Ce test a été réalisé l'année dernière à partir de la version Import.
Dans le très petit monde des jeux de baston, le développeur – nippon forcément – ARC System Works occupe une place de comète flamboyante, aux apparitions aussi rares qu'attendues. ARC avait frappé un grand coup dès son premier jeu, Guilty Gear X, au système de combat mémorable grâce à un coup fatal séchant net l'adversaire. Du jamais-vu, porté par une réalisation 2D de haut vol à une époque où la baston en 3D cherchait encore ses marques. Un jeu de chez ARC, c'est un peu comme un Stradivarius: c'est rare et cher (car la plupart du temps disponible uniquement en import), et seuls les plus doués arrivent à en tirer la quintessence, la substantifique moelle, qui différencie le grand maître du fighting game de votre cousin Régis, celui qui gagne en appuyant sur n'importe quoi n'importe quand lorsqu'il joue à Tekken. Des jeux précieux, obsolètes mais totalement maîtrisés: du pur bonheur pour les amateurs. Après de longues années de silence et un peu de cachetonnage pour la Wii (avec des jeux de pêche et de hockey) ARC fait un come-back en 2008 avec le ô combien attendu BlazBlue: Calamity Trigger.
Blue Hotel de passe
BlazBlue marque les débuts d'une nouvelle franchise du studio, caractérisée par un magnifique mélange de tout et de n'importe quoi au niveau du design des personnages. En jargon de bar, on appellerait ça un cercueil: un chat anthropomorphe, une sorcière et ses familiers, une tireuse d'élite habillée en schoolgirl britannique, des gros balaises à épée réchappés d'un film de ninjas de série Y, des robots à l'affolante féminité, une guérisseuse asiatique surnommée Gros Nénés par les autres personnages… Une débauche de styles, de genres et d'époques totalement improbable, une mixture en apparence imbuvable qui cependant parvient à trouver du corps et du liant: on n'a jamais fait mieux qu'une bonne bagarre pour mettre tout le monde d'accord.
Gang bang
BlazBlue, c'est douze prises en main, douze façons d'occuper l'espace, douze manières de donner la mort totalement différentes. Une seule constante: la précision dans le timing pour sortir la bonne attaque au bon moment, sous peine de faire un french kiss bien baveux aux acariens du tapis en moins de temps qu'il n'en faut pour dire «KO». Ce qui est court.
Avant d'aller tâter des modes Arcade ou Aventure, un petit tour par l'entraînement s'impose. C'est là que l'on découvre sans douleur les mille et une possibilités offensives de nos douze héros, où l'on peut voir qu'untel est une brute à longue portée, que tel autre dépend des alliés à qui il fait appel, que celui-ci doit poser des sceaux magiques pour démultiplier sa puissance… Une auberge espagnole sans queue ni tête à première vue, où pourtant tout se révèle parfaitement équilibré: quel que soit son adversaire, un personnage a toujours sa chance. Mais, pour la saisir, il va falloir faire preuve d'un sacré sens de l'occasion pour placer ses attaques.
Bleu roi
Bien que beaucoup plus exigeant, BlazBlue impose une prise en main paradoxalement moins compliquée que celle de Street Fighter IV. Les coups spéciaux ne sont pas vraiment difficiles à sortir pour peu que vous maîtrisiez un tant soit peu les mouvements de base de la baston assistée par ordinateur (quart de cercle et pressions multiples de boutons). BlazBlue demande un sens aigu du rythme: dès que vous dépassez le mode Normal, il est vital de trouver le bon timing pour chaque attaque, ainsi que d'ajuster sa portée au pixel près. Et devient totalement indispensable si vous décidez d'aller jouer sur le Net contre les jeunes Japonais, nombreux à rôder en quête de victoires faciles afin de gonfler leur classement (et de dégonfler votre ego).
A noter que ce jeu n'est hélas pas encore officiellement distribué en Europe: seule la version PS3 fonctionnera, la version 360 ayant été zonée à la dernière minute. Un petit scandale, que l'on aime les jeux du genre ou non: pourquoi l'Europe devrait-elle se priver d'un titre au sommet de son art, à la réalisation exempte du moindre bémol? Car c'est peu de dire que BlazBlue est beau: encore faut-il le voir bouger, sublimement animé, richement décoré, pour ne pas croire que l'on rêve… Un jeu élitiste et totalement exceptionnel, qui mérite de sortir de l'ombre dans laquelle les éditeurs semblent se complaire à l'abandonner.
points positifs
points négatifs

test










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