Après un an d'attente, voilà qu'Ubisoft Montréal remet le couvert avec un nouvel Assassin's Creed. Brotherhood est dans la continuité directe du scénario du second opus, mais ajoute également un mode multijoueur sur lequel nous reviendrons un peu plus tard.
On retrouve bien entendu Desmond, héritier du passé génétique de la confrérie des assassins qui se « réincarne » une nouvelle fois dans la peau d'Ezio Auditore, tout en essayant d'échapper aux Templiers modernes d'Abstergo.
Pour rappel, c'est cette société qui vous a initié aux plaisirs de l'Animus, la machine capable d'exploiter vos gènes et de vous faire revivre les aventures de vos ancêtres. Dans quel but ? Trouver les reliques cachées par vos valeureux parents pour redonner leur prestige passé aux Templiers.
Un démarrage en trombe
Le jeu commence exactement à la fin du deuxième volet : au Vatican, juste après le combat final qui vous a permis de mettre la main sur la pomme d'Eden. Après vous être échappé du Vatican, vous retournez dans votre magnifique villa certain d'en avoir fini avec la famille Borgia. Mais, vous voilà fort marri lorsque cette dernière vous tombe sur le râble et s'emploie - à grands renforts de canons - à détruire votre petit havre de paix pour assassins. Dépassé par le nombre d'assaillants, vous n'avez d'autre solution que de fuir en laissant la pomme d'Eden derrière vous. Cette dernière retombe inévitablement entre les mains des Borgia et vous allez devoir, à nouveau, la récupérer. Après la fuite de la villa vous perdez une bonne partie de l'équipement acquis, détruit avec votre domicile, ainsi que votre énorme barre de vie...
Rome, et (presque) rien d'autre
Contrairement aux deux premiers tomes, Brotherhood ne se passe que dans Rome. Vous visiterez quelques autres lieux, mais trop rapidement pour pouvoir en profiter. N'ayez crainte, vu la grandeur de la ville, vous n'êtes pas au bout de vos peines ou de vos joies. La quête principale devrait vous occuper entre 15 et 20 heures et, pour les plus aguerris, il est possible de pimenter la partie en essayant de réaliser les missions selon quelques critères bien particuliers définis dans le journal des quêtes. Si vous n'y arrivez pas du premier coup, vous pouvez toujours y revenir par la suite puisque toutes les missions peuvent être rejouées une fois réussies, même partiellement.
De plus, étant donné la quantité de quêtes annexes à remplir, la durée de vie du jeu s'allonge à mesure que vous progressez dans la ville antique. Parmi ces quêtes, on retrouve les missions d'assassinat, de faction (courtisanes, voleurs, mercenaires), marchandes, mais aussi celles permettant la reconstruction de Rome dont découlent quelques nouveaux aspects du jeu.
Rome ne s'est pas (re)construite en un jour
Pour mener à bien la reconstruction de Rome, il faut réduire l'influence de la famille Borgia sur la ville et faire en sorte que les habitants de Rome, opprimés, vous soutiennent. Les quartiers abritent plusieurs tours qu'il va falloir détruire en ayant préalablement tué le capitaine de la garnison locale. Ainsi, après la destruction, vous avez la possibilité de rénover des commerces, mais aussi des bâtiments qui vous rapportent prestige et argent pour vous acheter des armes et continuer votre œuvre de restaurateur. Plus vous restaurez, plus vous gagnez d'argent et plus les quartiers regagnent un peu de leur splendeur passée. Vous pouvez alors recruter des assassins en herbe.
Des frères d'armes
Lors de vos aventures, vous rencontrerez certains personnages emblématiques du précédent opus (Machiavel, Léonard de Vinci, La Volpe, etc.) qui vous abreuvent de missions et de cinématiques. Outre les traditionnels voleurs et autres filles de joie dont vous pouvez louer les services temporairement, il est également possible de former des assassins qui pourront venir vous donner un coup de main de temps à autre, quand ils ne sont pas en train d'accomplir des missions d'assassinat un peu partout en Europe pour votre compte. Tous ne peuvent pas accomplir les mêmes missions et il faut jouer de leurs compétences pour être certain que la tâche sera menée à bien. A chaque fois que vos frères remplissent correctement leur ordre de mission, ils gagnent de l'expérience pour améliorer leur technique. Cependant, Ezio étant une véritable machine à tuer, le recours aux autres assassins n'est pas toujours utile, mais peut vous faciliter la vie.
Des combats plus fins...
Par rapport aux autres épisodes de la série, les combats gagnent en rapidité et finesse. Ainsi, les gros plans sur certains mouvements de contre-attaque ne sont quasiment plus utilisés, tout comme le ralenti, lorsque vous vous précipitez sur un garde pour le planter avec votre lame secrète.
Les nouveaux mouvements d'Ezio permettent de conjuguer, par exemple, des coups d'épée et de finir votre adversaire d'une balle de pistolet sans que vous ayez à sélectionner ce dernier. L'arsenal de notre assassin s'étoffe également de plusieurs armes dont l'arbalète ou les fléchettes empoisonnées. L'apparition du coup de pied dans le bas ventre pour casser la garde (entre autres) des ennemis est très appréciable également !
Enfin, la fouille et le transport des corps sont deux activités à ne pas négliger. La première est lucrative. La seconde permet de passer presque inaperçu.
...mais une IA vieillissante
Toutefois, l'intelligence artificielle n'a pas évolué d'un pouce et ça se sent ! Qu'importe leur nombre, les gardes sont peu prompts à vous attaquer. Leurs mouvements sont relativement lents et prévisibles. D'autre part, leur sens de la détection est à géométrie variable, comme dans Splinter Cell Conviction, d'ailleurs. Par exemple, vous êtes derrière un mur, au fond d'une ruelle sombre par nuit noire, un garde situé sur un toit à 400 mètres peut vous repérer sans souci. En revanche, lorsque vous tentez de vous échapper, le simple fait de vous accrocher à une poutre ou à une fenêtre rapidement peut parfois faire oublier votre existence à vos poursuivants. La joyeuse partie de cache-cache s'arrête du coup un peu abruptement.
Tuer en chœur, c'est meilleur ?
A l'annonce d'une partie multijoueur dans Assassin's Creed, on se voyait déjà en pleine séance de massacre entre Templiers et assassins. Eh bien non ! Vous incarnez en fait des assassins formés par les Templiers qui s'affrontent dans différents modes de jeu pour engranger de l'expérience et monter en niveau.
Le premier mode disponible est la « Traque » qui se joue à huit joueurs. Le but est simple, assassiner les autres joueurs désignés par le serveur. Là où votre tâche se complique c'est que tous les personnages non joueurs ressemblent aux personnages incarnés par les joueurs.
De plus, tous les joueurs peuvent user de stratagèmes pour semer les autres (se fondre dans la foule, s'asseoir sur un banc, se planquer dans du foin). Il faut être observateur, calme et rusé pour arriver à discerner sa cible... tout en prenant garde de ne pas se faire planter par un adversaire.
Autre mode, la « Chasse à l'homme » qui se joue en équipe. A tour de rôle, les équipes vont être proie ou chasseur. Deux autres modes se déverrouillent en fonction des points d'expérience acquis et des niveaux atteints. Plus vos niveaux augmentent plus vous gagnez des aptitudes en jeu (camouflage, armes, gadgets, vitesse, etc.). Toutes ne sont pas utilisables en même temps, il faut les sélectionner en début de partie, mais il est toutefois possible de les modifier à chaque fois que vous mourez, afin de vous adapter à vos adversaires.
L'enfer, c'est (encore) les autres
Le matchmaking du jeu n'est pas toujours très juste et pertinent. Ainsi, si la plupart des joueurs sont de votre rang, à plus ou moins deux niveaux, il n'est pas rare de se retrouver confronté à un joueur de niveau 11 alors que vous n'êtes que de niveau 3.
En fonction du mode auquel vous jouez, cela peut être un avantage comme un inconvénient. Mais c'est assez rageant d'être abattu d'une balle tirée du haut d'un toit alors que vous en êtes encore à vous coltiner vos victimes au corps à corps...
Enfin, la qualité des parties varie énormément en fonction de la façon de jouer des autres participants. Certains jouent bien le jeu de la furtivité et de la finesse, d'autres beaucoup moins ! Une solution dès lors, monter des équipes avec vos amis dans certains modes, voire jouer avec eux sur des parties personnalisées (ne comptant pas pour les statistiques officielles). Vous pourrez alors coordonner des attaques, des manœuvres de distraction ou de monter des embuscades et de donner, ainsi, tout son sens au mot « Brotherhood » (fraternité).
points positifs
- Le scénario
- Des nouveautés appréciables
- Le mode multijoueur
- Les séances de grimpette un peu plus coriaces
- La réalisation impeccable
points négatifs

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