Année faste pour les amateurs de jeux de combat ! Après Street Fighter IV, BlazBlue, King of Fighters 12, voici que grimpe sur le ring Tekken 6, l'autre licence antédiluvienne de combat virtuel. Quinze ans d’existence et cinq épisodes plus tard, que vaut encore la série de Namco ?
La Japan Expo dans votre console
Il est bon de rappeler que, à la suite de sombres magouilles entre Microsoft et Sony, la sortie de ce titre a été décalée de près d'un an, ce qui peut justifier le principal problème du titre : Tekken 6 ne met pas la claque graphique que l’on attendait avec une masochiste impatience. Il reste dans la moyenne haute des productions actuelles mais ne brûle pas la rétine, étant à peine plus beau qu’un Virtua Fighter 5, son principal rival.
Comme toujours dans les jeux de Namco (et dans les productions asiatiques en général), le design des personnages est aux petits oignons, avec une très vaste galerie de beaux gosses et de jeunes filles ultrasexy, habillés et coiffés par des stylistes ayant un sens tout relatif de la modération.
Tekken 6, c’est une véritable convention de cosplay, avec une quarantaine de guerriers disponibles : sur ce point, Namco n’a pas regardé à la dépense. C’est aussi une ménagerie étrange, avec Roger le kangourou, Kuma l’ours et Mokujin le bonhomme de bois, sans oublier des individus ayant allègrement franchi la porte des ténèbres, plus démons qu’humains. Un casting vaste, pour des styles de combat variés et parfois perturbants.
O Rage, ô désespoir, ô conformisme ennemi
La prise en main de Tekken 6 reste conservatrice, n’apportant qu’une toute petite nouveauté par rapport aux précédents opus. Il s’agit de la Rage, qui permet à votre combattant de cogner plus fort lorsque sa barre de vie est basse. On est très loin de la prise de risque de Capcom avec le Focus Strike de Street Fighter IV… Mais ne faisons pas la fine bouche : Tekken a de toute manière toujours souffert d’un certain mépris de la part des pratiquants aguerris des jeux de baston, et cet épisode s’oriente clairement vers un public plus large.
Nous sommes en face d’un Tekken pur et dur, avec ses successions de pressions de boutons permettant d’enchaîner les combos de manière bien plus simple que dans le susnommé Street Fighter. Pas de quart de cercle ici, seul le timing compte, ce qui donnera déjà un minimum de fil à retordre aux débutants. Cela dit, Tekken 6 est d’un abord sympathique, offrant de jolies animations auréolées d’effets lumineux donnant l’impression que l’on maîtrise son affaire. Votre cousin Régis, évoqué dans le test de BlazBlue, sera aux anges. Rien de transcendant en ce qui concerne les arènes de combat, désespérément banales et peu dynamiques. On est très loin de Dead or Alive 4.
Pain de campagne
Pour justifier le pourquoi du comment de ce débordement de violence, Tekken 6 propose un mode Campagne permettant de comprendre les motivations des personnages. Autrefois mode de jeu bonus, la Campagne prend ici une place assez importante ; malheureusement, il est difficile de s’enthousiasmer pour le game design choisi par Namco. Le titre se transforme en beat’em all entrecoupé de trop longues palabres et desservi par une caméra vite débordée par le chaos régnant à l’écran. Il y a du monde, trop de monde : on peut facilement perdre de vue le héros, surtout que la topographie des niveaux, farcie d’angles, n’aide pas à clarifier la situation.
On ne s’étendra pas sur la vacuité de l’intelligence artificielle des ennemis et de votre partenaire polygonal, qui peut ruiner votre progression. Le mode en ligne, quant à lui, propose une nouveauté intéressante avec le téléchargement de « fantômes » de joueurs, calculés à partir de leur style de jeu. En versus, ce n’est pas la joie, le temps de latence étant plutôt élevé (nous l’avons testé sur le PSN), ce qui est toujours rédhibitoire sur ce genre de titre.
Tekken 6, pour conclure, est loin d’être un mauvais jeu, mais nous en attendions bien plus sur la plupart des aspects évoqués plus haut. L’éternel Poulidor des jeux de baston reste fidèle à sa légende, et, en 2009, ce refus d'évoluer commence à devenir handicapant.















![]() |
Luxor 3
Vous devrez mettre vos réflexes à rude épreuve dans ce jeu de billes.
|
|
















