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Les technologies fleurissent sur un terreau de paranoïa

4 start-up qui comptent dans la biométrie : Vigivision (Fr), Wonder Net (Il), Zalix Tech. (Fr), Zefyr Tech. (Fr)

L’onde de choc du 11 septembre n’en finit pas de se propager dans l’économie, notamment dans le secteur de la sécurité. Car protéger les accès à des lieux (physiques) ou à des ordinateurs (systèmes logiques) est devenu primordial. Un domaine dans lequel les solutions biométriques ont trouvé des applications des plus prometteuses. Et pour cause : quel meilleur moyen d’identification des personnes que ces traits physiques uniques dont regorge le corps humain ?Ainsi, les petits appareils permettant de “lire” les empreintes digitales ont perdu leur statut de gadgets. D’autant que la caractéristique la mieux maîtrisée et la plus utilisée, qui représente aujourd’hui près de la moitié du marché de la biométrie, reste la forme des empreintes digitales.

Avec ou sans les doigts

Mais des méthodes alternatives émergent. Comme la morphologie de la main, par exemple, plus efficace en milieu industriel notamment, où les blessures ou salissures perturberaient la lecture d’empreintes. L’identification de l’iris, elle, est largement entrée dans les m?”urs. Et des pistes plus prometteuses sont explorées, de la reconnaissance de la voix à la façon d’écrire. Une piste qu’explore la start-up israélienne Wonder Net, avec l’appui de Wacom, le géant japonais des tablettes graphiques.Car la coopération est de rigueur dans le milieu : grands et petits travaillent de conserve. Zefyr Technologies, jeune pousse incubée à La Rochelle, intègre ainsi les algorithmes d’Iridian, un spécialiste de la reconnaissance par l’iris, dans ses futurs produits. Et le marché est frémissant.“Nous sommes en phase d’évangélisation pour un marché potentiellement colossal”, précise Laurent Saada, fondateur de Zalix Technologies. Un marché en très forte croissante, selon Christelle Andres, qui l’évalue pour la France à 30 millions d’euros à l’horizon 2004. Il n’en reste pas moins “à la traîne, déplore la fondatrice de Zefyr, puisqu’il représente à peine 8 % du marché potentiel européen”. “Pourtant les sociétés commencent à voir l’avantage de ces méthodes par rapport aux fastidieux badges ou aux anecdotiques mots de passe”, estime Franck Duponchel, cofondateur de Vigivision. Et de mettre en avant le gain de temps et d’argent représenté par l’utilisation de ces techniques.

La killer app’ de l’État

Les applications devraient conquérir de nombreux marchés selon International Biometric Group. Avec, en tête, l’univers judiciaire (237 millions de dollars de revenus cette année, soit 265,8 millions d’euros), “suivi de près par les [administrations] qui vont s’en emparer pour identifier leurs employés, d’abord, puis les citoyens”, prévoit Jay Krasnow, analyste à l’International Biometric Group(IBG). Un marché estimé à 217 millions de dollars en fin d’année. Aux États-Unis, en juin 2001, les ministères de la Défense, de l’Énergie et de la Justice avaient déjà investi 10,6 millions de dollars sur des technologies de reconnaissance faciale (contre 8,5 millions pour 2000). Un intérêt qui n’a fait que croître en fin d’année. “Le seul frein à l’explosion de ces technologies sera les résistances nationales éventuelles au fichage systématique”, poursuit Jay Krasnow.Mais la tendance se maintiendra : les transactions, notamment par internet, feront augmenter le besoin d’authentification. Les milieux financiers vont d’ailleurs y investir 77 millions de dollars cette année.Le monde de la santé et l’univers du voyage devraient suivre ce mouvement général à la hausse, avec respectivement 65 et 54 millions de dollars de dépenses en biométrie cette année. Sun, Oracle, Electronic Data Systems ont ainsi mis au point une technologie permettant de sécuriser les aéroports en fichant les employés et les passagers réguliers.Pour se faire une place sur ces marchés, les nouveaux entrants devront passer à la phase intensive de production et, pour ce faire, lever des fonds. Les investisseurs ont d’ailleurs bien cerné leur potentiel de développement, puisque beaucoup sont proches de conclure des tours de tables significatifs.

4 start-up qui comptent dans la biométrie

Vigivision (FR)Date de création : décembre 2000

Fondateurs : Stéphane Macabeo, Franck Duponchel

Nombre de salariés : 10

Fonds levés : 133 000 euros

Fonds recherchés : 1 million d’euros

CA prévisionnel 2002 : 2,5 millions euros

Partenaires : Zalix Tech., Axis, Com OneVigivision est davantage connue pour son activité vidéosurveillance. Elle développe des interfaces logicielles permettant d’administrer les caméras via le réseau local Ethernet, sous protocole IP. Mais la demande croissante de prestations complètes l’a incité à s’intéresser à la biométrie. Vigivision propose donc des solutions et services de contrôle d’accès, intégrant les solutions Zalix Technologies (lire ci-contre), qui peuvent être gérées par le réseau de l’entreprise. Ses clients : grands comptes et PME pour la biométrie, commerces pour la vidéosurveillance. Pour développer ses équipes commerciales sans relâcher ses efforts de R & D, la société est en cours de levée de fonds.Wonder Net (IL)Date de création : juillet 1998

Fondateurs : Jacob Askal, Shai Waisel, Jony Bassan

Nombre de salariés : 14

Fonds levés : 1,12 million d’euros

Fonds recherchés : 3,37 millions d’euros

CA prévisionnel 2002 : NC

Partenaires : Security Biometrics, IFNParticularité de la jeune pousse israélienne : sa création en association avec des Partenaires japonais. Le leader mondial de la conception, la fabrication et la commercialisation de tablettes graphiques, Wacom, a en effet financé 30 % du capital originel de la start-up, les créateurs 45 %, des investisseurs privés israéliens et la prestigieuse banque Hapoalim ayant apporté le reste. Wonder Net édite des solutions logicielles de reconnaissance d’écriture pour l’authentification. Sa technologie mesure une centaine de paramètres comme la pression et l’inclinaison du stylo, la rapidité d’exécution… L’équipe espère que sa solution sera largement utilisée pour sécuriser l’échange de documents.Zalix Tech. (FR)Date de création : Juillet 1999

Fondateurs : Laurent Saada

Nombre de salariés : 12

Fonds levés : 0,3 million d’euros

Fonds recherchés : 2 millions d’euros

CA prévisionnel 2002 : 6,9 millions d’euros

Partenaires : NCZalix développe des applications biométriques de contrôle d’accès physiques (bâtiments) ou logiques (ordinateurs). Outre le matériel, elle propose les logiciels et les services adaptés aux besoins spécifiques de chaque client. Pour offrir une offre complète, la société distribue en France les produits mis sur le marché par les leaders mondiaux après les avoir testés et validés. Les technologies qu’elle propose : lecture des empreintes digitales, étude de la morphologie de la main, identification par le dessin de l’iris. Zalix a rejeté les applications basées sur la reconnaissance de la rétine. Le CA de la start-up a progressé de 150 % entre 2000 et 2001 et devrait être quatre fois supérieur cette année.Zefyr Tech. (FR)Date de création : mai 2001

Fondateurs : C. Andres, D. Alves, M. Perreira Dasilva

Nombre de salariés : 10

Fonds levés : aucun

Fonds recherchés : 2 millions d’euros

CA prévisionnel 2002 : 530 000 euros

Partenaires : Iridian, NuanceRéalisant, après des études de marché, le rôle que pourrait jouer l’authentification biométrique dans la sécurité, Christelle Andres a décidé de se lancer. Son équipe a breveté sa solution empreintes digitales. L’Anvar et l’incubateur de La Rochelle lui ont permis de démarrer. Son objectif : créer “Digipass”, une gamme complète de solutions d’accès pour PC grand public. Zefyr s’est rapproché des leaders mondiaux de l’iris (Iridian) et de la voix (Nuance), dont elle distribue les produits ou utilise les algorithmes. Zefyr réalise 28 % de son chiffre d’affaires à létranger. Le tour de table en phase de clôture devrait financer la production et le développement commercial de la start-up.

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Agathe Remoué