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Assassin's Creed 2 (PS3)

  • Test jeu vidéo PC : Assassin's Creed 2 (PS3)
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  • test jeu vidéo PS3 : Assassin's Creed 2 (PS3)
Editeur : Ubisoft     Développeur : Ubisoft
Une renaissance : plus fun, plus varié, mieux construit, Assassin's Creed 2 est ce que le premier aurait dû être.
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Assassin's Creed 2 retombe sur ses pattes

Assassin's Creed premier du nom avait été pour nombre de joueurs une sacrée douche froide. Un cas d'école, le parangon d'une certaine déception à la sauce next gen, peut-être même le Daikatana de ces jours troublés. Il faut dire que la chute était rude, le bougre ayant sur le papier tout pour nous séduire : des graphismes à décrocher une mâchoire pas trop solidement attachée, un background inédit (le Moyen-Orient du XIIe siècle), une liberté de mouvement digne d'un petit jeu de rôle et un héros tout de cape et de capuche vêtu, gage, sinon de charisme, du moins de silhouette classieuse.

Le problème, c'est que, si Assassin's Creed ne manquait effectivement pas de style, d'un pur point de vue ludique, il n'y avait pas de quoi se relever la nuit. Car, dans les faits, la vie d'un assassin syrien se révélait d'un ennui… mortel, son seul intérêt à moyen terme, sans parler du long, étant de se repaître du spectacle certes réjouissant de notre tueur escaladant avec grâce – ces incroyables animations ! – les murs de Jérusalem ou de Damas. Assassin's Creed n'était pas un jeu, à la rigueur un simulateur de varappe un peu léger, mais plutôt une démo technique.

Une bien belle renaissance
Le défi pour UbiSoft, avec Assassin's Creed 2, a sans doute été de continuer à séduire les joueurs occasionnels, attirés par la pseudo-liberté du jeu et la classe du héros, tout en ne donnant plus aux joueurs plus « sérieux » l'impression qu'on se payait gentiment leur tête. Et, franchement, ce n'était pas gagné d'avance, mais il semblerait bien que le pari ait été gagné.

Pour commencer, c'est la moindre des choses, le cadre n'a plus rien à voir : fini Altaïr et le Moyen-Orient, on incarne désormais, en pleine Renaissance italienne, un certain Ezio Auditore. Un jeune bourgeois florentin pourri-gâté et bourreau des cœurs, dont l'existence insouciante va être bouleversée par l'exécution de son père et de ses deux frères par une bande de comploteurs bien décidés à s'arroger le pouvoir sur la Péninsule. Notre Casanova va alors se muer en redoutable assassin, prêt à passer la moitié de l'Italie au fil de l'épée pour venger sa famille.

Le même en mieux ?
Que les choses soient claires, il n'y a pas de bouleversement à attendre d'Assassin's Creed 2, et l'introduction en est l'illustration parfaite : molle, sans grand enjeu, assez ratée, bref, trop proche du premier épisode. Mais, peu à peu, les choses se mettent en place, de subtiles évolutions apparaissent, et la sauce prend.

Les ingrédients ne changent pourtant pas : on a toujours affaire à un cocktail de cabrioles, d'action et de free roaming, avec une touche d'infiltration, mais pour un résultat autrement mieux dosé. La vraie bonne idée, c'est d'avoir inclus un scénario (qui vaut ce qu'il vaut, mais qui a le mérite d'exister) et surtout une réelle évolution narrative, enfin. Finies les missions ultrarépétitives, à chercher systématiquement chez le maître assassin du coin en multipliant sans fin les allers-retours entre QG, tours d'observation et lieux du crime.

Maintenant, comme dans un GTA, ou à vrai dire comme dans n'importe quel vrai jeu, Ezio reçoit des missions, variées, de la bouche de vrais PNJ, avec de vraies personnalités et qui poursuivent un vrai dessein. On n'a plus l'impression de refaire cent fois la même chose mais bien d'avancer dans un univers tangible, de suivre un plan, une histoire, avec un début, un milieu, une fin. A propos de fin, précisons que l'aventure commence un peu à se déliter passé la quinzaine d'heures de jeu, avec le retour de missions assez bidon, du type trois coffres à voler, trois personnes à assassiner ou une filature interminable à réussir, qui donnent l'impression que les développeurs n'ont pas résisté au plaisir de faire un peu de remplissage en souvenir du bon vieux temps.

Un credo réussi
On leur pardonnera toutefois, d'abord parce qu'on est très sympa, ensuite parce qu'ils ont eu la bonne idée de faire autre chose qu'un Assassin's Creed bis avec une narration et un gameplay enfin cohérent. La cerise sur le gâteau, ce sont de multiples menus ajouts intelligemment intégrés à l'aventure. Il y a par exemple la villa à gérer : on achètera des toiles de maître dans les différentes villes visitées (Florence, San Gimignanole, Forli et Venise), on rénovera la petite ville alentour, bâtiment par bâtiment, en payant grassement un architecte, ou on y entreposera ses armures et ses trophées divers pour assouvir une bien légitime mégalomanie.

Les villes ne manquent pas de trésors à ramasser (l'argent permet en outre de s'acheter de nombreuses armes, armures, vêtements et potions), de symboles cabalistiques à dénicher (ils donnent accès à des puzzles très Da Vinci Code, qui révèlent peu à peu une mystérieuse vidéo), des pages du codex à voler qui augmentent votre jauge de vie et donnent à terme accès à un autre métapuzzle… Tout cela est très varié, rarement très profond, mais toujours largement plus intéressant que la collecte bien relou de drapeaux du premier épisode.

Lara Croft avec une capuche
Mais le plus agréable avec Assassin's Creed 2, c'est de constater à chaque instant que les développeurs ont vraiment entendu les récriminations des joueurs. Il serait trop long de tout détailler, mais les systèmes de santé et de notoriété (être connu n'est pas une bonne idée pour un assassin) ont été repensés, les villes ont une personnalité propre, avec de nombreux monuments immédiatement reconnaissables, les compagnons servent enfin à quelque chose, et les phases nullisimes dans le futur ont été réduites à la portion congrue. Entre autres exemples.

Le détail qui tue, c'est la disparition des fous, qui frappaient notre héros sans raison, au profit de musiciens qui viennent chanter nos louanges. C'est moins énervant que de se prendre une torgnole par un malade mental, mais assez handicapant si, par exemple, on est en pleine filature. Heureusement, il suffit de jeter quelques florins à terre pour s'en débarrasser et créer une véritable cohue au passage.

Quelques efforts ont même été fait pour pallier un des plus gros défauts du premier opus : la trop grande facilité de l'escalade, puisqu'on pouvait grimper la plus abrupte des parois une main dans le dos du moment qu'on maintenait un bouton de façade pressé. Certains sauts demandent maintenant un peu de skill, et, surtout, chaque ville recèle un ou deux « donjons » à la très forte et très bonne odeur de Tomb Raider. Des passages en intérieur, bien plus exigeants et intelligents. Et, surtout, plus gratifiants. Une direction intéressante, à suivre pour Assassin's Creed 3 ?

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