Après les mois passés à arpenter les Terres désolées, ses ruines, sa poussière et son urbanisme singulier, il était temps pour notre héros post-apocalyptique de se mettre au vert. Destination idéale en cette période estivale, on accède à Point Lookout grâce à un bateau à vapeur, attendant dorénavant le joueur près de Rivet City.
Passé un parc d'attractions abandonné, dernier vestige de civilisation, on s'enfonce (dans tous les sens du terme) dans les marigots putrides qui constituent l'essentiel des paysages locaux. Les autochtones s'y font volontiers consanguins, quand il ne s'agit pas de sauvages s'accrochant à un étrange culte tribal pour ne pas perdre le peu de jugeote qu'il leur reste. Une ambiance poisseuse et malsaine, façon Délivrance revisité par Lovecraft, qui trouve étonnamment bien sa place dans la mythologie de la série.
Redneck Rampage
On aurait toutefois eu plus de plaisir à la découvrir si Bethesda, éprouvant la recette déjà bien rodée lors des trois DLC précédents, n'avait pas cru bon de remplir les marais à ras bord de créatures hostiles. Impossible de faire un pas sans tomber sur un groupe de mutants ou d'autochtones à salopette. D'autant qu'avec l'auto-leveling, après s'être farci la quête principale et les trois premiers add-on, ces gredins ont tendance à être salement puissants.
A tel point que, faut-il l'avouer, on a passé le niveau de difficulté en «facile», fatigué non pas du challenge proposé mais de devoir vider au ralenti trois chargeurs dans la tête du moindre dégénéré rencontré. On flippe un peu à l'idée de la puissance qu'auront les extra-terrestres de Mothership Zeta, le prochain contenu additionnel déjà prévu pour les semaines à venir.
Point Lookout souffre d'autres maladresses plus discrètes. Parmi lesquelles, on se demande vaguement pourquoi, la masse grouillante des indigènes, qui ne présente que trois faciès différents. Et ont à peu près tous la même voix: on en a dénombré une seule pour tous les personnages féminins de l'extension. Pas très sérieux. Enfin, on a aussi du mal à expliquer la présence de cadavres carbonisés à tous les coins de rue, dans la mesure où la région n'a normalement pas été atomisée directement. Passons.
Des bornes «in the bayou»
Sans pinailler davantage, il faut admettre que Point Lookout est malgré tout un des DLC les plus sympathiques vu jusqu'ici. Pour la première fois, le joueur se retrouve dans une nouvelle zone à explorer (contrairement à Broken Steel), et avec une totale liberté (contrairement à Operation Anchorage et The Pitt). Point Lookout, c'est un petit Fallout dans Fallout, une poupée russe radioactive, avec ses habitants, ses factions, ses quêtes et ses vastes (tout est relatif) étendues à parcourir.
Il serait dommage de s'en tenir à la courte mission principale, qui ne représente que la moitié des quêtes, et pas la moitié la plus intéressante! A part une scène fichtrement réussie (peut-être la plus décalée de tout Fallout 3), mieux vaut se concentrer sur les très soignées quêtes secondaires. On pense par exemple à l'enquête sur les traces d'un espion chinois ou aux fouilles curieuses d'une scientifique dans les cavernes du coin. Ambiance bien glauque assurée pour ceux qui sauront prendre le temps de s'y plonger. On en attendait pas (plus?) autant de Bethesda.















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