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Les candidats à la Maison Blanche s’emparent du Web 2.0

A plus de dix-huit mois du scrutin, blogs et réseaux sociaux sont utilisés par des candidats à la présidentielle américaine pour trouver des soutiens.

Loin des sites Internet de 2000 et de 2004, réduits à une galerie de portraits et à une transcription de discours, les campagnes en ligne pour l’élection présidentielle américaine de 2008 se veulent interactives et rassembleuses.Ainsi, sur le site du candidat démocrate
Barack Obama, les internautes peuvent créer leur profil, interagir avec d’autres partisans, organiser des collectes de fonds ou écrire leur blog. Ces fonctions disponibles dans l’espace
My.Barack.Obama ne sont pas sans rappeler un MySpace, version course à la Maison Blanche. Le sénateur de l’Illinois compte d’ailleurs plus de 46 000 amis sur
ce site de réseau social.
‘ Les hommes politiques pensent que l’élection sera âprement disputée. Chaque vote compte, et Internet est un moyen peu onéreux et
efficace d’attirer de nouvelles voix et d’encourager vos partisans à participer à votre campagne ‘,
explique Julie Germany, directrice de l’Institut sur la politique, la démocratie et l’Internet à
l’université George Washington, située dans la capitale américaine.La technique participative de Barack Obama semble porter ses fruits : plus de 4 000 blogs ont été créés, 3 000 personnes ont organisé des collectes d’argent et 3 400 groupes de supporters
relaient sa campagne. Le site du candidat comporte également des liens vers ses vidéos postées sur YouTube, ses photos exposées sur Flickr et sa page Facebook.

Quartier de campagne virtuel

Autre prétendant démocrate en lice,
John Edwards. Le colistier malheureux de John Kerry en 2004 explore toutes les niches possibles. Il est présent sur plus d’une quinzaine de réseaux sociaux comme Orkut, PartyBuilder, 43things
ou Bebo. En plus de YouTube où il avait annoncé sa candidature, ses vidéos sont visibles sur Revver, Blip TV et Metacafe. Il a également implanté un QG de campagne dans le monde virtuel de
Second Life, comme l’ont fait en France Ségolène Royal et Jean-Marie Le Pen.Du côté des républicains, les sites des candidats déclarés, comme Mitt Romney et Sam Brownback, comportent à peine quelques vidéos. Ils commencent cependant à prendre exemple sur leurs concurrents. Les sympathisants peuvent ainsi créer
leur blog sur le ‘ McCain space ‘ de
John McCain.‘ Les démocrates ont toujours été plus avancés dans le domaine d’Internet, constate Shanto Iyengar, directeur du Laboratoire de communication politique à l’université de Stanford en
Californie. Les républicains ont tellement d’argent qu’ils peuvent se payer des publicités à la télévision et laissent Internet aux moins fortunés. ‘
Utiliser la puissance de la Toile dans une campagne politique n’est pas sans risque. Les vidéos peu flatteuses, telles celle d’Hillary Clinton chantant l’hymne national avec une voix de casserole ont vite fait de se
retrouver en ligne. Et ce n’est pas tout. John Edwards a récemment dû se séparer d’une de ses blogueuses officielles dont les propos anticléricaux avaient déchaîné la fureur de l’Eglise et de l’électorat conservateur.

Une communication pas toujours maîtrisée

‘ Les candidats ont le choix : ils peuvent laisser libre accès à leur site sans modifier le contenu, considérant que toutes les voix ont droit au chapitre, ou bien, comme beaucoup l’ont fait dans le
passé, éditer le contenu ou mettre en place des règles qui stipulent que l’on doit adhérer aux idées du candidat pour publier son blog ‘,
expose Julie Germany.Une forte présence en ligne n’est pas non plus gage de victoire : en 2004, John Kerry avait été choisi pour représenter les démocrates, alors qu’Howard Dean faisait figure de favori grâce au soutien populaire dont il
bénéficiait sur Internet.Selon Shanto Iyengar, l’impact d’Internet se réduit à une frange trop ciblée de la population pour réellement déterminer le vainqueur : ‘ Le public visé est plutôt jeune et éduqué. Les candidats
les plus présents sur Internet semblent les mieux éduqués, à la pointe du progrès, mais ils seront pas forcément les plus populaires le jour du scrutin ‘,
conclut-il.

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Hélène Labriet, depuis la Silicon Valley