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Des chercheurs veulent renommer l’Intelligence Artificielle… pour rassurer les humains

Alors que l’IA devient de plus en plus performante, des chercheurs s’interrogent sur la manière de la faire évoluer. Nouveau nom ou nouveaux tests, comment s’assurer d’aller dans le bon sens ?

Capables de tenir une conversation, de reconnaître des objets ou de battre un humain à des jeux de plus en plus complexes, les intelligences artificielles sont de plus en plus développées, sans que l’on sache pour autant jusqu’où iront nos recherches en la matière.

Depuis quelques années, des groupes anti-IA voient le jour et réfléchissent à des codes éthiques, comme la structure à but non lucratif, OpenAI, cofondée par un certain Elon Musk. Ces mouvements « éthiciens » prônent une bonne utilisation de la technologie selon des règles fermes, afin d’éviter toute guerre entre hommes et machines.
Mais tous les chercheurs et géants de la tech ne sont évidemment pas opposés à la montée en puissance de l’IA. Tous n’y voient pas un mal, un danger pour l’Humanité. Certains pensent même que l’appellation intelligence artificielle dessert leur cause et nuit au regard qu’on porte sur ces technologies. Ainsi, tout récemment, un groupe de chercheurs a appelé à rebaptiser les IA… en Intelligence Étendue.

Extended Intelligence

Sématiquement parlant « Intelligence Artificielle » oppose l’intelligence des hommes à celles de leurs machines. C’est le constat réalisé par Joi Ito, le directeur du Media Lab du MIT, convaincu que cette appellation ne renforce que l’idée selon laquelle la technologie est une menace pour l’humanité.

Pour empêcher cet affrontement de voir le jour, le Media Lab, associé à l’IEEE Standards Association, propose une idée toute simple : changer le nom de l’Intelligence Artificielle.
En la renommant « Intelligence Étendue » (EI ou XI), l’idée selon laquelle la technologie est là pour améliorer le quotidien des hommes et non pas pour le détruire serait mieux mise en avant.

Bien sûr, le groupe ne s’arrêterait pas là. Il souhaite s’assurer que l’« IE » préserve les travailleurs humains et ne favorise pas simplement les intérêts économiques de grandes entreprises.
Ainsi, les règles liées à l’Intelligence Étendue obligeraient par exemple les entreprises et gouvernements à être transparents sur les données collectées sur un individu, et de leur laisser le droit de les récupérer sur demande. Des rencontres avec des représentants de l’Union Européenne, du Royaume-Uni, de l’Inde et Taiwan sont d’ores-et-déjà planifiées.

Le test de Turing, obsolète ?

Parallèlement à ces réflexions sur les réglementations de l’IA, le site Axios rappelle les doutes qu’émettent régulièrement des chercheurs sur l’efficacité des tests actuels, qui seraient incapables de réellement mesurer nos avancées dans le domaine de ce qu’on appelle, pour le moment encore, l’intelligence artificielle.

Wikipedia – Le test de Turing.

Aujourd’hui, l’un des tests de référence est celui de Turing, du nom du génial mathématicien britannique. Il consiste à faire croire à un humain qu’il parle à un autre être humain, alors que celui-ci s’adresse en réalité à une IA. Créé en 1950, il a cependant une limite : comment peut-on réellement mesurer l’intelligence à partir d’une simple conversation ?
Dans le livre The book of why, Judea Pearl et Dana Mackenzie appellent à repenser le test à développer des nouvelles méthodes d’évaluation, qui ne se limiteraient pas à une simple imitation de l’existant. Ce pourrait être en soi un nouveau champ de développement de la recherche en intelligence artificielle… pardon, étendue.

Sources et liens:
Wired
Site du comité de l’Intelligence Étendue
Axios

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Nicolas Lellouche