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UMTS et réseaux locaux sans fil plus complémentaires que concurrents

A l’origine pensés pour des besoins différents, la troisième génération de téléphonie mobile et les réseaux locaux sans fil se rejoignent sur l’usage.

Désormais, les technologies de réseau local sans fil (WLAN pour Wireless Local Area Network), conçues initialement pour une utilisation au sein de l’entreprise, fournissent aussi des connexions internet à haut débit dans des lieux publics. De tels points de connexion ont fleuri dans des aéroports, les centres de conférences, les hôtels ou les cafés. Le cabinet Analysys en a recensés en Autriche, en Allemagne, en Norvège et en Suède. D’après lui, on compte aujourd’hui entre 10 000 et 20 000 utilisateurs actifs de ce type de service, pour la majorité aux Etats-Unis. En 2006, ils seront 20 millions en Europe et le nombre de points de connexion dépassera alors les 90 000.

Le WLAN se révèle plus rapide que l’UMTS

La connexion sans fil à haut débit sur protocole IP en zone publique s’avère être précisément ce qu’amènera l’UMTS. Mais, contrairement au WLAN, la téléphonie mobile de troisième génération a l’avantage de la couverture et de la mobilité avec ses mécanismes d’itinérance basés sur le GSM. En matière de débit, en revanche, le WLAN prend l’avantage avec des vitesses de 11 à 54 Mbit/s, quand l’UMTS n’offre que 384 Kbit/s théoriques en mouvement et 2 Mbit/s immobile. A noter que le recouvrement entre ces technologies devient de plus en plus important : “Les cellules UMTS deviennent des microcellules (1 kilomètre) et même des picocellules (quelques centaines de mètres) dans les zones denses, et les cellules WLAN peuvent passer d’environ 100 mètres à 1 kilomètre avec une antenne externe “, observe Jean-Michel Cornu, consultant et directeur scientifique de la Fondation internet nouvelle génération.Si ces deux technologies sont plutôt complémentaires pour les utilisateurs, elles sont davantage concurrentes pour les opérateurs. En 2006, en effet, ces derniers pourraient perdre, d’après Analysys, jusqu’à 10 % des revenus générés par les connexions données, quand environ 10 % des abonnés de téléphonie GPRS ou UMTS utiliseront des services publics WLAN. Il est donc logique que les opérateurs se positionnent sur ce type de service. Le Suédois Telia a déjà couvert plusieurs aéroports et hôtels. En France, où la réglementation est encore très restrictive, France Télécom ne se penche sur le sujet qu’au travers d’expérimentations.Mais les opérateurs ne sont pas seuls sur le terrain des WLAN publics. On y retrouve des fournisseurs d’accès, éventuellement spécialisés dans le WLAN ?” par exemple, Mobilestar, aux Etats-Unis, qui a équipé plusieurs centaines de cafés de la chaîne Starbucks. Sont aussi présents les propriétaires des lieux déjà équipés, comme les chaînes d’hôtel. A terme, tous ces acteurs devront signer des accords pour mettre à disposition un maximum de lieux de connexion au sein d’un même service, explique Analysys. Se profile enfin la possibilité d’une itinérance entre UMTS et WLAN, avec des terminaux bimodes. L’utilisateur pourrait ainsi commencer un transfert sur le réseau local et le poursuivre de façon transparente sur le terrain.

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Annabelle Bouard