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Ce Français qui veut faire du train supersonique Hyperloop une réalité

Les Américains ne sont pas les seuls à s’être emparés du projet de train supersonique d’Elon Musk. La start-up Transpod compte bien concrétiser ce rêve. A sa tête, Sébastien Gendron, un ingénieur en aéronautique passé par Airbus.

Bateau, train, voiture, avion : on compte aujourd’hui quatre grands modes de transport. Sébastien Gendron veut en inventer un cinquième : Hyperloop. Cet ingénieur français en aéronautique qui a fait ses classes chez Airbus et Bombardier s’est pris de passion pour le train supersonique imaginé par Elon Musk en 2013. Un tube capable de dépasser les 1235 km/h en vitesse de pointe. Avec sa start-up Transpod, créée en 2015 à Toronto, il a pour ambition de construire une ligne test reliant deux grandes villes canadiennes d’ici 2018 et d’y faire rouler un prototype en 2019. « Nous sommes à un virage. Les progrès de l’aéronautique sont aujourd’hui en mesure de décupler la vitesse du train comme celle des navettes spatiales », prophétise Sébastien.

Sébastien Gendron invité à parler d'Hyperloop lors d'une conférence TED en 2016.
TED – Sébastien Gendron invité à parler d’Hyperloop lors d’une conférence TED en 2016.

Des groupes d’étudiants, des ingénieurs et plusieurs sociétés planchent déjà sur ce projet fou. On entend surtout parler de deux entreprises américaines, Hyperloop One et Hyperloop Transportation Technologies. Partie plus tard, Transpod avance dans l’ombre, avec moins de moyens, mais peut-être davantage de pragmatisme. Elle a notamment pour partenaire le groupe italien Angelo Investments, spécialisé à la fois dans le ferroviaire et l’aéronautique. Et s’appuie sur l’expertise du cabinet d’architecture Rec, basée à Toulouse, et de la société de conseil ferroviaire Ikos Consulting, installée à Paris.

Différentes technologies de lévitation

Pour rappel, le rêve d’Elon Musk était de propulser des capsules dans un tube avec un champ magnétique généré par des moteurs à induction linéaires. Les capsules devaient se trouver en lévitation sur des rails et se déplacer sur un coussin d’air. Aucune des start-up n’entend respecter à la lettre ce cahier des charges. HTT a fait le choix d’une lévitation passive avec des électro-aimants sous les capsules. Hyperloop One mise tout sur le train à sustentation magnétique, sur le modèle du Maglev japonais qui utilise des aimants supraconducteurs sur la voie et des bobines supraconductrices dans le véhicule. Ce n’est pas le choix de Transpod comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous :

« Nous avons abandonné l’idée du coussin d’air mais déposé un brevet de lévitation active fonctionnant bien avec des moteurs électriques à induction linéraires. Quatre à l’avant, quatre à l’arrière », nous explique Sébastien Gendron. La force produite par ces moteurs devrait être suffisante pour propulser les capsules au-dessus des rails. Mais il faudra aussi enlever l’air à l’avant avec une sorte d’aspirateur pour le diriger à l’arrière. Au départ et à l’arrivée des gares, un système de roues -similaire à un train d’atterrissage- assurera le dépôt en douceur des capsules sur les rails à faible vitesse. «Notre seule contrainte sera le poids des capsules, qui aura des conséquences sur le coût des infrastructures. On va donc devoir faire la chasse aux kilos et limiter les bagages des passagers », souligne encore le fondateur de Transpod.

Des écrans à la place des hublots

Les cabines seront pressurisées et les clients invités à mettre leur ceinture sur certains tronçons. Parce qu’il n’y aura pas de moyen permettant de voir l’extérieur, différents dispositifs sont envisagés pour rendre le voyage confortable, même aux claustrophobes. Comme la simulation du ciel avec des nuages au plafond et des écrans reflétant le paysage à la place de faux hublots.

Le tube sera en métal, les capsules en matériaux composites dérivés du carbone. « On envisage que les pylônes qui soutiendront le tube ne soient pas forcément en hauteur, mais semi-enterrés. On réfléchit aussi à ce que le tube soit transparent avec du plexiglas sur certaines sections, mais cela coûtera plus cher », précise Sébastien Gendron.

Les promesses d’Hyperloop sont multiples. La plus évidente, c’est la vitesse, le projet de Musk étant au départ de relier Los Angeles à San Francisco en 30 minutes. Mais pas seulement. « Cette vitesse va autoriser une fréquence plus importante. On peut imaginer des départs chaque minute », avance le PDG de Transpod.

Serge Chelly, le patron d'Ikos Consulting, partenaire de Transpod.
01net.com – Serge Chelly, le patron d’Ikos Consulting, partenaire de Transpod.

Pour Serge Chelly, le patron d’Ikos Consulting, partenaire de Transpod,  Hyperloop sera aussi un moyen de transport plus écologique. « Il va désengorger les villes et soulager le transport de marchandises par camion », souligne-t-il. De quoi aussi redynamiser économiquement certaines régions dont les liaisons seront raccourcies.

Restera une étape incontournable comme pour les voitures autonomes : prouver que la sécurité des passagers est assurée et obtenir des certifications. « Je pense qu’on sera d’abord autorisé à faire du fret et qu’Hyperloop sera ensuite ouvert aux passagers », prévoit Sébastien Gendron. A terme, on peut donc imaginer que ce cinquième mode de transport remplace à la fois les camions et les TGV. Rien que ça !

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Amélie CHARNAY