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Se passer de développement interne grâce aux ASP

Les fournisseurs d’applications en ligne (ASP) proposent une véritable solution de remplacement des services informatiques internes. Mais les premiers retours d’expérience montrent que ce sont les grandes entreprises qui testent ces nouvelles applications.

Avec un marché de 61 millions de francs en 2000, les ASP au-ront fort à faire pour atteindre le marché de 20 milliards de dollars prévu pour 2003, au niveau mondial, par le GartnerGroup.

Des résistances de la part des informaticiens

D’ailleurs, si l’on en croit les participants du dernier Club de la presse informatique, consacré aux ASP, les principales résistances face à ces nouvelles sociétés viennent des informaticiens eux-mêmes. Ceux-ci hésitent, en effet, à réduire leur champ d’action au profit de sociétés extérieures, même si les arguments en faveur des ASP ne manquent pas.Pour Frédéric Garnier, président de l’ASP Business@work, le problème se pose un peu différemment pour des logiciels comme les ERP. “On revient, sur trois ans, à environ 35 % moins cher qu’une solution d’ERP installée en interne et qui aura nécessité une mise en route longue. Bien sûr, il y a aussi des études préalables, mais ce n’est pas comparable à la mise en ?”uvre de l’ERP par une équipe non formée.”L’avantage de la rapidité de mise en ?”uvre était aussi la motivation première de Patrick Dupin, directeur financier de Servitour, une agence de voyages qui a acheté sa messagerie auprès du prestataire de services Mi8. “En une seule journée, par simple téléchargement, nous avons pu disposer dans nos bureaux de l’application Exchange 2000. Celle-ci nécessite généralement une préparation importante, tant du point de vue annuaire que déclaration des comptes. L’application nous revient à environ 200 F par mois et par individu.” Pour ceux qui ne disposent pas de l’environnement Office, l’ensemble est loué 390 F.

Des arguments en faveur des ASP

Philippe Grange, journaliste indépendant, souligne justement que le seuil de rentabilité des ASP paraît assez lointain et fragilise la proposition de ces sociétés. “Combien vous faut-il de clients à 200 F pour que votre modèle économique soit viable ?”, interroge-t-il. “700 postes clients”, précise Pascal Le Tiec, directeur du développement de Mi8. Mais la souplesse financière et la rapidité de mise en ?”uvre qui justifient l’ASP ne constituent pas les seuls arguments.Pour Éric Caulier, directeur marketing de JVC France, filiale du fabricant japonais de matériel vidéo, le problème était plus fondamental. “Si j’avais dû attendre le service informatique, je n’aurais ja-mais eu mon application dans les conditions de disponibilité actuelles : 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pour gérer les contacts avec des clients qui ne trouvent pas chez nos distributeurs les pièces détachées qu’ils désirent, il nous fallait disposer d’un logiciel de suivi de contacts. J’ai commencé par une application d’environ 900 000 F, puis une deuxième à 300 000 F. Lorsque j’ai découvert que l’on pouvait démarrer à 50 000 F avec Sevina, je n’ai pas hésité.” Sevina, l’ASP qui fournit JVC, est soutenu par Microsoft mais ne l’équipe pas. “On ne fournit pas directement Microsoft mais son premier distributeur, Corporate Software, ainsi qu’une vingtaine d’autres sociétés”, précise David Treguet, responsable de Sevina.

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Thierry Outrebon