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L’heure tourne

La ponctualité est une vertu “cardinale”. Être en retard ou en avance n’a jamais servi à rien, sauf cas exceptionnel où les dés sont pipés par…

La ponctualité est une vertu “cardinale”. Être en retard ou en avance n’a jamais servi à rien, sauf cas exceptionnel où les dés sont pipés par avance. Ainsi, les équipementiers asiatiques, dont la montre est visiblement à l’heure, s’apprêteraient-ils à faire main basse sur les marchés européens du mobile? Au moins, l’avertissement est là. En attendant, le constat est amer. L’Europe s’est enthousiasmée dans les années 1990 pour la téléphonie mobile. Il y a eu un rush de la part des consommateurs. À tel point que, les États comme les industriels ont très vite pensé aux téléphonies de générations supérieures, appelées GPRS pour le premier palier d’élévation et UMTS pour l’appareil à vraiment tout faire.Des milliards d’euros ont alors été dépensés par les opérateurs pour acquérir des licences de troisième génération. Des milliards d’euros ont été provisionnés pour financer les indispensables infrastructures, par lesquels chemineront un jour, si tout va bien, de l’image et du son en temps réel.Il apparaît aujourd’hui que toute cette énergie, tout cet enthousiasme, tous ces investissements, ne serviraient, du moins à l’heure où l’on parle, qu’à favoriser l’émergence de nouveaux relais de croissance pour les fabricants asiatiques de terminaux mobiles. Pour réussir à s’implanter en Europe, il faut savoir jouer sur de très gros volumes, caractéristiques qui protégeaient jusqu’ici les fabricants non asiatiques avec des produits à peu près similaires à ceux qu’on trouve en Asie. Avec les futures générations de téléphonie mobile, l’Europe fait plus qu’entrouvrir la porte.Rappelons que sous l’ère Giscard d’Estaing, il avait fallu décréter un seuil maximal de 3 % de pénétration pour les constructeurs d’automobiles japonais. Simplement parce que les constructeurs français n’étaient pas armés pour répondre à une efficacité japonaise qui avait alors, et dans ce domaine, valeur d’exemple. C’était dans les années 1970, et ce genre de contrainte commerciale était possible. Aujourd’hui, c’est fini. Le seul règlement qui vaille se résume à: “Que le meilleur gagne.” À l’heure actuelle et avant le combat, l’avantage se situe bien loin du Vieux Continent. Une réalité qui devrait réveiller, puis stimuler, les deux cadors septentrionaux que sont Nokia et Ericsson.

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Philippe Bonnet