Après une saison 2009 vierge, la faute au passage de relais au niveau des droits entre Sony et Codemasters, la Formule 1 revient enfin sur consoles HD. Et F1 2010 ambitionne de vous tenir en haleine en vous embarquant dans une carrière complète. Vous débuterez dans une écurie de fond de grille, et progresserez au fil de vos performances. Grand Prix à la carte, Contre la montre et Multijoueur sans fioriture (lan ou online, pour lequel nos premières parties se sont révélées convaincantes) complètent le menu. Des modes aussi inévitables que suffisants, pour une simulation très réussie dans les grandes lignes, un peu moins dans les détails.
Nous aurions d'ailleurs beau jeu de vous convaincre, égrainant un à un ses défauts et manques divers, que F1 2010 est un titre à éviter. Mais ce serait malhonnête. Et facile. Tenez, nous pourrions, par exemple, attirer votre attention sur la réalisation graphique. F1 2010 sort en effet du studio derrière Colin Mc Rae Dirt 2, disponible depuis un an et toujours auréolé du trophée du plus beau jeu de course. Or à ce titre, notre simulation de F1 peut décevoir. Première contrariété : la fluidité d'animation, qui fait pâle figure face aux ténors Forza 3 et Gran Turismo 5. Certes, F1 2010 reste très jouable, mais pour un genre qui demande une précision absolue, peiner à soutenir les 30 images par seconde n'a rien de très glorieux.
Et difficile de justifier la fluidité imparfaite de l'animation par un rendu des dégâts ambitieux. Car ici, les collisions, assez grossières, ne font jamais qu'envoler quelques ailerons ou roues. Les coques restent, elles, toujours intactes... Le résultat se montre moins abouti que F1 Racing Simulation, sorti il y a 13 ans !
L'idiot du paddock
Nous pourrions aussi évoquer l'autre casse-ambiance du jeu, votre manager d'équipe. Alors qu'il est supposé jouer le rôle d'informateur stratégique auprès du joueur isolé dans sa monoplace, il n'a de cesse d'essayer ne vous déconcentrer. Son arme ultime, le message radio intempestif et hors de propos. Des exemples ? Le double champion du monde Fernando Alonso vous dépasse, et aussitôt fuse un « C'est une proie facile pour toi !». Ou bien, à peine en piste lors d'une séance d'essai libre, un tiers de tour effectué peut suffire à vous voir créditer d'un « Tu es dans le rythme pour te qualifier, continue comme ça ! ».
Bien sûr, à l'apogée de votre concentration durant un ultime tour de qualification, l'idiot du paddock ne manquera pas de commenter la qualité des réglages de votre voiture. Ou, plus simplement, de s'emmêler dans une formule maladroite (« Prépare toi à le dépasser, mais fait attention à ce qu'il ne s'interpose pas »).
Une simulation qui s'assume
Passons sur un système de Replay un peu pauvre, bien que proposant des Flashbacks (recommencer l'action durant les 5 courtes secondes précédentes). Passons aussi la conduite de l'ordinateur qui, d'un côté excelle par sa réactivité, de l'autre perturbe le joueur par des freinages longs au point d'être dangereux.
Bref, passons sur tous les autres détails un peu frustrants du jeu de Codemasters. Pourquoi ? Parce qu'une fois digérés tous les défauts précédemment cités (et les connaitre avant de jouer vous y aidera), il ne reste, au final, que du bonheur pour un amateur de F1. Un bonheur simple, brut, qui s'appuie avant tout sur l'essence même de la compétition reproduite : la recherche de la performance pure, par l'émulation et le dépassement de soi.
Au cœur du jeu, le pilotage peut ainsi difficilement être pris en défaut, une fois apprivoisé. Même les classiques aides de pilotage ou de trajectoires activées, il faut rester concentré. Que les amateurs d'une p'tite course sur le pouce se le tiennent pour dit. D'ailleurs, l'ambiance qui règne lors des sessions (essais, qualification, course) place le joueur dans une bulle propice à son dévouement et à sa concentration. Au garage, assis dans son baquet, il accède aux informations de météo, chronos en pistes des concurrents, réglages de la voiture (simplifiés via son ingénieur, ou manuellement), gestion des pneus (en quantité limité). L'immersion est totale !
L'univers F1 jusqu'au bout
Côté piste, là aussi, tout l'univers de la F1 est scrupuleusement respecté : 19 tracés fidèlement reproduits (bosses incluses), voitures et pilotes de la saison en cours, et pénalités (pour répétition de virage coupé, bouchonnage ou collision provoquée). La qualité d'image, vraiment, s'apprécie dans la nuance (météo, variations lumineuses subtiles). Mention spéciale pour la météo, simulée mieux que jamais : apparition progressive de flaques en cas de pluie, séchage partiel de la piste sur la trajectoire au retour du soleil, et gestion des pneus qui en découle. Bluffant !
Sortie trop tôt ?
Reste une liste de bug longue comme le bras, et pour certains très gênants : partie des concurrents qui ne respectent pas les de pitstop et lèsent le joueur, performances de l'ordinateur parfois incohérentes, voire délirantes, pénalités imaginaires et parfois disqualification arbitraire du joueur, corruption de la sauvegarde obligeant à tout recommencer. De toute évidence ce jeu a été sorti avant d'être fini. Codemasters a toutefois promis un premier patch, mais sans date de disponibilité.
points positifs
- Le plaisir de la F1 à l'état brut
- La conduite très précise
- Les nombreuses infos en temps réel
- Les tracés fidèles
- Les pilotes officiels
- Le rendu global très réussi
- Les changements climatiques bluffants
- Un contenu classique mais suffisant
points négatifs

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