Grand Theft Auto, plus connu sous le sigle GTA, est de ces rares titres qui ôtent tout doute sur le fait que les jeux vidéo sont bel et bien des œuvres de création artistique qui peuvent égaler le cinéma ou la littérature.
Les deux extensions de GTA IV, The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony, sorties en exclusivité sur la Xbox 360, sont désormais disponibles sur PC et sur PS3. Suites vidéoludiques d'une « Comédie humaine » contemporaine…
Deux faces d'une même médaille
Tout d'abord, il y a les différences. Différences par rapport au jeu principal. Qu'on incarne Luis Lopez ou Johnny Klebitz, on est Libertycitien de longue date. Il n'y a donc pas de lente montée vers la violence, la dure réalité. On est dedans, d'emblée. On prend l'affaire en route, en quelque sorte. On n'assiste pas à la renaissance d'un homme. Du coup, les personnages pourraient être moins attachants, mais ce serait sans compter avec l'art consommé de la narration de Rockstar Games ni les dialogues tellement bien ficelés qu'on assiste avec plaisir à des scènes aussi bonnes, voire meilleures que celles des plus déjantés ou sombres films du genre.
Si, du point de vue du scénario, The Ballad of Gay Tony est un cran au-dessus, faisant preuve d'un talent incroyable pour lier, tout en fluidité, des missions toujours aussi variées, on ne peut pas dire que le chemin de croix du biker Klebitz soit bouclé à la va-vite ni mal (dé)goupillé. L'histoire est donc forte. Les missions, intenses et jubilatoires. Soit vous êtes Johnny Klebitz, vice-président d'un gang de Hell's Angels qui gère sa troupe comme une petite entreprise (illégale) en attendant le retour du chef, en cure de désintoxication forcée. Chef pour lequel un biker doit faire tremper ses bottes dans le sang et donner à la meute sa dose d'hémoglobine.
Soit vous êtes Luis Lopez, garde du corps, ami et associé de Tony Prince, alias Gay Tony, roi des nuits libertycitiennes. Chaud comme un Lapon, débridé comme un lapin, pas effrayé par un peu (OK : beaucoup) de violence, Luis est passé par la prison. D'où il a rapporté une musculature avantageuse, quelques ennuis et une relation difficile avec sa mère.
Le jour et la nuit
Ces deux épisodes de Liberty City offrent un gameplay encore plus rapide et violent que GTA IV. Les nouvelles armes introduites facilitent la tâche. Luis se retrouve rapidement avec un arsenal de qualité militaire, pilotant des hélicoptères d'assaut légers, par exemple. Mais la vie de Luis et de Johnny sont très différentes. L'un vit la nuit, drague, conduit des bolides, aime la sape chic, est glamour côté pile, dangereux côté face, gère une mère pas toujours tendre, réintroduit dans GTA le base jump (saut en parachute depuis un point fixe).
L'autre vit en meute, picole dans des bars interlopes, est désespérément collé au bitume avec sa moto, qu'il lui est inconcevable d'abandonner. Une moto qu'on chevauche pendant de longues errances dans la ville, où on suit le boss en maintenant la formation, sans savoir où on va. Mais on y va, parce que le gang c'est la famille, et autant crever en famille que seul.
PC, mon amour…
Sur Xbox 360, ces deux jeux étaient beaux, très beaux, avec cette lumière new-yorkaise (Liberty City étant le double virtuel de New York) si caractéristique. Sur PC, la claque est au moins aussi sonore, même si l'on sent clairement la machine se mettre à ventiler quand les espaces s'ouvrent ou que la circulation s'anime. Comme pour GTA IV, Rockstar propose soit de jouer avec la manette Xbox pour Windows, ce qui dans ce cas revient à jouer comme sur la 360, soit d'utiliser le couple clavier-souris. Dans ce dernier cas, les séances de tir deviennent plus précises, plus intenses, et les headshots se font plus fréquents. Tant mieux, puisque chaque mission est désormais sanctionnée par une note qui ne pourra être validée que si vous réussissez du premier coup ou que vous recommencez du début en cas d'échec.
Malgré quelques petits ralentissements de temps à autre, ces deux épisodes sont clairement moins bugués que ne l'était GTA IV lors de son arrivée sur nos tours.
Voir Liberty City et mourir
Avec GTA IV et ces deux épisodes, Rockstar ne propose pas un jeu et deux extensions mais bien une vraie trilogie. Certes, les aventures de Johnny et de Luis sont plus courtes (comptez une bonne trentaine d'heures pour en venir à bout), mais elles apportent tant à la cohérence de ce monde, avec ses clins à la réalité, ses références internes, ses rencontres croisées, qu'il est impossible de ne pas être enthousiasmé. On sait désormais à quoi devraient servir les RTT : à enchaîner, d'une traite, ces trois monuments du jeu vidéo.
points positifs
- Le scénario
- L'univers cohérent
- La liberté
- L'action
- Les graphismes
- Deux grands jeux pour le prix d'un
- L'adaptation PC réussie
points négatifs

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