1982 : le film Tron nous raconte l'histoire d'une bande d'informaticiens projetés dans un ordinateur qui y découvrent la vie (compliquée, dangereuse et conflictuelle) des programmes informatiques. 2011 : à une semaine de la sortie de sa suite, Disney Interactive nous gratifie d'un épisode vidéoludique censé faire le lien entre les deux films. Et là aussi, on a vraiment l'impression de retrouver les années 1980.
Le scénario est pourtant simple : un méchant qui trahit les gentils tout en essayant de nous faire porter le chapeau. Mais c'est plutôt l'univers, les personnages, le contexte parfaitement incompréhensibles pour qui n'aurait pas revu la VHS du premier film avant-hier, qui nous échappe. On se demande même qui est le héros, sinon un mec casqué qui, malgré son mutisme, se fait des ennemis à une vitesse prodigieuse. Ça commence bien.
Des combats de pochTron
Sur le papier, Tron Evolution, c'est donc un jeu d'action à la troisième personne, avec une forte dimension plate-forme (un peu à la Prince of Persia) et quelques passages en véhicule. Les combats sont assez techniques et demandent de savoir utiliser correctement nos poings, notre disque aux allures de sabre-laser et les gâchettes de la manette. Les combos sont nombreux, et le disque a des pouvoirs spéciaux qu'on customise en accumulant des points d'expérience. Pas mal non ? Sauf que les ennemis sont des brutes stupides et que dans la mêlée générale, pas le temps de finasser.
On trouve un combo qui marche bien et on enchaîne jusqu'à se trouver en panne de vie ou d'énergie. Là, pas de panique : il suffit de courir sur le mobilier urbain pour faire le plein ! On se demande quel yamakasi du dimanche a eu cette idée, mais c'est probablement l'un des choix de game design les plus navrants qu'on ait pu voir récemment, tant les allers-retours entre les poubelles à énergie et les néons au mur cassent l'action.
Par ailleurs, on a en permanence l'impression de naviguer dans un flou pas très artistique. Par exemple, ce n'est qu'après être mort une demi-douzaine de fois contre un boss invincible qu'on s'est rendu compte qu'il n'était sensible qu'aux coups portés avec la gâchette droite + Y... dommage que rien dans le jeu ne le laisse deviner.
Aussi agile qu'un homme-Tron
Idem en ce qui concerne les phases de plate-forme. On se surprend à se perdre dans des niveaux en forme de couloirs. Il faut dire que le level design n'aide pas : de grands espaces vides et impersonnels, invariablement bleutés pendant la première moitié du jeu et vaguement grisâtres pendant la seconde... il paraît que c'est la touche Tron. Dans tous les cas, ça n'excuse pas de retrouver toujours les mêmes couloirs copiés-collés, toujours les trois ou quatre mêmes plates-formes, qu'on passe toujours de la même façon.
Tout ça est d'autant plus brouillon que les contrôles, assez fins durant les combats, s'avèrent très approximatifs dès qu'il s'agit de sauter ou de courir sur les murs. La cerise sur le gâteau, c'est la caméra, première cause de mortalité du joueur. Parce qu'elle refuse obstinément de rester en face ou prend un malin plaisir à changer d'angle au moment le plus inopportun, on passe son temps à rater des sauts inratables. C'est limite si on ne meurt pas plus souvent, et en tout cas plus bêtement, que dans un Super Meat Boy.
Quand c'est Tron c'est Tron !
A ce stade, on ne prendra même pas la peine de vous dire que les phases en tank ou en moto vont de l'anecdotique à l'atroce. On passera tout aussi rapidement sur les sons, quelconques, et les musiques, qui, à part deux ou trois très bons morceaux d'electro minimaliste signés Daft Punk, sont tellement oubliables que certaines scènes en sont tout simplement dépourvues. Tout comme le premier film, Tron est un jeu d'un autre âge. Visiblement, Disney Interactive l'a aussi compris, puisque l'éditeur a annoncé la semaine dernière la fermeture de Propaganda, le studio responsable de cette douloureuse expérience.
points positifs
- L'univers graphique épuré (certains diront « moche »)
- Quelques morceaux signés Daft Punk sur la BO
- Les combos assez riches
points négatifs

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