Après avoir quasiment lancé un genre, celui de la guitare en plastique pour musicophiles inaptes à apprendre le solfège, Activision ouvre un nouveau terrain de jeu : le petit monde glamour du strass, des paillettes et des cachets d'ecstasy des DJ de grande classe internationale.
Du lourd
Tout commence par une cinématique onirique et titanesque où les DJ sont des surhommes surfant sur le sillon. Vient ensuite l'ambiance graphique très branchée, très graf', très « J'étais là quand la house est née ». L'interface est plaisante et fait défiler, comme autant de pochettes de disques, des sets. C'est-à-dire un ensemble de mix à jouer. D'ailleurs, pour être précis, plutôt que des mix, il s'agit de mashups, environ 90, créés pour le titre par l'équipe du jeu (Freestyle Games) ou (et on sent souvent la différence) par de grands noms du petit monde des platines.
On trouve ainsi l'historique Grandmaster Flash, l'incontournable DJ Shadow, le précis DJ Jazzy Jeff ou encore les très internationaux Français de Daft Punk. Si le style prédominant est le hip hop, la relative variété des morceaux à la base des mashups assure du plaisir pour tous : on trouve du LL Cool J, du Queen, du David Bowie, pas mal d'habitués de Guitar Hero et aussi des morceaux plus rock (une grosse dizaine), qui permettront aux accros de faire jouer simultanément guitare en plastique et platine, en plastique aussi. Et difficile de faire la fine bouche devant les sets très attendus de Daft Punk ou de DJ Shadow.
Le gameplay, double disque d'or
Si Activision a certainement fait fonctionner la planche à billets pour s'adjoindre tous ces talents, les développeurs ont superbement bien travaillé l'interface et la platine pour aboutir à un gameplay immersif. Jouissif. On aurait cinq platines, on pourrait presque se prendre pour Carl Cox.
Le périphérique, qui convient aux gauchers et aux droitiers, propose de jongler avec trois pistes grâce à la platine surmontée de trois boutons, vert, rouge et bleu. On appuie sur ces touches quand des ronds apparaissent sur les pistes stylisées à l'écran, on utilise ensuite le crossfader pour mettre en valeur une piste ou l'autre, on mouline un potard pour balancer des effets et on appuie sur le bouton rouge pour lancer quelques samples à effets (Get it on, Bruit de téléportation, etc.) que l'on peut choisir avant chaque set.
Be kind, rewind
Sur ces fonctions très simples, les développeurs ont greffé les bases du métier de DJ, le mix en tant que tel, le scratch, en bougeant la platine d'avant en arrière (jusqu'au niveau moyen) et ensuite dans la bonne direction (avant ou arrière) et avec le bon rythme dans les modes difficile et expert.
Le rewind est un peu la fonction bonus : quand vous avez réussi à bien jouer une partie du mashup, quand l'euphorie, nouveau nom du star power, coule à flots, vous débloquez cette fonction qui vous permet de « rembobiner » la piste pour faire encore plus de points et débloquer les cinq étoiles disponibles sur chaque morceau. La chasse aux étoiles a son importance au départ, puisque ce sont elles qui ouvrent les sets suivants et qui vous donnent dans certains cas droit à des Beat Bonus, des morceaux supplémentaires à mixer l'écume aux lèvres. Chaque set propose entre deux et huit mix, la moyenne étant de cinq. A la fin, la chasse aux étoiles est hélas tout ce qui reste.
Wanna be a star
Au-delà de l'enfilage de sets à la chaîne, de la chasse aux étoiles et du déblocage de nouvelles platines, de nouveaux casques, de nouveaux habits, de nouvelles scènes et de nouveaux DJ, on se trouve hélas rapidement face à un vide. Un vide que le mode multijoueur en duel, avec deux platines en local ou en ligne, n'arrive pas vraiment à combler.
On aurait aimé un vrai mode carrière. On aurait aimé une vraie histoire. On aurait aimé en apprendre plus sur la musique et les DJ – sauf sur David Guetta, qui peut rester sur les photos, mais pas plus. Bref, on aurait aimé que ce jeu ait un peu plus d'âme. Quelque chose qui fasse se sentir DJ. Un mode freestyle, un mode studio ou des concours de figures imposées auraient été les bienvenus. La possibilité d'être un peu moins l'exécutant de mix préconçus et plus le créateur de morceaux endiablés aurait certainement bien changé les choses.
DJ Hero souffre un peu de ce défaut des Guitar Hero. On s'amuse, on apprécie les bons morceaux, mais, finalement, ce n'est qu'une longue playlist que l'on déroule, aussi bien réalisée soit-elle. Evidemment, cette absence de chair, ce petit manque ne fait pas de DJ Hero un mauvais jeu. Très loin de là. C'est toutefois la différence entre un bon et un excellent jeu.








(35 avis)










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