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Medal of Honor sur PC

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Editeur : Electronic Arts     Développeur : Electronic Arts
Moribonde, la série Medal of Honor se modernise, avec du panache, de bonnes idées mais aussi quelques défauts majeurs.
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Medal of Honor, deux faces d'une même médaille

On l'avait laissé mal en point d'avoir trop débarqué, trop arpenté les champs de bataille de la seconde guerre mondiale. On retrouve Medal of Honor en pleine modernité guerrière, en plein conflit afghan, dopé, affiné, vif et plein d'allant. Pourtant, ce reboot, comme on dit, cette renaissance semble souffrir quasi systématiquement d'un boitillement, d'un déséquilibre. Une dualité qui ne gâche pas tout le plaisir des retrouvailles mais le plombe.

Deux visages
Dans ce Medal of Honor, post Modern Warfare, vous incarnez Rabbit ou Deuce, deux soldats d'élite de l'élite, du Tier 1. A d'autres moments, vous êtes dans la peau d'un soldat lambda, Adams, Ranger à l'aise dans ses... rangers. On citera aussi un passage par un cockpit d'hélicoptère Apache, le temps d'un raid aérien dans les montagnes majestueuses d'Afghanistan.
Le passage entre ces différents soldats est une des réussites du jeu. Par son gameplay, par les variations dans le déploiement des membres de l'escouade, par les différences de comportement et le genre de missions, on note une très nette différence entre les deux types de soldat. Les soldats Tier 1 sont silencieux, s'infiltrant derrière les lignes ennemies, efficaces, avançant comme un. Les rangers, eux, sont bruyants, s'interpellent, tirent un peu à tout va, sans donner l'impression d'une machine huilée, de précision. Dans les deux cas, le fait que l'interface d'information, HUD, ne s'affiche qu'à la demande renforce l'immersion du joueur.

Rythme et blues...
Les passages d'un soldat à un autre se font habilement. On apprécie particulièrement cette exfiltration de rangers en hélicoptère, menacé par une batterie DCA talibane dont l'opérateur est descendu in extremis d'une balle dans la tête par un sniper Tier 1 que vous incarnez dans la foulée... Sur la longueur la trame narrative, étalée sur deux  jours, est bien liée et rythmée, dommage qu'au sein de cette construction de longue haleine le rythme soit plus chaotique.
La faute à plusieurs détails d'importance. D'abord, la faute aux montagnes afghanes. Superbement rendues, on l'a dit, elles offrent des espaces gigantesques. Si on prend plaisir à faire des headshots à 1 km et plus, les phases d'action rapprochée sont trop rares. On se retrouve souvent à subir l'afflux des vagues ennemies, qu'on abat à bonne distance de tirs en pleine tête. Dès lors, le pic d'adrénaline chute et l'ennui point. D'autant qu'il ne faudra pas trop compter sur l'IA de vos compagnons pour vous aider. Ils ne sont pas forcément très efficaces, sauf quand les scripts l'exigent.
Car oui ce Medal of Honor est assurément un des jeux récents les plus « scriptés ». Rarement on a vu autant de murs invisibles, autant d'ennemis apparaître systématiquement aux mêmes endroits. Rarement également on a été autant contraint de marcher là où on nous y oblige. Par exemple, pour marquer un bâtiment au viseur laser avant un tir d'artillerie, il faut se rendre à un point donné du site. Impossible de débloquer le jeu sinon.

On va attendre ?
Nous avons fini deux fois la campagne solo (comptez moins de huit heures en modes normal et difficile) et avons rencontré, outre quelques bugs graphiques, des ratés plus gênants. Ainsi, à un endroit où on doit attendre que deux groupes de sentinelles s'éloignent pour avancer, un des groupes reste résolument à quelques mètres, là, planté sans réagir. Après quelques minutes d'attente, on décide de les abattre, déclenchant les foudres de tout un village. Et il ne faudra pas alors compter sur son compagnon d'arme, qui restera bien planqué à attendre que les sentinelles s'en aillent... ad patres.

Modern Warfare vs Medal of Honor
Medal of Honor est très différent de Modern Warfare. Si la musique tantôt rock électrique tranquille, tantôt symphonique apporte à l'action des élans cinématographiques, historiques et propres à la série, on est loin de cette course à l'explosion, au « toujours plus » de la série Modern Warfare. On en prend moins plein les yeux. Mais l'absence de surenchère n'est finalement pas désagréable.
L'histoire est simple, celle de soldats au sein d'un conflit dont on ne dit finalement pas grand-chose, même si le méchant général à Washington est un bureaucrate incapable, coupé des réalités des hommes de terrain. Les talibans et les Tchétchènes qu'on passe par les armes à la pelle pourraient être des zombies, ils sont des corps sans âme, avec juste une barbe. En revanche, Rabbit, Deuce et Adams ont un vrai potentiel accrocheur. Des personnages auxquels on s'attache et qu'on suit. En cela, Medal of Honor est une réussite.

DICE au multi
S'il est encore trop tôt pour juger des modes multijoueurs, on peut déjà noter quelques défauts et bons points. Pour les défauts, le moteur Frostbite, de DICE, qu'on a vu à l'œuvre dans Battlefield Bad Company 2 et qu'on retrouve ici, modifié, les dents limées. Incapable de permettre la destruction de l'environnement. Viennent ensuite les respawns assez bizarres qui nuisent à la fluidité de l'action.
Pour les bons points, on citera à la chaîne et en guise de premières impressions, le mélange réussi entre les modes multijoueurs de Modern Warfare et de Battlefield Bad Company. Comprenez ce mélange entre action nerveuse et rythmée et construction plus lente de la tactique d'équipe. Les cartes également sont une réussite et contribuent au plaisir du jeu. Certaines d'entre elles permettent aux joueurs d'être toujours en mouvement, toujours à bondir de toit en toit, prêt à fondre sur l'ennemi. Il faudra y avoir joué plus longtemps pour se faire un avis définitif, mais DICE semble avoir transformé l'essai, une fois encore.

Medal of Honor revient à la vie avec cet épisode. Malgré des défauts certains, il assure son lot de spectacle, de plaisir et de montée d'adrénaline. Enfin et peut-être surtout, il rouvre une porte alternative à Call of Duty qui régnait récemment en maître unique sur le FPS guerrier. Certes, encore en-deçà de Modern Warfare 1 ou 2 par certains aspects, il est prometteur par d'autres. EA est de retour dans la course et, ça, c'est une bonne nouvelle.

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