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Usinor prépare le partage des connaissances au niveau mondial

Le groupe sidérurgique veut favoriser la convergence des initiatives métier locales qui se sont développées depuis une dizaine d’années.

“Quand on parle de gestion des connaissances, on s’aperçoit qu’on en a toujours fait sans le savoir. Les technologies permettent aujourd’hui de catalyser les démarches”, remarque Joël Frigière, chargé de mission management des connaissances et l’un des deux coordinateurs de la gestion des connaissances au sein du groupe sidérurgique Usinor (*). Ce domaine n’y a fait son entrée officielle qu’au début des années quatre-vingt-dix avec le projet Sachem, système d’aide à la conduite des hauts fourneaux qu’il fallait déployer dans tous les sites de production. “L’entreprise avait atteint ses limites en matière de gains de productivité sur les processus métier avec les méthodes classiques, explique Joël Frigière. Il a donc fallu mettre plus d’expertise autour de ces processus.”

Un premier référentiel pilote

La première étape ?” la capitalisation des connaissances métier ?” s’est déroulée à une époque où les technologies intranet, en l’occurrence Domino de Lotus, ont faint leur apparition. Les meilleurs experts des différents sites ont été rassemblés à raison d’une réunion un à deux jours par mois pendant deux ans, afin de construire le premier référentiel métier des experts hauts fournistes. Sachem a ainsi pu être déployé à partir de 1997 sur six hauts fourneaux, avec des gains de productivité de l’ordre de 10 francs par tonne d’acier.D’autres initiatives métier se sont ensuite multipliées. Mais aujourd’hui, dans le cadre de l’entreprise étendue ?” partenariat d’Usinor avec Nippon Steel en matière de R&D notamment, fusion avec Arbed et Aceralia pour constituer le premier groupe sidérurgique mondial, développement de places de marché internationales ?”, il s’agit de passer à la vitesse supérieure : un partage des connaissances au niveau mondial.

Susciter le transfert des bonnes pratiques

“Nous cherchons à amplifier les initiatives locales à travers une démarche globale de management des connaissances, alignée sur les objectifs business, et à favoriser leur convergence, indique Joël Frigière, qui joue actuellement le rôle ” d’incubateur”. Il nous faut à présent transférer les bonnes pratiques, développer et animer des communautés métier, et mettre en place des outils permettant d’identifier les compétences dans le cadre de notre groupe élargi.” Aujourd’hui, les initiatives locales auxquelles participent animateurs et experts reposent sur des structures formelles. L’organisation de la gestion des connaissances au niveau mondial est en cours de construction. Pour les outils, elle continuera de s’appuyer sur la filiale Usinor SI, et notamment sa structure Team Tonic, en charge des outils collaboratifs du groupe. Une douzaine d’ingénieurs de la connaissance, appartenant au pôle informatique avancée, sont également mis à disposition sur les initiatives locales. Ils sont épaulés par une vingtaine de consultants externes.(*) Les deux coordinateurs sont rattachés au Centre de reconfiguration et d’innovation, cellule de quinze personnes mise en place par le patron de la direction reconfiguration et systèmes d’information pour accompagner le changement dans les domaines métier.

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Christine Peressini