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Sun se lance enfin dans l’arène Linux/Intel

Pour répondre à IBM, le constructeur lance un serveur Intel d’entrée de gamme et sa propre distribution Linux.

Bon gré mal gré, Sun ne pouvait longtemps rester à l’écart de l’activité bouillonnante autour de Linux. Nul doute que certaines défections récentes de gros clients, tels que Morgan Stanley, n’y sont pas étrangères. La stratégie du “tout-Sparc, tout-Solaris”, à l’exception de quelques serveurs dédiés Cobalt, n’est plus viable face aux assauts d’IBM et, dans une moindre mesure, aux tentatives de HP. D’autant que la plupart des études montrent que Linux progresse davantage aux dépens des Unix traditionnels que de la plate-forme Windows. Pour autant, l’arrivée d’un serveur Intel et d’une distribution qualifiée de “compatible Red Hat 7.2”, estampillés Sun, marque un véritable revirement tactique, sinon stratégique. Et ce même si elle intervient sur un secteur déjà très encombré. Car s’il entre dans la famille Cobalt, ce nouveau serveur baptisé LX50 n’est nullement une machine spécifique issue de la firme acquise par Sun en fin 2000. Il s’agit d’un classique serveur mono ou biprocesseur Pentium III à 1,4 GHz, qui intègre un maximum de 6 Go de RAM et un minimum de 32 Go de disque. Livré dans un châssis rack 1U, il est équipé en standard de Sun Linux 5.0, qui s’appuie sur le noyau 2.4.19 de l’Unix libre. Solaris x86 est également disponible, mais en option.

Une panoplie logicielle

Pour rendre l’ensemble attractif, le constructeur lui adjoint de nombreux outils de développement maison, tels la plate-forme Java standard (J2SE) et l’atelier de développement Sun ONE Studio (anciennement Forté). Sont aussi présents les environnements Sun ONE Active Server Pages et Grid Engine, ce dernier pouvant être utilisé dans des configurations mixtes Linux et Solaris. L’ensemble est complété par la panoplie classique des distributions Linux : moteur JSP Tomcat, base de données MySQL, serveur Web Apache et services FTP, e-mail et DNS.

Une stratégie peut-être insuffisante

Parallèlement, la nouvelle offre trouve sa place au sein de l’environnement Sun ONE, et elle disposera des mêmes niveaux de service ?” support, formation, etc. ?” que Solaris. Sun pourra ainsi, à l’instar de ses concurrents, bénéficier d’une solution Linux maison, accompagnée de l’ensemble des services nécessaires aux entreprises. Pour autant, cette stratégie semble cantonnée à l’entrée de gamme, là où le bât blesse dans l’immédiat. Elle pourrait donc se révéler insuffisante à plus longue échéance.Outre la concrétisation de sa stratégie Linux tant attendue, le constructeur a réservé une autre surprise au marché avec ce nouveau serveur. En effet, dès l’année prochaine, il pourra exécuter une version pour Intel du tout nouveau Solaris 9 (la version du système qui inclut son serveur d’applications). Sun revient ainsi sur sa décision de ne plus assurer de développement de son Unix sur Intel. Mais en partie seulement, puisqu’il semblerait que seules ses propres machines puissent bénéficier du système.

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Emmanuelle Delsol et Philippe Davy