Fist of the North Star : Ken's Rage serait-il l'adaptation vidéoludique, tant attendue au-delà des frontières du Japon, des aventures de Kenshiro ? Seule Ségolène Royal pourrait y voir le retour de sa « bête noire », le Club Dorothée, qui diffusait la version française du manga de Buronson et Hara. Mais que de souvenirs réveillés à la mention de « Ken le survivant de l'enfer » ! Des combats à 1 contre 100 dont le héros sort à peine fatigué, des bad boys attifés de morceaux d'armures à pointes avec des crêtes de punk, des gros méchants gigantesques et tout en muscles, des hectolitres d'hémoglobine déversés sur le sol stérile d'un monde post-apocalyptique, tout cela invariablement introduit par la phrase mythique : « Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort. »
L'histoire respectée
Vous incarnez Kenshiro (Ken), détenteur du savoir martial du Hokuto, à la recherche de sa bien-aimée Julia. Vous allez donc parcourir un Japon d'après guerre nucléaire et y rencontrer toutes les figures emblématiques du manga, aussi bien amies qu'ennemies, qui vous aideront dans votre quête, chacune à sa manière. Dans le mode Histoire, le jeu vous permet aussi de vivre certaines aventures des alliés de Ken une fois que vous les avez rencontrés dans le jeu. Ainsi, vous pourrez revisiter certains scénarios en usant d'autres stratégies et techniques de combat.
Deuxième mode qui vous est offert : Fiction. Il peut se jouer à deux (en local ; il n'y a pas de mode multijoueur sur le Xbox Live) en coopération à travers plusieurs scénarios, qui, tout en étant annexes, sont tout aussi importants que l'histoire originale et peuvent d'ailleurs « spoiler » des éléments de l'intrigue. Vous y incarnez aussi bien des personnages du mode Histoire que certains boss ou personnages clés que vous aurez débloqués préalablement.
Un grand musclé tout mou
Pour qu'un beat'em all soit bon, il faut qu'il soit maniable, nerveux, diversifié et que les combats offrent un minimum de challenge. C'est loupé pour Ken's Rage sur tous ces points.
Les personnages se dirigent mal, sont lents et peu maniables. En revanche, leur capacité à encaisser les coups est surnaturelle ; vous aurez beau vous prendre des baffes en série, votre niveau de vie ne bougera quasiment jamais, sauf lorsque vous serez affaibli par une attaque spéciale.
Les combats sont donc plutôt rébarbatifs, et surtout le comportement des ennemis est ultraprévisible. Bêtes à manger du foin, ils n'attaquent pas toujours, attendant que vous leur asseniez des gnons pour bouger ou que vous les provoquiez pour sauter, en bloc, vers vous. D'ailleurs, les assaillants se ressemblent tous, quel que soit le niveau, et vous insultent toujours de la même façon pour vous inciter à en découdre.
Des améliorations qui ne changent pas grand-chose
Pour améliorer votre personnage et ses aptitudes au combat, vous récoltez des points de talent et de karma servant à acheter des techniques spéciales ou à renforcer vos caractéristiques (défense, puissance d'attaque, barre de vie, etc.). Cependant, cela n'influe pas assez sur la façon de jouer. Quel que soit le personnage avec lequel vous jouez, rien ne change dans la façon d'aborder les affrontements. Ils commenceront sempiternellement par des attaques circulaires et dévastatrices vous permettant de vous débarrasser le plus vite possible du menu fretin.
Face aux boss, la technique est toujours la même : utiliser votre Aura pour rendre vos coups plus puissants, déjouer leur garde, éviter leurs attaques spéciales ou les contrer, les tabasser à votre tour avec des techniques spéciales avant de les finir à coups de quick time events. Le tout en leur faisant verser du sang par barils.
Une réalisation décevante
Terminons par les décors et la musique. Les niveaux se ressemblent tous, et les éléments qui les composent sont rigides. Par exemple, vous tapez rageusement dans une grille, elle se plie, mais il est impossible de sauter par-dessus pour atteindre le chemin qui est juste derrière. Il faut nécessairement la contourner. Il est toutefois possible de saisir quelques objets au sol et de s'en servir contre les ennemis, mais uniquement lorsque le jeu vous y invite. Finissons par la bande-son, composée de métal… enfin du même morceau répété en boucle, si bien que, même si l'on apprécie les guitares électriques hurlantes et lourdes, on en vient rapidement à couper le son.
Aïe
Une jouabilité décevante et sans challenge, des décors absolument vides et répétitifs, des ennemis complètement léthargiques et des affrontements finaux longs et inintéressants : le bilan n'est pas bon. Le seul atout du jeu est qu'il respecte à la lettre le scénario du manga original. Vous ne le savez pas, mais vous êtes déjà mort… d'ennui.
points positifs
- Le scénario du manga est respecté
- Les sous-campagnes peuvent être jouées avec plusieurs personnages
- On est dans le cuir de Ken
points négatifs

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