Non ! Revenez ! Promis, on ne va pas vous parler d'un banal jeu musical générique comme on en a vu une vingtaine ces dernières années ! Rock Band 3 dépoussière le genre, on vous dit. Et c'est le jeu de rythme le plus palpitant depuis Beatles Rock Band au moins... voire carrément depuis Rock Band premier du nom. Pas convaincu ? Très bien, alors lâchez ces boules Quiès et cette compil de Rachmaninov, on va tâcher de vous expliquer pourquoi.
Branchez les guitares (et les claviers)
Evacuons directement les deux gros séquoias qui cachent la forêt : les deux nouveaux instruments. Si vous avez lu notre prise en main enthousiaste, vous savez d'ores et déjà qu'il s'agit du clavier et de la guitare « pro », celle avec non plus cinq boutons et un médiator, mais carrément cent deux touches et six vraies cordes.
Sans oublier les « harmonies » déjà présentes dans les épisodes Beatles et Green Day, et qui permettent à trois chanteurs, et donc à sept musiciens au total, de jouer ensemble. Malheureusement, et on le regrette amèrement, nous n'avons pas encore pu tester ces nouveautés plus de quelques minutes. Nous essayerons d'y revenir ultérieurement.
Cependant, même sans ces deux arguments de poids, Rock Band 3 n'en reste pas moins une salutaire bouffée d'air frais dans le monde vicié (voir carrément dégénéré, on pense à Guitar Hero Warriors of Rock) du jeu musical.
« Ladies and gentlemen, from LA, California, The Doors ! »
Sa force, c'est déjà sa tracklist du meilleur goût. Bon, certes, entre les multiples épisodes de la série et sa boutique (plus de 2 000 titres, à 1 ou 2 € chacun), vous êtes déjà sans doute à la tête d'une impressionnante collection de chansons, qu'il est possible pour la plupart d'importer dans Rock Band 3. Mais on ne va pas cracher sur 83 nouveaux titres en passant. En tête d'affiche, les Doors, Deep Purple, Queen, The Who, Bob Marley, Bowie, Hendrix, Beach Boys, Amy Winehouse, on en passe et des plus cultes.
Mais tous les morceaux, même les moins connus, même les plus eighties, ont une classe folle et sont pour la plupart très funs à jouer. Merci aux « tablatures » made in Harmonix, qui ne trahit pas sa réputation d'orfèvre du gameplay. Parce que malgré ce qu'on peut croire tant qu'on n'a pas essayé un Rock Band, les partitions n'y sont pas que des successions de boutons de couleur à presser, mais bien de vrais petits niveaux : on n'a jamais l'impression de jouer deux fois la même chose. Là encore, la mayonnaise prend.
Une nouvelle tournée exceptionnelle
Une fois dans le jeu, ce qui sautera en premier aux yeux des habitués, c'est la révision du système d'étoiles. En plus des cinq étoiles récompensant la technique, il y en a désormais cinq autres, qui viennent sanctionner le « style ».
Ou du moins l'application avec laquelle vous avez rempli la consigne (de type « ne vous servez de votre Transe que lorsqu'elle est au maximum ») donnée avant chaque concert. Un peu comme dans le dernier GH oui, sauf que cette fois, cela a une réelle incidence sur votre façon de jouer, et ça ne tombe pas comme une moumoute d'Elton John sur la soupe.
Mais ce qui change tout, c'est le mode Carrière, entièrement repensé. En délaissant pour de bon le traditionnel système de progression par palier, Rock Band 3 se paye carrément une nouvelle jeunesse. C'est simple, c'est la première fois depuis très longtemps qu'on s'amuse en solo sur un jeu musical. La nouvelle alchimie ne tient pourtant pas à grand-chose : désormais, le mode Carrière s'envisage comme une succession de tournées, chacune réservant plusieurs concerts.
Et les concerts ici, ce sont les setlists préétablies, comme d'habitude, mais pas seulement : vous aurez toujours la possibilité de jouer les morceaux qui vous plaisent, en respectant un thème donné... années 80 ou 90, morceaux longs ou courts, new wave ou punk... à vous de monter votre concert aux petits oignons.
La « rehab »-ilitation
Bien sûr, toutes ces tournées ne sont pas accessibles dès le début : avant de se lancer dans une carrière mondiale, il faudra d'abord savoir se créer une fanbase, en se faisant connaître dans le métro, puis dans sa région, et enfin à travers les Etats-Unis. Et pour engranger les fans, il ne suffit plus désormais d'aligner les concerts comme autant d'étapes rébarbatives et obligatoires : le jeu possède ses propres « succès » ou « trophées » internes, d'innombrables défis qui, une fois réussis, vous apporteront des tonnes de nouvelles frusques pour personnaliser votre groupe, mais surtout, de nouveaux fans.
On passe sur l'interface particulièrement léchée, ou sur quelques nouveautés mineures qui ne parleront qu'aux puristes, mais qui témoignent du soin qu'a porté Harmonix à son nouveau bébé. Amateurs de jeux musicaux, foncez tête baissée : le genre à trouver sa nouvelle référence.
points positifs
- Un nouveau mode Carrière enfin motivant
- Les partitions made in Harmonix
- L'interface et les nouveautés bien pensées
- Une tracklist variée et toujours de bon goût
- La nouvelle référence du jeu musical
points négatifs

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