











Sur la page d'accueil du site ChezToff.com, depuis le 4 janvier, cette annonce : “ Les serveurs ChezToff et Breizh Punisher's sont actuellement coupés, nous ne pouvons pas vous donner plus d'infos pour le moment. Il est donc inutile de chercher à s'y connecter, si vous y réussissiez, ce serait un fake. ” Il s'agit de la conséquence d'une démarche de la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), cherchant à faire cesser les accès à des fichiers circulant illégalement en peer to peer.
Or, ChezToff et Breizh Punisher's étaient des serveurs français du réseau d'échange eDonkey. C'est le site Ratiatum qui a levé le lièvre le 5 janvier, mais ces deux sites ne sont pas les seuls concernés. Selon Christophe Rigard, administrateur de ChezToff, les serveurs RackBox 2, Jibworld et plusieurs autres hébergés par la société Debibox ont aussi été visés. Mais il ne s'agit pas de poursuites judiciaires. La SCPP a en effet adressé le 19 décembre dernier aux administrateurs, ainsi qu'à certains hébergeurs, une lettre de mise en demeure. Elle y explique que ces sites indexent des milliers de fichiers partagés, stockés sur les ordinateurs des utilisateurs, dans l'optique d'une recherche, puis de téléchargement par d'autres utilisateurs.
La SCPP dit avoir repéré des fichiers issus d'enregistrements dont elle gère les droits. “ Le 11 décembre 2006, détaille la société dans sa lettre à l'administrateur de ChezToff, plus de trente mille utilisateurs étaient connectés à votre serveur et procédaient par l'intermédiaire de ce système, sans l'autorisation de leurs producteurs légitimes, au téléchargement de plus d'un million trois cent mille fichiers. ” La SCPP demande alors que le site prenne les “ mesures techniques nécessaires afin de faire cesser le dommage résultant de la violation des droits des producteurs ”. Et rappelle que puisque son serveur “ encourage et aide ” le piratage, l'administrateur du site peut voir sa responsabilité engagée. Enfin, si vérification faite, le site n'a pas réagi, alors la SCPP indique qu'elle engagera des poursuites judiciaires.
“ Des solutions techniques, il n'y en a pas ”, commente Christophe Rigard. Malgré tout, il a commencé par filtrer les fichiers MP3 et WMA, puisque c'étaient les formats mentionnés par la SCPP dans sa lettre. Ce qui, par ailleurs, laissait passer tous les autres formats. “ On a appelé la SCPP pour le leur dire. Evidemment, cela ne leur allait pas : ce qu'ils voulaient, c'était qu'il n'y ait plus trace d'artistes de leur catalogue. On a donc tout coupé. ”
C'était la première fois que ChezToff entrait en contact avec l'industrie du disque. Mais Christophe Rigard n'est pas spécialement surpris par la démarche, ni même indigné. “ Cela allait nous tomber dessus un jour ou l'autre. Il vaut mieux que cela se passe comme ça plutôt qu'avec une plainte. ” Reste quelques interrogations sur la manière dont la SCPP a pu remonter aux coordonnées des administrateurs et surtout sur les données techniques éventuellement stockées (adresses IP, horodatage, fichiers trouvés, etc.).
Quoi qu'il en soit, la démarche de la société de droit risque de ne pas être d'une grande efficacité. “ Même si on avait trouvé une solution technique fiable, ça n'aurait servi à rien, continue Christophe Rigard. Si l'utilisateur lance une recherche globale, il peut très bien trouver d'autres serveurs, dans le monde entier, qui ne filtrent pas. ” La SCPP devrait s'exprimer sur ce nouveau type d'action le 11 janvier prochain, lors d'un point presse de préparation du prochain Midem à Cannes.
















