SMB, ce pourrait être Super Mario Bros. Oui, ce pourrait être un jeu dans lequel un plombier japonais et moustachu au nom italien saute sur des tortues et mange des champignons. Mais en fait SMB c'est Super Meat Boy, un jeu de plate-forme hautement addictif dans lequel on dirige... un bout de viande. Et pas n'importe lequel ! Non, Super Meat Boy a une petite amie – un tas de sparadraps agglutinés tout rose – et un super ennemi : Dr Fœtus, un bout de fœtus avorté flottant dans un bocal coiffé d'un haut de forme qui capture Mlle Sparadrap à la fin de chaque niveau. Le décor est planté : c'est fin, ça se mange sans faim.
Gameplay ultraréactif
SMB est un bout de viande avec pas mal de ressources : il court vite, il saute haut, il rebondit sur les murs. Tout ce potentiel physique – étonnant pour un tas de bidoche sans os –, il le déploie au travers d'environnements carrément hostiles, de tableaux parsemés de scies circulaires, de trous béants, de lasers ou de lance-missiles à têtes chercheuses.
Pour éviter ces affres, il faudra faire chauffer la manette. Oui, la manette : pour faire simple, c'est du Mario hardcore à tous niveaux. Et la maniabilité a été soignée aux petits oignons : les commandes répondent à la perfection, la gestion des trajectoires est impeccable et la seule chose contre laquelle on puisse pester, c'est les deux moignons qui nous font office de mains. Dans ce contexte « mortel », il faut être parfois d'une précision millimétrique, trouver les bons timings et surtout faire preuve de patience parce que la mort vous attend en moyenne toute les vingt secondes.
La mort à répétition
Pour finir certains niveaux, à moins d'être né avec un paddle dans les mains, vous allez mourir, mourir, mourir et mourir à en pleurer de rire. Certains niveaux vous pousseront au bout de l'apprentissage des sauts par cœur : comme ce boss (en fait le caca de Dr Fœtus) qu'il faut courser dans une usine de sel dont le niveau monte dangereusement. Là pas le temps de réfléchir, il faut être rapide, précis, parfait. Il existe d'ailleurs comme défi le fait de terminer la campagne sans mourir une seule fois. A réserver aux Aliens.
C'est dans la gestion des (nombreux) décès que le gameplay est bon : les temps de chargement entre deux morts sont nuls. La musique continue de tourner et la résurrection est instantanée. On peut rester les doigts appuyés sur la manette et embrayer immédiatement sur une énième tentative... et mourir à nouveau. Faisant de SMB une petite drogue.
Graphismes dignes d'une grande section maternelle
Un héros qui se résume à un carré rouge avec des yeux et une bouche, des formes simples et des aplats de couleur : la direction artistique fait la part belle au régressif et aux années nobles des consoles 8 bits. Le rapprochement avec cette « glorieuse » époque va même plus loin puisque certains niveaux cachés (warp zones) reprennent un look volontairement pixellisés et des cheap tunes en guise de musique. Un hommage que les vieux (et les jeunes) accros (comme nous) apprécierons.
Le dessert des tartares
Doté d'une bonne durée de vie et surtout d'un challenge d'un autre temps, Super Meat Boy offre le meilleur de ce qu'on attend d'un jeu indépendant : redonner l'envie de jouer comme un fou en frottant son paddle avec la férocité d'un équarrisseur. Cardiaques et grands nerveux s'abstenir.
points positifs
- Le gameplay au top
- Enfin du challenge
- L'ambiance de mauvais goût propre sur elle
- Le retour aux fondamentaux de l'ère 8 bits, la finition en plus
points négatifs

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