En fait non
par Biggoron, le 18/12/2007 11:14:48
Non le problème c'est justement d'avoir une organisation qui s'occupe de cela. La polémique provoquée par le projet SAFARI et son retrait par le gouvernement de l'époque n'a pas été dû à une quelconque CNIL, qui n'existait pas à l'époque. Et c'est parce qu'il n'existait pas d'orga phagocitant la question de l'informatisation de la société qu'un débat public a pu éclater. Aujourd'hui, ces vastes débats n'existent plus, parce que c'est la CNIL qui les mène à huis clos (les éléments des projets sont confidentiels, seule la délibération est publique). Tout au plus y a-t-il de vagues protestations, oubliées le lendemain. Regardons d'ailleurs comment la presse traite le sujet : partout ce sont des discours du type "Ah Big Brother nous arrive dessus, heureusement qu'il y a la CNIL pour faire rempart et trier le bon grain de l'ivraie". Donc finalement on s'en remet à la CNIL. La CNIL ne ferait pas un travail illégitime, elle manquerait juste de moyens et de pouvoir... mais quelles illusions cultivons-nous pour démissionner ainsi collectivement de notre capacité à juger des évolutions des techniques et à influer nous-même le cours de choses ?
Le rôle réel de la CNIL ne pouvait être que l'organisation de l'acceptation progressive du déploiement sans limite des nouvelles technologies. Sa trajectoire était prévisible (et a été prévue) dès sa création. Rajouter à la CNIL des "représentants" de la société civile ou changer la procédure de nomination de ses membres ne changera rien au problème. On voit bien ce qu'il en est de tous ces comités d'éthique divers et variés, dépossédant les individus de leur aptitude à juger l'orientation des sciences.
