Tout comme le vin de Villetaneuse, le jeu vidéo chilien est rarement apprécié à sa juste valeur. Bon, là, spontanément, on serait bien en peine d'en citer un seul. Mais cela dit, avec Zeno Clash, ACE Team vient d'inscrire, d'un seul coup, la patrie de Neruda sur la carte du monde vidéoludique.
Zeno est arrivé
Pour faire simple, Zeno Clash est un FPS. Pour faire compliqué, disons que c'est un FPS dans lequel les gunfights passent au second plan, au profit des combats au corps à corps. Oh, il y a bien des armes, aux munitions illimitées même. Mais vu que vos adversaires les retournent contre vous au moindre faux pas, il est parfois plus prudent d'en venir directement aux mains, grâce à un système qui fait un peu penser à l'excellent Condemned.
Esquives, coups faibles, coups forts, contre-attaques, tout est promesse de corps à corps musclés. Mais si ce n'était que ça! Parce que pour faire plus compliqué encore, Zeno Clash est un FPS de baston certes, mais où le skill et l'exigence du gameplay importent beaucoup moins que l'ambiance.
Les captures vous en convaincront en un coup d'œil. Zeno Clash ne ressemble à rien de connu. Esthétiquement, il a une patte, une personnalité, qu'on n'a jamais vues ailleurs. Une atmosphère unique, aussi malsaine qu'enfantine, comme toutes ambiances malsaines dignes de ce nom.
Un esprit sain dans un Corvid
Dans un monde salement étrange, plus ou moins fantastique et complètement barré, vous incarnez Ghat. Un individu sain d'esprit. Sain d'esprit par rapport aux Corvids, créatures sans foi ni loi qui hantent le désert environnant la grande ville. Cela dit, vous n'êtes peut-être pas si sain que ça, votre première action consistant à tuer votre géniteur, Père-Mère, un bidule hermaphrodite à gros pif qui couve ses petits comme si sa vie en dépendait.
Ingrat et lâche que vous êtes, vous prenez alors la fuite en direction du désert. L'aventure et les ennuis commencent. Bienvenu dans un monde zarbi. Ici rien n'est droit, rien n'est simple. La nature est absurde et hostile, la faune et la flore sont d'un grotesque fini. Les êtres peuplant ce monde, même les moins belliqueux, ont tous une sale bobine.
La plus basique des armes semble tirée de l'imagination d'un Tim Burton qui aurait abusé du cassoulet et des acides. Techniquement, rien à dire. Malgré des moyens sans doute réduits, l'équipe derrière Zeno Clash a réussi à délivrer une œuvre souvent très jolie dans sa laideur, dans sa difformité. Une bestiole vidéoludique belle et boiteuse, désirable et dérangeante.
Bourré de défauts et de charme
On le disait, Zeno Clash vaut surtout pour cette fameuse ambiance. Car ce n'est pas tout à fait l'extase côté gameplay. Ça manque même d'idées. Les combats ne sont ni ratés ni géniaux, l'aventure terriblement linéaire. On avance d'arène en arène dans des décors souvent superbes, mais qui ont du mal à dissimuler le fait qu'ils ne soient rien d'autre que de beaux couloirs.
Bon, l'aventure est courte (quatre heures), l'ambiance est tellement prenante et le jeu si riche visuellement qu'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Mais on ne peut pas s'empêcher de penser que plutôt qu'un FPS déviant, Zeno Clash aurait peut-être dû être un jeu d'aventure ou un jeu de rôle «différent».
En tout cas, on adorerait retrouver son univers et en apprendre davantage sur ses habitants. Alors certes, Zeno Clash est bourré de défauts. Mais il est aussi bourré de charme. Et vu son prix, il serait dommage de ne pas tenter l'expérience.
points positifs
points négatifs

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