Entendez-vous dans les consoles mugir ces féroces FPS, qui viennent jusque dans nos pads égorger nos Halo et nos Killzone ? Aux armes, citoyens gamer : la guerre des jeux de tir multijoueur démarre. Le principe du FPS atteignant ses limites en solo, les éditeurs consoles se livrent aujourd'hui à une guérilla sans merci sur le front des modes multijoueur.
Microsoft a inauguré le recrutement en avance avec Halo&~#160;; Sony ne pouvait donc pas rester les bras ballants. La firme nippone a donc fait appel au savoir-faire de Zipper Interactive pour développer le FPS multi-ultime, celui qui va donner envie aux indécis d'acheter une PS3 et, pourquoi pas, détourner quelques joueurs PC de leur souris. Allez ! Zou !, feu vert et gros budget accordés pour le projet MAG, seul FPS capable de proposer à l'heure actuelle des parties jouables à 256 simultanément.
Le retour du fils de SOCOM
Zipper a gagné ses galons de vétéran avec la série SOCOM, sortie sur la précédente génération de consoles. Seul jeu capable de tirer pleinement parti du online de la PS2, SOCOM manquait un peu de charisme et de souffle, deux défauts qui se manifestent très vite dans MAG. Le jeu propose de s'enrôler dans une compagnie militaire privée - un concept pas très moral, hélas ! furieusement tendance - et d'aller dérouiller les actionnaires des deux autres entreprises du secteur sur des champs de bataille situés un peu partout sur le globe. La guerre sans objectif, ou presque...
L'interface des menus manque cruellement de classe, proposant de simples boutons de sélection. Pour le style et la modernité, on ira voir ailleurs. Techniquement, MAG, disons les choses telles qu'elles sont, est à la ramasse. Sévèrement. Son moteur 3D arrive, certes, à afficher 256 pèlerins belliqueux dans des cartes gigantesques, mais au détriment de plein de petites choses. A commencer par la profondeur de champ, indigne d'un jeu moderne, car souillée par un effet champignon aussi tenace que précoce. Passé une cinquantaine de mètres, on ne voit plus grand-chose...
Il n'est pas possible de démolir les éléments de décor : on a beau s'énerver à la roquette sur des baraquements en préfabriqué, ils ne se fissurent pas. Ce qui, à l'aune de Battlefield Bad Company 2, fait méchamment vieillot. En outre, on cherche vainement des véhicules autres que des
transporteurs de troupes. MAG est axé 100 % fantassin, il n'y a pas
d'hélicos ou de chars à utiliser. Les animations banales, les explosions peu pêchues (malgré un effort porté sur les effets de particules), les couleurs fades... L'impression de puissance next gen est portée disparue et, en 2010, c'est difficile de ne pas remarquer son absence.
Médecins sans frontières
Les mécaniques de jeu proposées par le titre sont beaucoup plus modernes et intéressantes que ses capacités techniques. MAG affiche une certaine ressemblance avec les jeux de rôles en ligne, avec son système de points d'expérience et de classes de personnages. Dans l'absolu, on peut incarner un sniper, un expert en démolition, un mitrailleur... ou un panaché de tout cela. Pour débloquer des compétences, il faut simplement gagner des niveaux, à concurrence de 60. Dans la pratique, les joueurs un peu futés jouent au docteur.
Les premières parties donnent foi en l'altruisme et en la générosité de la nature humaine puisque l'on se retrouve soigné sans cesse au moindre bobo. Mais on découvre vite que ce comportement généreux est en fait égoïste : on gagne deux fois plus d'expérience en soignant qu'en shootant des adversaires. Tant pis pour les objectifs de mission, l'essentiel étant de se gaver l'escarcelle à XP et de débloquer de nouvelles capacités parfois inutiles, comme le lancer de grenade améliorée. Sinon, le troufion lambda aura tendance à mordre souvent la poussière, terrassé par des tirs dont il ne connaîtra jamais la provenance.
La prise en main de MAG est aussi correcte que possible, compte tenu du sévère handicap de la Sixaxis. C'est quand même tendu pour aligner rapidement sa mire sur l'occiput de l'adversaire, la réactivité n'étant pas du tout celle d'un pad Xbox 360 ! Le lag (que l'on ne peut pas mesurer...) est discret mais farceur, occasionnant quelques rollbacks déstabilisants. En gros, il nous arrive de remonter le temps de quelques secondes, ce qui fait une drôle de sensation.
Rapport de bataille
Pétri de bonnes idées, MAG est un jeu ambigu. Empêtré par une réalisation indigente - et le sachant parfaitement - il mise tout sur ses parties à 128 contre 128. Si sur le plan technologique il n'y a pas de gros reproches à faire, c'est une autre histoire côté ludique. Trop grandes, trop chargées, franchissant souvent la frontière du bordélique, les cartes de jeu ne sont vraiment pas agréables à parcourir. La nécessité de jouer en groupe est une belle idée, mais ce n'est pas quelque chose de très répandu chez les joueurs consoles, plus adeptes des frags que de la gestion de prise d'objectifs multiples. C'est donc un peu inutile d'incorporer des outils communautaires sur une plate-forme où ce phénomène est complètement ignoré... Tout comme d'orienter son gameplay là-dessus.
A l'instar de son sinistre background, MAG est en avance sur son temps, mais ouvre la voie vers de nouveaux champs du possible. Car même si la survie ne dépasse pas les deux minutes dans cet environnement graphique hostile et illisible, on y revient quand même. Ne serait-ce que pour essayer de sentir le frisson du combat virtuel de masse, de participer à une expérience collective fastidieuse mais unique. MAG, c'est la guerre et le jeu vidéo du futur... mis en scène avec des moyens archaïques. Seuls les curieux et les motivés accrocheront, la grande majorité d'entre vous attendra sagement Bad Company 2 ou continuera le massacre sur Modern Warfare.
points positifs
- Une approche réaliste d'affrontements modernes
- Ça fonctionne bien, même à 256 joueurs
- La personnalisation du personnage
points négatifs

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