Notre méconnaissance totale du sujet ne tombe pas si mal : malgré les apparences, Tony Hawk Shred n'est pas vraiment un jeu de skate. Ni un jeu de steak, d'ailleurs.
Alors, c'est quoi ? Pour commencer, c'est un jeu vendu avec une planche à roulettes sans roulettes, mais bardée de détecteurs. On la croirait tout droit sortie de Retour vers le futur 2, avec son fameux overboard volant qui, si tout se passe bien et si Robert Zemeckis est bien le Nostradamus de notre temps, devrait être disponible dans les Decathlon de Hill Valley à l'horizon 2015. Plutôt que de jouer à la manette, il faut donc « mimer » les ollies, nollies et autres grabs sur son skate en plastique pour les voir reproduits à l'écran par Tony Hawk et sa bande, le long de parcours bigarrés.
Ceci n'est pas un half-pipe
Concernant le jeu proprement dit, si on disait que ce n'est pas un jeu de skate, c'est d'abord parce que des épreuves de snowboard sont elles aussi présentes. Mais c'est surtout par rapport à la série des Skate, à sa richesse, sa liberté et son réalisme. A côté, Tony Hawk ressemble plutôt à une sorte de Sonic 3D, c'est à dire archi linéaire et ultra coloré, où le fun prime sur la technique.
En fait, ses douze environnements (huit de skate, quatre de snowboard, déclinés en de nombreuses épreuves), et neuf parcours « défis pro » moins bling bling, ne sont finalement que de simples couloirs. Pire : on ne peut même pas s'y déplacer librement, puisque notre avatar est posé sur des rails. Et si les modes de difficulté supérieurs laissent davantage de latitude, le titre et sa planche approximative ne s'en accommodent pas toujours très bien.
Skatepark Hero
Ce qui nous permet de faire une transition en douceur vers notre prochain paragraphe, consacré à l'accessoire, le « skate » à piles vendu avec le jeu. Celui-ci est de très bonne facture, mesure 70 centimètres et supporte aisément tous les sévices qu'un adulte bien portant peut lui faire subir. On évitera juste de s'en servir sur du plancher ou pieds nus (ça glisse) ou même en appartement (ça fait beaucoup de bruit).
Outre les détecteurs internes qui calculent l'orientation et la direction de la planche, l'appareil est aussi pourvu de quatre capteurs (devant, derrière, et de chaque côté) qui permettent, en les couvrant, de simuler un grab. Le souci, c'est que ces capteurs sont drôlement sensibles à la lumière et qu'à moins de la recalibrer régulièrement, la planche passe son temps à entrer des grabs qui n'ont pas lieu d'être.
La direction nous a également semblé problématique. Et même si on se dit que les joueurs plus souples que le menhir moyen s'en sortiront un peu mieux, dans ses conditions, difficile de contrôler parfaitement sa trajectoire en mode hardcore. Alors on reste dans des difficultés moins élevées, quand notre avatar est plus ou moins posé sur des rails et on se concentre sur les tricks.
Nollies pour no-life
De toutes façons, c'est comme ça que doit se jouer Tony Hawk Shred : parcourir ces niveaux fluos où tout explose, en enchaînant les tricks les plus improbables et les plus irréalistes, sans jamais risquer la moindre gamelle (ou alors il faut vraiment le vouloir). Vu comme le fruit curieux des amours de Guitar Hero, Sonic et Wii Fit, Tony Hawk Shred s'avère somme toute divertissant : aussi exigeant que le premier, aussi fun/cool/lol que le deuxième, mais aussi limité que le troisième.
En ce mois de décembre glacial, on peut y voir un passe-temps original et bien ficelé (l'interface est impeccable, même si on gardera une manette à portée de main pour circuler dans les menus) qui saura amuser les jeunes et frileux amateurs de steak, pardon, de skate, à condition qu'ils gardent bien à l'esprit qu'il s'agit de tout sauf d'une simulation.
points positifs
- Faire du skate sans se casser une cheville
- La planche de bonne facture
- L'habillage impeccable
- Fun et immédiat
points négatifs

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