Dans le milieu du rock, il y a de grandes questions schismatiques, le genre qui pourrait tout à fait déclencher une guerre. Parmi celles-ci, « Guitar Hero ou Rock Band ? » arrive juste derrière « Stones ou Beatles ? ».
Les amoureux de Rock Band vanteront la capacité d'innovation de la série, la relative sobriété de son design, l'immersion rendue possible par la qualité et la précision de son gameplay. Les tenants de l'option Guitar Hero eux, s'accrochent à ses playlists plus metal, ses partitions plus difficiles et son esthétique supposée plus « rock », qu'on aura la liberté de trouver un peu immature. Mais après tout, un jeu qui met à contribution des guitares en plastique n'est-il pas par définition immature ?
Et tandis que Rock Band 3 s'annonce plus réaliste que jamais (lire notre prise en main), Neversoft, développeur de ce Guitar Hero Warriors of Rock, compte bien ne pas perdre de vue que tout ceci n'est qu'un jeu. En cela, l'intégration d'un mode « Quête » dans ce qui n'était jusqu'ici qu'un très correct karaoké pour rockeur est finalement totalement logique.
« Now go my son and rock ! »
Car la nouveauté de ce sixième épisode (ou dixième, onzième, douzième ? On ne sait plus), c'est ce nouveau mode de jeu, cette quête pour retrouver la Guitare légendaire, délivrer le demi-dieu du rock, et l'aider à vaincre le Fléau. On croirait le pitch de Brütal Legend ou du prochain film de Tenacious D. Pas d'affolement : concrètement, cela se traduit surtout par des cinématiques (avec un Philippe Manoeuvre diversement convaincant en voix off, en lieu et place de Gene Simmons de Kiss dans la VO) et par un pouvoir spécial pour chacun des huit « paliers » de huit chansons. Johnny Napalm possède par exemple un multiplicateur minimum de 2X, tandis qu'Axel Steel peut ressusciter à deux reprises.
Une bonne idée malheureusement sous-exploitée : à part à mi-parcours, lorsqu'il s'agira de retirer la Guitare légendaire de son socle, ou de vaincre le Fléau à la fin du jeu, deux séquences qui demanderont d'utiliser ses pouvoirs avec un minimum de jugeote, on peut tout à fait traverser toute l'« aventure » sans s'en préoccuper une seconde.
Feu d'artifice métallique ou pétard mouillé ?
Finalement, la tentative de Neversoft de jouer à fond la carte du rock se ressent surtout au niveau de l'esthétique adolescente et volontiers too much, déjà présente dans les épisodes précédents, mais ici poussée à son paroxysme. Les musiciens ne sont plus seulement des caricatures de rockeurs, mais ils se transforment carrément en monstres et autres créatures infernales. Plus intéressant, la tracklist elle-même se pare de ses plus beaux atours « metal », tendance veste à clous et bracelets de force : Linkin Park, Queen, Deep Purple, Avenged Sevenfold, Slayer, DragonFore, Rammstein, Megadeath et surtout Rush, qui a carrément le droit à sa propre séquence fleuve, lorsqu'il faut se taper les 20 minutes d'affilée de leur « 2 112 » spinaltapien. 93 titres au total, même si, après d'innombrables épisodes et DLC, on a déjà pu s'essayer à près d'un quart d'entre eux dans d'autres jeux.
Bref, malgré la poudre aux yeux que constitue un mode Quête finalement anecdotique, le vrai parti pris de ce Guitar Hero Warriors of Rock, c'est bien un look et un son plus « rock ». Un dernier épisode régressif en guise de feu d'artifice métallique pour Neversoft : pour les épisodes suivants, les développeurs passent la main à Vicarious Visions, jusqu'ici responsables des adaptations Wii, DS et iPhone d'une série qui paraît bien vieillotte à la veille de la sortie de Rock Band 3.
points positifs
- Le mode Soirée, toujours aussi convivial
- Une tracklist qui ravira les métalleux
- Toujours la possibilité de jouer jusqu'à huit en multi
points négatifs

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