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Test : Sony Cyber-shot RX10 Mark IV, simplement le meilleur bridge du monde

Si le RX10 Mark III était déjà le meilleur bridge du marché, le monstre de puissance qu’est le nouveau RX10 Mark IV est tellement rapide et performant qu’il est tout bonnement intouchable. Heureusement pour la concurrence, il est cher !

L'avis de 01net.com

Sony Cyber-shot RX10 Mark IV

Les plus

  • + Puissance de zoom
  • + Qualité d'image
  • + Rafale démente
  • + Vidéo 4K
  • + AF rapide et précis

Les moins

  • - Le prix élevé
  • - Un peu lourd (1095g)

Note de la rédaction

Note publiée le 11/10/2017

Voir le verdict

Fiche technique

Sony Cyber-shot RX10 Mark IV

Définition du capteur 20 Mpx
Zoom optique 25 x
Ecran (diagonale) 7.6 cm
Voir la fiche complète

Prenez l’électronique du puissant hybride format Alpha A9 de Sony et intégrez-la dans un bridge de la classe du RX10 Mark III. Faites quelques ajustements, secouez et vous obtenez la quatrième itération des bridges haut de gamme de Sony, le RX10 Mark IV. Lancé seulement une année après son prédécesseur, ce boîtier est le bridge le plus cher jamais commercialisé, avec un prix de lancement de 2000 euros.

Adrian BRANCO / 01net.com

C’est ce « Monstre des Cyber-Shot » comme l’appellent eux-mêmes les ingénieurs de Sony que nous avons pu tester en avant-première à Tokyo. Et s’il ressemble extérieurement à son aïeul, ses performances sont d’une toute autre classe.

Electronique de géant

Les composants qui animent le RX10 Mark IV ne nous sont pas inconnus : il s’agit de la même génération de puces qui équipe le RX100 Mark V, l’Alpha A99 Mark II, l’Alpha A6500 et le dernier monstre de Sony, l’Alpha A9. D’un côté on a un capteur 1 pouce de classe Exmor RS à conception dite empilée : cette génération de capteur intègre de la mémoire RAM au dos pour transmettre les images à toute vitesse. De l’autre, aux commandes de ce capteur exclusif à Sony, on retrouve le Bionz X, un processeur survitaminé qui peut absorber un demi-milliard de pixels par secondes et ce, pendant 10 secondes consécutives. De quoi aligner des rafales de 249 images ou des séquences vidéo au ralenti à 1000 images par seconde.

Autofocus & rafale de compétition

A cause de leur plage optique très étendue et de leurs contraintes tarifaires– on ne trouvait pas de modèle à plus de 700 euros il y a encore 3 ans – les bridges souffraient de lenteurs tant au déclenchement, qu’à l’acquisition de cible ou en rafale. Jusqu’en 2014, un bridge voyait loin mais s’avèrait lent et mou. En faisant exploser le prix de leurs appareils, les ingénieurs de Sony ont pu équiper les différents RX10 de composants de qualité et améliorer drastiquement les performances.

Le premier RX10 Mark I a commencé par s’équiper d’un grand capteur 1 pouce et d’une optique lumineuse (un équivalent 24-200 mm f/2.8). Cette quatrième version profite de cet héritage de composants de qualités, notamment de l’excellent zoom du RX10 Mark III. Mais le tout est piloté par une électronique hors du commun.

AF percutant et précis (mais toujours hésitant de nuit)

Avec son processeur Bionz X de nouvelle génération, le RX10 Mark IV profite d’un AF de la classe de l’A9. Plus modeste dans la zone de couverture (65% de la surface contre 93% pour l’A9), il n’en reste pas moins que le capteur est tout de même équipé de 315 collimateurs à détection de phase et que l’AF se fait, selon les chiffres de Sony (impossibles à mesurer dans notre position) en seulement 0,03s. Une vitesse de déclenchement enfin suffisante pour les instantanés de rue – qui aurait cru qu’un bridge en soit un jour capable ! – et couplée à un suivi du sujet efficace: il est désormais possible de suivre de manière précise un sujet mobile, une tâche qui a toujours été, là encore, très ardue pour les bridges.

Couplé à une puissante rafale (lire plus loin), cet AF précis permet enfin de se passer d’un boîtier reflex/hybride pour les scènes d’action. Et peut faire du RX10 Mark IV, si on accepte les limites d’un zoom motorisé (et des 900g du boîtier), le seul et unique boîtier dont on ait besoin.

La seule vraie faiblesse que nous ayons décelée reste l’utilisation des plus longues focales en situations de faible luminosité. Si la lune ne pose aucun problème en raison du fort contraste entre l’astre et le fond de ciel, les éléments moins illuminés sont parfois moins faciles à accrocher. Dans ces situations, la nouvelle position de la molette de réglage de l’AF sur le fut de l’optique – AF auto avec priorité manuelle – est un vrai plus.

Rafale de reflex professionnel !

Pour la première fois dans l’histoire des bridges on peut suivre, avec le RX10 Mark IV, des séquences d’action comme avec un reflex. Voire mieux : s’il est bien sûr limité par sa mémoire tampon et la vitesse d’écriture sur la carte mémoire, le Mark IV propose un suivi des sujets et des cadences que les photographes professionnels ne pouvaient pas obtenir sur les stades avec leurs reflex professionnels il y a quelques années ! Ses 24 images par secondes le rendent ainsi parfaitement adapté pour le sport et même la photo nature, ce d’autant plus que la rafale tient dans le temps puisque la mémoire tampon encaisse 249 images soit un peu plus de 10 secondes de shoot.

A titre de comparaison, le déjà très vivace RX10 Mark III plafonnait à 7 i/s. Sony a donc ici plus que triplé les performances. Un gain sans précédent dans l’industrie qui laisse loin, très loin la concurrence. Et rend encore plus ardue son arrivée sur le segment – on pense à Canon et Nikon notamment, invisibles, Panasonic étant le seul concurrent de Sony sur ce créneau.

Modes vidéo pros

La qualité des modes vidéo du Lumix FZ2000 a permis à Panasonic de le présenter comme un « GH4 intégré dans un bridge » – le GH4 étant un hybride avec tous les attributs d’une caméra professionnelle. Ces compétences hors normes lui donnaient logiquement l’avantage sur RX10 Mark III dans le domaine du tournage.

Avec le RX10 Mark IV, Sony entend étouffer le dernier leadership du FZ2000 : entre l’utilisation de la totalité du capteur pour le tournage en 4K (capté en 6K !), les gestions de v-log (qui facilitent l’étalonnage professionnel des couleurs), les hauts débits de trame et d’encodage (100p à 100 Mbit/s), le paramétrage de la vitesse AF en vidéo ou encore la génération de fichier proxy (un petit fichier vidéo intégré au fichier 4K pour permettre de monter rapidement des vidéos en 4K sans tuer les performances de votre ordinateur), le RX10 Mark IV peut clairement tenir le rôle de caméra dans le cadre d’un tournage professionnel. 

25 mm

Et outre l’excellente qualité d’encodage, la stabilisation et la correction des déformations des verticales (rolling shutter) sont excellentes : les deux vidéos ci-dessus ont été tournées à bout de bras sans aucun support. Dans les mains d’un vrai caméraman, le RX10 a tout pour se transformer en caméra compacte prête à tout.

Ralentis superbes

Il est un autre domaine dans lequel le RX10 Mark IV utilise à bon escient ses composants ultra rapides : la vidéo au ralenti. La RAM embarquée et le puissant processeur permettent à l’appareil de capter et d’absorber des séquences jusqu’à 1000 images par secondes. Soit 7000 images consécutives à traiter, puisque la durée maximale de captation est de 7s.

Le vidéo ci-dessus n’est qu’à 250 images par secondes, et on profite déjà d’un rendu saisissant et d’une qualité d’image impeccable en Full HD – pas de 4K en mode ralenti. Le revers de la médaille est bien sûr la limite de temps assez courte et le fait qu’il faut laisser à l’appareil le temps de digérer la séquence une fois la prise de vue terminée. Une opération dont la vitesse est liée à la celle de la carte mémoire employée.

Qualité d’image : RX10 Mark IV = RX10 Mark III

[Visionnez et téléchargez nos images de test originales sur notre album Flickr]

En théorie, les photosites (les pixels) du capteur « empilé » du Mark IV collectent un peu plus de lumière que les capteurs CMOS BSI classiques – les ingénieurs de Sony n’ont pas été en mesure de quantifier le gain, précisant que cela dépend de la taille et de la densité du capteur. Le RX10 Mark IV profiterais ainsi d’une qualité d’image un tout petit cran au-dessus de celle du Mark III, notamment en bout de zoom.

Dans les faits nous n’avons vu absolument aucune différence à l’œil nu. En plein jour en tous cas, le degré de netteté et la colorimétrie sont rigoureusement équivalents.

Mais ceci n’est pas une critique, loin de là : le RX10 Mark III offrait déjà une qualité d’image extraordinaire en plein jour et bonne en basses lumières. Le RX10 Mark IV profite toujours d’un niveau de piqué sans concurrence dans la catégorie et de couleurs très justes qui le placent toujours au top. Le capteur 1 pouce montre ses faiblesses en basses lumières entre 800-1600 ISO, 3200 ISO restant la limite de confort – même si certains clichés sont toujours acceptables à 5000 ISO. Dans les basses lumières, sa taille inférieure à l’APS-C permet aux appareils à plus grand capteur de prendre l’avantage, mais dans des situations normales, il est quasiment impossible de distinguer les clichés du RX10 Mark IV d’un bon reflex/hybride tellement l’optique est bonne.

Une fois encore il faut bien garder à l’esprit les notions de qualité absolue et de qualité suffisante. Et celles du bénéfice du capteur 1 pouce : c’est justement sa taille inférieure à un APS-C qui permet aux ingénieurs de proposer une telle puissance de zoom dans un tel format d’appareil. Au final, la qualité nous paraît non seulement suffisante pour le grand public mais aussi, dans nombre de situations, largement dans les clous pour certains usages experts voire pros.

Qui aurait dit ça des bridges il y a encore 4 ans ?  

Ecran tactile… mais pas encore assez

Le paradoxe des ingénieurs de Sony c’est que s’ils sont incroyablement proactifs dans les domaines des composants électroniques, ils peuvent aussi agir de manière rétrograde quand ils le veulent. En témoigne le maintien de la prise Micro USB2 – mais où est l’USB C ou au moins l’USB 3 ? –, l’absence de chargeur externe livré dans la boîte (oui, dans un boîtier à 2000 euros… ) ou encore un usage tactile très limité. Car oui, gloire au saint pixel, le RX10 Mark IV dispose d’un écran tactile. Ou tout du moins partiellement puisque les menus ne fonctionnent pas, la technologie tactile n’étant utilisée que dans le cadre de la prise de vue – pointage de cible, etc. Sony propose 7 modes de personnalisation de l’usage du toucher, ce qui est bien sympathique mais à des kilomètres de la praticité et de l’intuitivité de l’approche tactile de Panasonic. Un demi bon point en quelque sorte.  

Protection tout temps : vraiment ?

Selon la fiche technique du RX10 Mark IV, ce dernier serait le premier de sa famille à être protégé contre les intempéries. Lors de nos différentes prises en main au Japon, nous avons toujours profité de bonnes conditions climatiques et notre appareil de test n’a jamais eu à subir de projections d’eau – ou de sauce soja. Si nous n’avons pas succombé à l’envie de lui verser un seau d’eau sur l’optique, c’est que les deux trappes disponibles, pour la batterie et la carte mémoire, sont dépourvues de joint de caoutchouc, ce qui nous fait douter du niveau de protection dont profite le bridge haut de gamme de Sony.

Quel futur pour les RX10 ?

Le souci dans l’évolution de la famille RX10 c’est que Sony a trop bien réussi : le Mark III était déjà tellement bon qu’il ne restait que l’AF et la rafale à améliorer. Ce qu’apporte le Mark IV, transformé en machine de guerre avec son processeur et son capteur. Et après me direz-vous ? Plutôt que des améliorations technologiques pures, dans l’ADN de l’électronicien qu’est Sony, nous souhaitons que la marque nippone travaille sur l’ergonomie tant matérielle que logicielle pour ses prochaines itérations. Nous rêvons ainsi d’un zoom qui, en plus de sa motorisation, intègre aussi une partie mécanique afin de permettre aux photographes de zoomer en un tournemain. Et pourquoi pas un viseur plus large, plus lumineux, et sans passage au noir ? Sans parler d’une refonte totale des commandes et boutons au dos de l’appareil – joystick de mise au point, menus tactiles (un jour peut-être ?), molettes plus grosses, etc.

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