Passer au contenu

Microsoft est désormais dans l’attente d’une condamnation

La majorité des chefs d’accusation portés contre l’éditeur ont été retenus Bill Gates annonce sa décision de faire appel du jugement

Lundi 3 avril, le juge Thomas Penfield Jackson a attendu la clôture de la Bourse de New York pour annoncer le verdict du procès qui oppose, depuis près de deux ans, Microsoft à dix-neuf États et au département américain de la Justice. C’est la première fois, en dix années de démêlés juridiques divers, que l’éditeur est reconnu coupable. “Les actions anticompétitives de Microsoft ont entravé le processus de concurrence par lequel l’industrie du logiciel stimule généralement l’innovation et conduit à la satisfaction optimale des consommateurs “, a noté le juge dans son rapport. Le médiateur, Richard Posner, avait quant à lui rendu son tablier 48 heures auparavant. “Cet échec n’est pas le fait des plaignants “, a-t-il déclaré. Bill Gates, pour sa part, a affirmé que “les plaignants, les États et le département de la Justice ne travaillaient pas ensemble “.

Le Nasdaq dans l’expectative

Les sanctions devraient être annoncées dans les semaines qui viennent. Le démantèlement de Microsoft fait partie des éventualités. Mais le verdict a déjà une conséquence pratique : les milliers de particuliers et de petites entreprises qui ont entamé des procédures en nom collectif à l’encontre de l’éditeur se voient désormais encouragés à demander d’importants dédommagements. Bill Gates ne semble guère affecté par ce verdict. Il a déclaré que Microsoft continuerait à mener ses affaires à sa guise, et a décidé de porter l’affaire en appel. De quoi faire tra”ner les choses pendant deux ou trois ans. L’indice composite du Nasdaq a enregistré, lundi dernier, une baisse record de 8 %, tant les rumeurs d’une condamnation étaient fortes. Mais l’action Microsoft n’a perdu, quant à elle, que 15 dollars, et s’est stabilisée autour de 90 dollars (94 euros). Au cours de l’année écoulée, son cours avait varié entre 75 et 120 dollars (entre 78 et 125 euros).Ce jugement constitue un pas important, mais ne marque pas la fin de la procédure judiciaire, qui, quelle qu’en soit l’issue, durera encore des années. Cependant, Microsoft va devoir se battre désormais sur deux fronts, avec plus de cent plaintes d’entreprises concurrentes et de particuliers qui sont désormais recevables.


KARIM BERNOUSSI