En quatre ans et douze épisodes et spin-offs (quinze avant la fin de l'année 2009! Help!), on ne peut pas dire que les développeurs de Guitar Hero aient chômé. Cela dit, on ne peut pas vraiment dire qu'ils se soient foulés non plus, la seule innovation majeure (la batterie et le chant) ayant été piquée aux petits copains de Rock Band.
Autant dire que dix mois après la sortie du 4, on ne se faisait guère d'illusion sur l'originalité de ce Guitar Hero 5. Et pourtant, tel un énième album d'AC/DC ou une énième collaboration de Jack White, celui-ci réserve son lot de surprises. Plutôt bonnes de surcroît.
Le concert du siècle
Ne faisons pas la fine bouche: la tracklist de Guitar Hero 5 est sans doute la plus réjouissante qu'il nous ait été donné d'entendre depuis les débuts de la série. Une tracklist resserrée autour du panache rock, avec beaucoup de groupes récents et de bon goût, parmi lesquels Raconteurs, Arctic Monkeys, Wolfmother, TV on the Radio, Queens of the Stone Age, Eagles of Death Metal, ou Kings of Leon. Les vieux routards du rock'n'roll circus, les Maiden, les Bowie, les Iggy, les Deep Purple, les Stones, les Dire Straits, ne sont pas oubliés non plus.
Et si les inévitables poids lourds du rock alternatif estampillé années 1990 sont aussi de la partie (Smashing Pumpkins, Nirvana, Sonic Youth, Beck, Blur...), on est un peu plus surpris de se voir proposer de jouer les morceaux d'Elliott Smith, de Johnny Cash, de Stevie Wonder, de King Crimson ou des White Stripes, autant d'artistes cultes jusqu'ici plutôt discrets. 85 morceaux en tout, auxquels on peut ajouter une trentaine de titres de Guitar Hero World Tour, à condition de posséder le jeu original et d'être prêt à payer un peu moins de 3,50 euros pour les importer. Idem pour une vingtaine de titres de Guitar Hero Greatest Hits. Et comme l'immense majorité des titres téléchargés pour World Tour sont compatibles avec le cinquième épisode, ça commence à chiffrer.
Un gameplay trois étoiles
Bonne surprise, en plus de cette tracklist en béton, Neversoft a fait quelques efforts pour dépoussiérer sa licence, après un épisode World Tour un peu à la peine. La vraie bonne idée, ce sont les trois nouvelles étoiles à débloquer pour chaque titre, en plus des cinq étoiles de base venant sanctionner la qualité de la prestation.
Pour décrocher ces trois étoiles bonus, il faudra remplir un petit défi assez ardu et qui réinjecte un peu de difficulté dans un gameplay dont les vieux de la vieille commencent à avoir fait le tour. Pour vous donner une idée, il va falloir s'efforcer à utiliser le vibrato pendant plus de 120 secondes ou encore ne jouer de la basse qu'en tirant le médiator vers le haut.
Reste le point faible de Guitar Hero: cette étrange propension qu'ont les développeurs à en faire toujours trop, sans doute pour tenter de se démarquer du frère ennemi Rock Band. Tapping, notes enflammées, freestyle, différents niveaux de percussion qu'on n'est toujours pas sûr d'avoir bien compris, en plus des fondamentaux de la série: ça commence à faire beaucoup de subtilités, dont très peu apportent véritablement quelque chose. Le gameplay gagnerait sans doute à être un peu plus épuré.
Dommage aussi que, de plus en plus, les développeurs s'amusent à nous faire jouer du clavier, de la platine de DJ, voire des cuivres à la guitare. Niveau immersion et cohérence, on a fait mieux. D'autant que du point de vue de la qualité des compositions, avec son shredding forcené et systématique, Guitar Hero reste encore nettement un cran en-dessous de l'écurie Rock Band.
Who likes to rock the party?
Mais on n'en tiendra pas rigueur à Guitar Hero 5, rien que parce qu'il invente le mode «soirée». Et ça, c'est sans doute la meilleure chose qui soit arrivé à la musique depuis l'Eurovision. Ici, pas d'avatar à choisir, ni d'options à régler. Il suffit de démarrer le jeu, de se saisir d'un instrument, n'importe lequel, d'appuyer sur la touche jaune de celui-ci et de jouer. Trois guitares et un micro? C'est possible. Quatre batteries? Idem. Ou la configuration classique chant/guitare/basse/batterie? Itou. N'importe qui peut rejoindre ou quitter la partie au beau milieu d'une chanson, sans interruption. Même si on peut choisir la setlist, par défaut, les chansons s'enchaînent de façon aléatoire. Pas de points comptabilisés, donc impossible de perdre, et au pire, il est possible de changer la difficulté à la volée.
Bref, c'est le mode de jeu parfait pour jouer avec des amis de passage, sans avoir besoin de leur expliquer le principe pendant des heures, sans la pression du game over qui menace, lors de ces soirées un peu folles où les instruments tournent et passent de main en main.
Juste du plaisir immédiat. C'est tout bête, mais jusqu'ici Guitar Hero était un jeu pour tarés du high score, convivial presque par accident. Dorénavant, c'est vraiment le jeu multi par excellence.
points positifs
- La tracklist en béton armé
- Les étoiles bonus qui prolongent la durée de vie
- Le mode «soirée» qui change tout
- GH5 éclate la configuration classique chant/guitare/basse/batterie
points négatifs

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