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La Somme prend la troisième voie du haut-débit

Le conseil général et Amiens Métropole ont choisi un syndicat mixte pour gérer leur réseau de communications Phileas Net.

' Pour diffuser les hauts-débits, la première voie est celle des conventions Départements innovants de France Télécom. L'opérateur historique s'occupe alors de tout, et peut promettre d'aller un peu plus vite moyennant une subvention. Mais cela n'a rien d'un aménagement numérique du territoire, piloté par les collectivités ', explique Roger Mézin, premier adjoint au maire d'Amiens, troisième vice-président de la communauté d'agglomération Amiens Métropole et président du syndicat mixte Somme d'Usages Internet (Susi).

Un choix à risques

La délégation de service public, choisie dans l'Oise, correspond à la deuxième voie. Le public apporte de l'argent au privé, qui accepte alors de prendre le risque d'une concession de vingt ans. ' Mais confier son réseau à un privé, poursuit l'élu local, c'est être très vite privé de son réseau. Les choix technologiques et politiques échappent à la collectivité et les économies réalisées ne profitent qu'aux actionnaires. '
Le conseil général de la Somme et Amiens Métropole ont logiquement opté pour une troisième voie : la société d'économie mixte dans un premier temps, puis, suite à l'adoption de l'article L.1425?"1 qui autorise le financement public de réseaux actifs, le syndicat mixte Susi. Aidé du cabinet d'études Tactis et de l'assistant à maîtrise d'ouvrage Tutor Online, celui?"ci définit les orientations et passe les marchés. Quatre personnes y suffisent, ' à condition qu'un petit noyau d'élus s'investisse à fond dans une problématique bien plus complexe que les réseaux d'eau '.
Susi a confié l'ingénierie et la construction du réseau de collecte Phileas Net à Sogetrel, qui procède également à l'achat des équipements actifs (notamment DSLam). Les tranches Phileas Net 1 (56 km de fibres dans Amiens) et Phileas Net 2 (100 km en six boucles pour sa périphérie) sont déjà réalisées.
Reste à terminer Phileas Net 3, les 250 km du réseau de collecte départemental. D'ici à fin 2006, cette infrastructure desservira, pour 32 millions d'euros d'investissements, soixante?"dix n?"uds de raccordement d'abonnés sur cent quarante?"quatre, toutes les zones d'activités, une trentaine de points hauts et plus de deux cents établissements publics (écoles, mairies, hôpitaux).

Une location à l'abonné raccordé

Trois opérateurs en sont déjà clients : Free pour l'accès Internet grand public, dégroupé ou non ; Aphone (ex?"Carte et Services) pour la monétique des commerçants et neuf telecom pour les communications du conseil général. On notera que Phileas Net n'est pas loué au kilomètre, mais à l'abonné raccordé (2 euros par mois pour l'accès internet, plus 2 euros par mois pour le dégroupage).
Parallèlement, Susi multiplie les expérimentations avec Intel (pour le WiMAX), Microsoft (pour les e?"cartables et les espaces numériques de travail enseignants?"élèves) et HP (sur le poste de travail de l'e?"fonctionnaire) ... Outre l'informatisation des écoles, le syndicat mixte gère aussi la modernisation de ses deux adhérents : grâce à Phileas Net, la facture télécoms d'Amiens Métropole et du conseil général devrait passer de 2,5 millions d'euros en 2003 à un million d'euros en 2005. ' La troisième voie n'a que des avantages, résume le président Mézin. Je touche des revenus, je fais des économies, je reste maître de mon réseau, et je développe des activités. '

France Télécom toujours aussi mauvais joueur

L'opérateur historique n'apprécie guère les initiatives hauts-débits des collectivités picardes. ' Il nous bloque chaque fois qu'il peut, indique René Mézin, président de l'agence Susi. Il dit qu'on n'y connaît rien, qu'on gaspille les deniers publics, et menace de supprimer des emplois à cause de nous. Mais nos marchés sont ouverts à tous. Pour les gagner, il suffit d'être le mieux?"disant. '

Pour faire capoter les projets, des recours sont même déposés devant les tribunaux administratifs. À Limoges, l'opérateur historique dénonce ainsi la légalité d'une délibération du conseil régional et l'embauche d'un chargé d'études par l'attributaire du projet Dors@l. À Montpellier, une association de contribuables accuse le réseau Num'Hé@ult de ' faire doublon avec celui de France Télécom '.

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