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Perspectives 2002-2003 : l’espoir, valeur presque sûre

À force de broyer du noir, la plupart des opérateurs boursiers ont oublié que la grande majorité de la planète est sous-équipée en informatique, multimédia, voire en moyens de télécommunication.

Lorsqu’il y a trois mois, nous écrivions que la croissance mondiale était en otage mais qu’un rebond progressif était envisageable, nous paraissions bien loin de la réalité potentielle. Pourtant, les récentes évolutions statistiques à travers le monde, en particulier aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni, ont montré que les bases économiques de la reprise étaient bien présentes. Alors que les Cassandre s’obstinent encore à annoncer un cataclysme imminent et restent à l’affût de mauvaises nouvelles géopolitiques, la perspective de lendemains meilleurs s’impose progressivement. La question est alors de savoir comment, en trois mois, acteurs économiques et marchés financiers internationaux sont passés de la peur à l’espoir.

Réactivité et consommation

La réponse tient en deux mots : réactivité et consommation. C’est effectivement parce que les autorités monétaires et budgétaires américaines ont su assouplir rapidement leur politique, mais aussi parce que les ménages, puis les chefs d’entreprise ont répondu présent à ce soutien, que les États-Unis sont déjà en train de repartir. De même, c’est parce que les ménages français, italiens et espagnols n’ont pas sombré dans le pessimisme, et ont maintenu un rythme de consommation appréciable, qu’ils ont permis à leurs pays d’éviter la récession. À l’inverse, faute d’une telle réactivité, l’Allemagne a plongé dans la régression économique. D’autant que la Banque centrale européenne n’a fait aucun effort pour anticiper cette dépression et la désinflation qui en découle.Ainsi, pour 2002 et 2003, les États-Unis paraissent beaucoup mieux armés que l’Union européenne pour retrouver une croissance soutenue. En l’occurrence, au moins 1,6 % cette année et 3 % l’an prochain, tandis que la croissance eurolandaise atteindrait, elle, respectivement 1,5 % et 2,5 %. Mais, finalement, n’est-ce pas l’essentiel ? L’Euroland s’étant montrée incapable de redevenir la locomotive de la croissance mondiale en 2001, cette dernière ne pourra reprendre des couleurs que si son leader traditionnel depuis dix ans retrouve le chemin du dynamisme.Dans ce cadre, malgré la remontée des taux d’intérêt à long terme, elle-même due à la multiplication de statistiques américaines confirmant que la reprise a déjà commencé, les marchés actions se sont inscrits sur une pente durablement haussière. Autrement dit, compte tenu d’une croissance mondiale d’environ 2,8 % cette année (après 2,3 % en 2001 et avant 3,6 % en 2003), mais aussi d’une inflation limitée et de taux d’intérêt à long terme oscillant durablement autour des 5,5 % des deux côtés de l’Atlantique, les principaux indices boursiers occidentaux devraient s’accroître d’au moins 15 %, tant en 2002 qu’en 2003. Et ce, notamment sous l’impulsion d’un retour en grâce des valeurs informatiques, qui profitent déjà de la forte remontée des commandes internationales de semi-conducteurs.

Un bon potentiel de développement

À force de broyer du noir, la plupart des opérateurs boursiers avaient oublié que la grande majorité de la planète est sous-équipée en informatique, multimédia, voire en moyens de télécommunication. Le potentiel de développement de la nouvelle économie est encore grand. Le seul problème boursier de 2002 pourrait alors résider dans le fait que les marchés ne connaissent pas la modération, c’est-à-dire qu’une fois partis, ils sont difficiles à arrêter… Évidemment, si une catastrophe comme celle du 11 septembre venait à se reproduire, ce scénario a priori optimiste pourrait être remis en cause. Néanmoins, nous ne sommes pas devins et, en tant qu’économistes objectifs, nous estimons que la perspective en 2002 et 2003 dun net rebond mondial reste le cas de figure le plus probable.* chef économiste de Natexis banques populaires

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Marc Touati*