Vivant dans l'ombre de son glorieux passé, Pro Evolution Soccer (PES) avait mal digéré l'arrivée de la haute définition. Graphismes désuets, gameplay daté : le jeu de Konami se retrouvait à courir derrière un FIFA qu'il avait pourtant longtemps devancé. Mais les équipes du développeur nippon ont bossé dur, et la mouture 2010 de PES remet les pendules à l'heure. Tout au moins pour la partie graphique.
Ce sont les visages des joueurs qui sont les plus impressionnants, à tel point qu'il n'est pas exagéré de parler de photoréalisme. Toutes les vedettes de la planète foot sont modélisées avec une précision chirurgicale. Le reste de l'emballage visuel de PES a également profité de ce lifting qui est un peu gâché par des animations encore pataudes et robotisées, même si l'on progresse par rapport à l'édition précédente.
Mais il est où le gameplay ?
Le gameplay, qui fut autrefois à l'origine du règne de PES, reste largement perfectible, même si des efforts ont été fournis. Le tempo est plus posé, l'équilibre attaque-défense est en partie restauré, et la gestion physique de la balle, sanctifiée par les fans, est toujours aussi réussie. On est loin du tableau noir, donc, mais il reste encore beaucoup de points à améliorer, comme la gestion des contacts physiques, pour le moins hasardeuse, les appels de balle, aléatoires, ou le marquage… lâche.
Parmi les nouveautés de cet opus, l'apparition d'un système de cartes, qui permet d'associer à chaque joueur de son équipe une compétence particulière (monter dans la surface sur les coups de pied arrêtés, faire des appels dans le dos de la défense, etc.), est une bonne idée… très mal réalisée. Entre les compétences aux noms abscons et leur impact au bout du compte insignifiant sur les matchs, on ne voit finalement là qu'un camouflage esthétique face à la personnalisation assez poussée des stratégies que l'on trouve dans FIFA. Dommage.
Comme d'habitude
Faut-il le préciser, cette année encore, on compte les licences sur les doigts… d'une seule main. Si la France est bien lotie, avec une ligue 1 entièrement présente, que dire du championnat anglais, qui ne compte que deux représentants (Manchester United et Liverpool), du championnat espagnol, qui n'obtient que douze clubs sur vingt, ou du championnat allemand, tout simplement aux abonnés absents ? Une situation incompréhensible et réellement préjudiciable à l'immersion dans le jeu, sans parler des transferts, pas entièrement à jour.
Heureusement, du côté des commentaires, l'arrivée du duo Christophe Dugarry-Grégoire Margotton rehausse une dimension laissée sinistrée par les phrases très mécaniques et le ton monotone de Christian Jeanpierre et de Laurent Paganelli.
Des joutes européennes
Au rayon des bons points, on retrouve la Ligue des champions, compétition européenne reine, complétée cette année par l'Europa League (ex-UEFA). La célèbre Ligue des masters, le mode carrière de PES, profite de cette édition pour gagner en réalisme, avec une gestion plus poussée du recrutement, du centre de formation et des blessures. Le mode Deviens une légende est de nouveau de la partie, sans modification visible. Tout comme les modes de jeu en ligne, qui n'offrent pas de nouveauté remarquable. Une édition sur le chemin de la rédemption, qui propose un emballage visuel enfin digne des consoles HD mais qui peine encore face à FIFA au niveau du gameplay, le point qui a fait de ce jeu le roi.
points positifs
- Les graphismes très réalistes et réussis
- Les commentaires à la hauteur
- La gestion physique de la balle… toujours
points négatifs

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