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Bruno Chaussier (Natexis Banques Populaires)

‘ La ToIP, une demande des construc- teurs, pas des utilisateurs ‘

Pour Bruno Chaussier, le président du club des utilisateurs de solutions Alcatel, il est urgent de tenir un discours réaliste sur la ToIP en entreprise. Mais aussi d’ouvrir le club aux PME.La ToIP semble rencontrer plus de succès dans les séminaires que dans les entreprises. A quoi est dû cet écart ?


Les économies promises par la ToIP ne sont pas simples à démontrer. Beaucoup d’entreprises pionnières en sont venues à payer des cabinets de conseil pour vérifier la validité des retours sur investissements prévus ! En fait, l’aura
de la ToIP est alimentée par le discours commercial de fournisseurs, en particulier des constructeurs informatiques qui veulent pénétrer le monde des télécoms. La ToIP, c’est une demande des constructeurs, pas des utilisateurs, à qui l’on tient un
discours de retour sur investissement, et pas de services. En tant qu’utilisateur, concrètement, comment abordez-vous la ToIP ?


Les utilisateurs ont tout simplement une position réaliste. Ils voient évoluer une technologie devenue mature, mais qui n’est pas un but en soi. Pour moi, la ToIP est un moyen de mettre en ?”uvre certains services plus facilement que
dans les environnements actuels TDM. Reste que la problématique est très variable suivant les entreprises, leur taille et leur configuration. Simple pour une PME, elle diffère totalement dès qu’on aborde des organisations complexes.Pourquoi la ToIP est-elle plus difficile à adopter dans de grandes structures ?


Dans l’établissement bancaire dans lequel je travaille, Natexis Banques Populaires, nous avons, par exemple, une cinquantaine d’immeubles et 12 000 salariés dont la moitié déménage chaque année. Si un collaborateur sur réseau
TDM déménage et intègre un site équipé en ToIP, certains services doivent être réinitialisés, comme la messagerie vocale, du fait de la suppression et de la création de postes liées au changement de technologie.


En TDM, dans la mesure où le réseau est homogène, cette charge n’existe pas. La différence n’est pas énorme, mais doit être intégrée dans une démarche structurée que nous conduisons sur 2006 et 2007, et pour laquelle une communication
adaptée devra être prévue. Au-delà de la technique, il faut également veiller à prendre en compte les enjeux de sécurité et organisationnels…Vous avez pris l’initiative du débat sur la ToIP dans le club des utilisateurs de solutions Alcatel. Comment en êtes-vous devenu le président ?


Le club existe depuis quinze ans, j’en suis le président depuis 2001. Une trentaine d’entreprises en sont membres, mais nous restons trop centrés sur les grands comptes et le monde de la banque-assurance. L’objectif est d’élargir le
cercle et de favoriser le dialogue, afin de mieux comprendre les messages d’Alcatel, mais aussi de pouvoir transmettre à ce dernier les demandes des utilisateurs.


Plus encore, je souhaite que le club soit une boîte à outils pour les responsables télécoms, nombre d’entre nous étant des autodidactes. Le club doit les aider à rester dans la course et à développer une vision de plus en plus
transversale et pertinente par le partage d’expériences sur des sujets extrêmement mouvants.Vos rapports ont-ils changé avec Alcatel qui s’est profondément transformé ces dernières années ?


Alcatel s’est défait de son réseau de distribution directe, Alcatel Réseaux d’Entreprise, qui s’est fondu dans NextiraOne. L’utilisateur a donc moins de rapports directs avec le constructeur, et plus de liens avec l’intégrateur. Le club
reste indépendant et a signé une charte de fonctionnement l’an passé avec Alcatel et NextiraOne, principal intégrateur du constructeur en France. Pour autant, le club reste ouvert à tout utilisateur, quel que soit son intégrateur. Ainsi, Alcatel,
NextiraOne et le club ont tissé une relation tripartite, indispensable et fructueuse. C’est un accord de bonne intelligence.

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Didier Barathon