Nous sommes en 2026 et le monde a bien changé. Après avoir succédé à son père, Kim Jong-il, réunifié la Corée du Nord et la Corée du Sud, soumis le Japon, et annexé une bonne partie des autres pays d'Asie sous la bannière de la Grande République de Corée, Kim Jong-un s'en prend aux Etats-Unis.
L'invasion étant une réussite, le peuple américain subit pleinement le joug du dictateur coréen et ne peut compter que sur quelques poches de résistance pour retrouver sa fierté perdue. Ce scénario, écrit par John Milius, plus connu pour son travail sur Apocalypse Now, nous change agréablement de la routine. Pour une fois, les Américains sont présentés comme des victimes, et non les sauveurs du monde. Ce changement de paradigme a ceci de bon qu'il tire sur la corde émotionnelle des joueurs occidentaux. A la façon d'un Metro 2033, le jeu n'hésite pas à mettre régulièrement en scène le désespoir de la population et les horreurs qu'elle subit au quotidien.
La chic Corée sauvage
Malgré leur efficacité, ces petites saynètes ne constituent tout de même pas le cœur du jeu, qui reste un FPS pur et dur. A ce titre, il propose son lot d'action trépidante et de moments forts. On retient plus particulièrement ces affrontements dans un magasin d'informatique en proie aux flammes, la séquence aérienne à bord d'un hélicoptère, et le final explosif sur le pont du Golden Gate à San Francisco. Mais les petits moments les plus réjouissants sont certainement ceux où l'on contrôle le Goliath. Ce char tout-terrain autonome ne vous demande qu'une chose : lui désigner une cible. Ensuite, il se charge comme un grand de se ruer dessus et de l'exploser à coup de roquettes dévastatrices. Le tout est retranscrit à travers des graphismes fort honnêtes, mais jamais révolutionnaires. A signaler que la version PC se trouve nettement au dessus des versions consoles, ces dernières souffrant d'un effet d'aliasing très prononcé. Le plus gros défaut de cette campagne solo reste au final sa durée de vie famélique. Comptez quatre à cinq heures pour en faire le tour !
Front populaire
Pour faire durer le plaisir, il faut donc impérativement se rabattre sur le mode multi, qui doit de ce fait constituer la véritable motivation à l'achat. On y trouve principalement deux modes : matchs à mort et contrôle de points au sol. Cela peut sembler peu et classique, mais quelques subtilités viennent enrichir le jeu. Les points d'expérience du joueur lui permettent de débloquer de nouvelles armes au fil des parties, tandis que des points de bataille autorisent l'achat d'équipements spéciaux (dont des drones pilotables à distance) à l'intérieur d'une même partie. Et une option « Commandant » vient rajouter quelques grains de sel. En l'activant, un commandant virtuel se charge de désigner les meilleurs joueurs comme des cibles prioritaires pour les autres, et en révèle carrément la position. Des petites variations bienvenues, qui ne nous empêchent toutefois pas de le considérer comme un « Black Ops 1.5 ».
points positifs
points négatifs

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