Pas sorti de la cuisse de Jupiter, mais peu s'en faut, Vanquish est le dernier-né du créateur de Resident Evil. Il y a pire comme référence. Et puis PlatinumGames, le studio chargé du développement de ce titre futuristico-apocalyptico-robotique, nous a tout de même renversés avec Bayonetta, après avoir attiré notre attention avec un très plaisant Madworld. Autant dire qu'on attendait en confiance ce TPS (jeu de tir à la troisième personne), en se demandant à quelle sauce allait être mangé le genre.
Ça chauffe
Côté scénario, c'est un grand retour aux sources. Les méchants sont à nouveau les Russes, tendance communiste, Viktor Zaitsev en tête. Dans un monde qui manque de pétrole, l'énergie solaire est la vie, jusqu'à ce qu'une base spatiale tombe aux mains des mauvaises personnes. C'est San Francisco qui est bouilli à coups de micro-ondes, avec explosions de cerveaux et cuisson à point. Pour éviter que, 8 heures plus tard (c'est l'ultimatum et la durée de vie du jeu), New York devienne un nouveau San Francisco, il va falloir agir, et vite.
In your ARS
Vous êtes Sam, un soldat super ninja de la DARPA, qui a contribué à mettre au point une combinaison au nom peu inspiré, l'ARS, pour augmented reactions suit. Si le nom prête à rire, sa puissance donne à penser. Grâce à ce simple gadget, PlatinumGames injecte une bonne grosse dose d'adrénaline dans un genre au gameplay hypercodifié depuis les succès des Gears of War. Si l'on continue évidemment à chercher des couvertures, à se planquer et à vider des chargeurs en riant à gorge déployée, les déplacements ultrarapides en « dérapage au ras du sol » que permet la combinaison rendent le jeu incroyablement dynamique. Soit que vous évitiez des attaques trop nombreuses soit que vous montiez à l'assaut plus vite.
Autre fonction, la possibilité de ralentir le temps – qui se déclenche automatiquement quand on est à deux doigts de mourir – est très utile quand les boss gigantesques s'en prennent à vos abattis.
Made in Japan
Depuis les boss jusqu'au gameplay hyperprécis et nerveux, tout ici transpire l'exigence des jeux nippons. Si Sam a la gueule d'un Clint Eastwood de l'espace, et son side-kick ronchon, Burns, la tronche d'un Solid Snake body-buildé et cybernétique, on sent la patte japonaise à tous les instants, dans la musique, dans les décors toujours assez similaires mais jamais lassants.
Et la volonté quasi maniaque d'offrir des bonus et des améliorations pour les armes ajoute une dernière touche japonaise fort plaisante. Les armes sont d'ailleurs assez nombreuses, à défaut d'être originales. On trouve le classique fusil à pompe, puissant mais lent et de faible portée, le fusil-mitrailleur, le jouissif fusil de sniper, la mitrailleuse lourde, chère à notre cœur – on pourrait d'ailleurs faire presque tout le jeu avec –, le lance-missiles, toujours efficace quand les ennemis sont plus hauts que votre immeuble, un lance-disques, qui ne nous a pas emballés, un pistolet BFE, qui est un clone adouci du BFG de Quake, et un laser de visée, bien pratique pour canarder des ennemis derrière des caisses.
Tu es comme le H de Hawaii, tu sers à rien
Justement, les ennemis, parlons-en. Si l'on sait que, généralement, les hommes de main ne sont pas réputés pour leur intelligence, l'IA de ces robots-puces à canon est parfois… basique. Pour le tout-venant, tout au moins. Au fil du jeu, on note une amélioration chez les soldats plus aguerris et on surprend même quelques ennemis blessés en train de fuir pour se mettre à couvert. Eux, au moins, servent à quelque chose. Ce qui n'est pas le cas des soldats qui vous accompagnent. Encore que ce soit simplificateur. Une fois blessés, cloués au sol, si vous les relevez à temps, ils vous donneront munitions et bonus divers et variés pour vos armes.
Variations sur le même t'aime
PlatinumGames a également réussi le tour de force de panacher suffisamment les genres des missions pour qu'on ne s'ennuie pas. On pourra reprocher au studio de recycler un peu trop systématiquement ses boss – oh tiens ! le même boss, mais ils sont deux cette fois ! –, les développeurs ont eu l'intelligence de varier la façon de les mettre à mort, de changer la donne à chaque fois. Que ce soit en recourant à des quick time events (QTE) différents ou en introduisant un rebondissement quelconque.
Bref, les cinq actes de ce jeu filent comme le vent, sans qu'on voie le temps passer. On ne s'ennuie pas, on ne s'arrête jamais. Dommage toutefois que le jeu n'offre aucun mode multijoueur, mais le solo est franchement réussi.
points positifs
points négatifs

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