Chez Capcom, multiplier les suites, préquelles et autres spin-off, c'est un véritable sacerdoce. Et ce ne sont pas les joueurs de Mega Man Zero Collection ni de Resident Evil 5 Gold Collection, sans parler de Super Street Fighter IV Arcade Edition, qui nous contrediront. Du coup, la relative discrétion de Dead Rising depuis sa sortie en 2006 (une seule adaptation, boiteuse, à signaler sur Wii l'an dernier) avait de quoi étonner, voire inquiéter les fans de cet ovni vidéoludique.
Mais l'attente est terminée. Amateurs de zombies démembrés et d'armes improbables, réjouissez-vous : Chuck Green, le successeur de Frank West, est bien décidé à reprendre le flambeau –; juste reprendre le flambeau, notez bien, et non révolutionner le concept : Chuck (et Blue Castle Games, le studio canadien auquel les Japonais de Capcom ont sous-traité le développement du jeu) n'a d'ailleurs pas d'autre prétention.
La fabuleuse histoire de la petite fille anthropophage
Chuck est un homme torturé par la mort de sa femme, et dont l'unique but dans l'existence est désormais de se payer des doses de Zombrex. Ce médicament hors de prix est en effet la dernière chose qui empêche sa petite fille, contaminée, de se transformer à son tour en zombie. Il doit ainsi se résoudre à participer à un jeu télévisé cruel, mais rémunérateur : Terror Is Reality, pour lequel il enfourche une moto équipée de tronçonneuses, afin de massacrer un maximum de morts-vivants. Sauf que, bientôt, les zombies s'échappent et la ville est mise en quarantaine, tandis que notre héros se voit accuser (à tort) d'avoir provoqué la catastrophe.
Dès lors, on se retrouve en terrain connu : une ville bouclée (Fortune City, temple de la consommation et du jeu), 72 heures qui défilent inexorablement avant l'arrivée des secours, et une enquête à mener entre-temps. Une nouveauté, toutefois : il faut trouver le temps dans ce planning chargé de dénicher des doses de Zombrex, sous peine de voir la fille de Chuck, ce charmant bout de chou, se muer en tas de chair morte et anthropophage.
Quand les vivants sont encore plus vicieux que les morts
Pour le reste, ce qui faisait le charme du premier Dead Rising n'a pas changé d'un iota : si l'on est libre d'aller et venir dans la ville envahie de zombies, de se déplacer de zones commerciales en casinos, il faut constamment garder un œil sur sa montre si l'on ne veut pas manquer un événement ou un personnage important, ce qui est généralement synonyme de game over. Un parti pris qui enthousiasmera certains mais que d'autres trouveront insupportable.
Heureusement pour eux, Blue Castle Games a (un peu) adouci le gameplay exigeant dicté par Capcom, en proposant enfin différents emplacements de sauvegarde. Finie donc la peur de condamner l'ensemble de sa partie à cause d'un seul ratage. En revanche, les missions facultatives (mais vivement conseillées, puisqu'elles permettent d'améliorer les compétences de Chuck), qui consistent à rechercher les survivants pour les mettre en lieu sûr, sont toujours aussi répétitives. La zone de jeu a beau être plus étendue que dans le premier épisode, on n'en passera pas moins des centaines de fois dans les mêmes couloirs. Certes, il y a bien une douzaine de boss pour venir briser la routine : ces psychopathes sont d'ailleurs encore plus fous que ceux du premier opus. Comme ce vieux geek, habillé en combinaison SM, avec un masque de cochon sur l'entrejambe, qui force un prêtre crucifié à le marier à une jeune femme non consentante, dans le seul but de perdre sa virginité avant la fin du monde. Chaude ambiance !
Dead Rising ++
De toute façon, les amoureux du premier Dead Rising savent que l'intérêt du titre ne vient pas de ce qu'on y fait mais de la manière dont on le fait. A quoi bon tuer 5 000 zombies à coups de barre à mine quand on peut les massacrer avec des ours en peluche, des râteaux, des sacs à main, de balles de base-ball et des dizaines d'autres armes idiotes ? D'autant que le craft, le « bricolage », fait son apparition dans Dead Rising 2. On peut désormais combiner des objets, tels une batte avec des clous, des gants de boxe avec des lames, un masque de dinosaure avec des pétards… Anecdotique, mais absurde et réjouissant.
Anecdotiques » : voilà qui résume bien toutes les nouveautés de Dead Rising 2. A l'image du mode coopératif, qui permet de rejoindre la partie d'un ami (ou d'un inconnu) pour lui donner un coup de main. Ou le mode compétitif, qui vous plonge au cœur du jeu Terror Is Reality. Par ailleurs, Dead Rising 2, c'est plus de zombies, plus d'armes, plus de psychopathes, que dans Dead Rising 1. A part cela, ça reste la même bouillie de cervelles éclatées et d'armes débiles. On aime ou on déteste : nous, on adore.
points positifs
- Un système de sauvegarde enfin pratique
- Le gameplay toujours aussi exigeant et stressant
- Des dizaines de nouvelles façons de massacrer des zombies
- C'est encore plus outrageusement gore que le premier épisode
points négatifs

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