Passer au contenu

Le terminal Windows offre un champ d’application bien circonscrit

Offre logicielle aidant, le terminal Windows s’inscrit comme une alternative sensée au PC. Remplacer un PC par un terminal se justifie surtout pour des postes de travail spécialisés. cLes gains économiques se situent au niveau de l’administration et de la maintenance logicielle.

Désormais incorporé au noyau de Windows 2000, Windows Terminal Server Edition (TSE) est arrivé à maturité. Tout comme Thinpath de NCD, d’ailleurs, et Metaframe de Citrix, porté dans sa version 1. 8 sur Windows 2000. Le monde NT peut donc s’appuyer sur des services multi-utilisateurs éprouvés. D’autant que l’offre en matière de terminaux, d’origine Wyse, NCD ou Boundless, est solide.
Le concept de network computing tend, plus généralement, à imposer des architectures multiprotocoles, supportant des flux 5250, 3270 et HTML, aussi bien que les protocoles RDP et ICA du monde Windows. Mais les besoins purement Windows sont là. Au point que le Gartner Group estime que la base installée des terminaux Windows passera de six millions en 1999 à vingt-trois millions en 2002. Il est vrai aussi que l’arrivée de Windows 2000 est vécue comme une opportunité par des acteurs tels que Wyse. Puisque cette migration appellera à un renouvellement des parcs, pourquoi ne pas opter pour des terminaux plutôt que pour des PC ?

Pas forcément intéressant

L’analyse doit être fine. Le Gartner Group rappelle en effet qu’un projet de migration ” terminal ” n’est pas sans inconvénients : il a ses propres contraintes – un projet de migration d’envergure demande six mois environ – et ne se révèle pas toujours aussi intéressant qu’on veut le penser sur le plan économique. C’est flagrant au niveau du coût d’acquisition : le prix d’un PC n’est pas beaucoup plus élevé que celui d’un terminal. De plus, ce que l’on économise sur les PC sera reporté sur les serveurs – par exemple, il faut au minimum un quadriprocesseur Intel pour supporter une centaine de terminaux. Et cela sans considérer les mises à jour du réseau nécessaires pour supporter la nouvelle charge (un flux ICA requiert, par exemple, une bande passante de 40 à 200 Kbit/s), notamment pour les échanges distants.
En conséquence de quoi, estime le Gartner Group, l’option ” terminal ” permettrait de réaliser des économies substantielles, essentiellement dans les domaines de l’administration et de la maintenance logicielle. A condition, toutefois, que l’environnement de travail considéré se prête bien à une telle migration. Généralement, les terminaux sont déployés dans des environnements de services et de transactions (centres d’appel, applications de guichet d’agences, postes industriels), où l’acteur n’interagit qu’avec un petit nombre d’applications. Et les environnements bureautiques dépouillés peuvent aussi tirer parti du terminal. En revanche, dès lors que l’on considère les postes mobiles, les environnements de production d’information sophistiqués, etc. , le recours à des terminaux devient discutable. D’abord, parce que certains défauts pèsent lourdement face à leurs avantages éventuels. C’est le cas, par exemple, du temps de latence du réseau (qui peut nuire à la réactivité du système) et des carences des serveurs NT en matière de souplesse, de disponibilité et de puissance développée. Des solutions d’équilibrage de charge ont, certes, été prévues par Microsoft et ses ” coopétiteurs ” pour pallier ces inconvénients. Mais s’il faut administrer des clusters plutôt qu’avoir à faire de la maintenance micro, le jeu en vaut-il la chandelle ?

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


Thierry Jacquot