponge en décembre dernier à la suite de pressions exercées par les éditeurs sur leurs hébergeurs.
Plus concernés pour l’instant que leurs homologues français, de nombreux éditeurs américains ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient entreprendre des poursuites. Toutefois, la chose ne sera pas facile, car le nom de domaine du site est enregistré à Anguilla, une île des Caraïbes où le copyright américain ne s’applique pas. Qui plus est, le site est hébergé en Suède sur les serveurs de la sulfureuse société PRQ créée par deux fondateurs du site torrent The Pirate Bay, un site pirate qu’aucune juridiction n’a encore réussi à faire fermer.
Informés de la montée en puissance de ce site, les éditeurs français se disent vigilants. “ Le piratage des magazines est récurrent sur Internet, et nous avons mis en place une cellule de veille qui alerte systématiquement les éditeurs, qui sont les seuls à pouvoir entreprendre des poursuites afin de protéger leurs marques et leurs contenus. Dans certains cas, il peut y avoir des préjudices importants ”, explique Pascale Marie, la directrice du Syndicat de la presse magazine et d’information (SPMI). “ Mais nous ne croyons pas à une substitution du magazine par un produit numérique, aussi bien soit ce dernier. Le rapport physique au magazine limite l’intérêt de cette forme de piratage ”, poursuit-elle.
Le fait que le site ne cherche pas pour l’instant à gagner de l’argent laisse également les spécialistes du secteur perplexes. “ Vu le temps nécessaire pour scanner un magazine de 200 pages, je doute de la viabilité du site s'il reste gratuit ”, affirme Jean-Frédéric Farny.
















