Enfin un bon city-builder! Depuis le ratage de Sim City Sociétés en 2007, les fans du genre étaient en peine, contraints de se contenter du néanmoins excellent Sim City 4 de... 2003! Bref, pourquoi faire durer le suspense, le remplaçant est bel et bien là. Tout beau, en 3D avec un zoom vous envoyant dans la stratosphère jusqu'à une balade au ras des pâquerettes. Mieux, Cities XL promet des fonctions en ligne inédite grâce à son offre Planète. Mais commençons par le commencement à savoir le jeu solo.
Au début était la route
Dans Sim City, pardon, Cities XL, tout commence par une route posée sur un type de terrain au choix: plaine, montagne, bord de mer, estuaire... Un modèle pas si bête tant il semble avoir été à l'origine, dans le monde réel, de l'établissement de nombres de bourgades françaises éternellement plantées en bord de routes nationales!
Elle vient du bord de la carte car le terrain est ici bien circonscrit. Votre avatar, que vous allez pouvoir parer des plus beaux atours dans une interface qui ressemble à s'y méprendre à celle de la création d'un Sim dans Les Sims 3, permet de créer un maire à son image, ou pas. En tout cas, peaufinez lui sa dégaine car c'est ce petit personnage qui vous représentera lors des visites aux autres joueurs dans le mode Planète.
Une route donc qui permet d'acheminer les premiers habitants, de poser un hôtel de ville, les premiers services de maintenance et les premières maisons. Non pas des cabanes mais de simples résidences qui au début ne payent pas de mine. Industrie, secteur agroalimentaire, petit à petit votre cité se développe tandis qu'avec elle vous montez dans l'échelle sociale. Elle abrite bientôt des employés qualifiés, des cadres moyens, puis des managers et des élites de toutes les catégories socioprofessionnelles.
Bien entendu, ces nouveaux venus réclament des loisirs et une ville plus belle, plus agréable. Placettes ombragées, parcs, centres de sports, salles de spectacle... satisfaire ces habitants n'est pas une mince affaire.
Premiers problèmes
Tout le sel du jeu consiste d'ailleurs à essayer de résoudre les difficultés au fur et à mesure qu'elles se présentent. Les unités de traitement des déchets ne doivent par exemple pas se trouver trop loin, ni trop prêt pour ne pas gêner la population.
Si Cities XL s'occupe d'acheminer l'eau et l'électricité, il n'en va pas de même pour l'approvisionnement en carburant. Chose étrange d'ailleurs, alors que le jeu comporte tous les services publics habituels et indispensables que sont la police, les pompiers, l'éducation ou les hôpitaux, les transports publics font figure de grands absents. Sans doute l'éditeur Monte Cristo se les réserve-t-il pour une prochaine extension, ce qui n'est pas très fair-play ! Pour l'instant c'est belle et bien la civilisation de la voiture qui triomphe.
Point notable, la mixité sociale va bon train même si, finalement, le bon vieux système de division de la population en catégories sociales se trouve comme dans un Sim City, reconduit. En réalité, la progression par palier, que ce soit le dépassement d'un seuil de population ou la construction de certaines structures, pose en perspective l'éternel et difficile exercice de l'équilibre budgétaire et de la gestion des différentes ressources nécessaires au fonctionnement de votre ville (agroalimentaire, carburant, contrats, électricité, eau, argent...).
Un tissu urbain de toute beauté
En bon jeu de 2009 qu'il est, Cities XL se devait de proposer un éditeur plus commode et plus souple que ceux de nos chers vieux Sim City. De fait, il est bel et bien là avec une fonction permettant par exemple d'étendre une zone pavillonnaire (et pas forcément rectangulaire!) en un tour de main, le logiciel se chargeant de placer tout seul les rues intérieures de cet espace circonscrit par la pose de quatre points d'ancrage.
La même chose est possible pour combler un espace vide avec un parc ou une place. Ou alors, pour ceux qui ont du temps, il est bien entendu toujours possible de poser les bâtiments et jardins un par un, sans oublier la pose de ponts de la hauteur voulue et autres tunnels (d'ailleurs avec le même outil).
Puisque le diable se cache souvent dans les détails, l'autre énorme nouveauté est l'adoption des routes courbes et d'angles de croisement beaucoup plus amusants que le quadrillage à l'équerre, genre ville américaine, proposé par l'ancienne génération de jeux. Certes on ne pourra pas construire une Lombard Street tout en épingles à cheveux comme à San Francisco, mais les villes font beaucoup plus réalistes qu'avant. Le moteur 3D avec son zoom vertigineux est d'ailleurs une franche réussite dès que l'on prend un peu de hauteur, la vue au sol n'étant pas époustouflante de détails. Ce qu'il manque surtout, c'est le brouhaha de la cité qui paraît bien silencieuse pour une mégalopole.
Planète partagée !
Le mode en ligne proposé par Cities XL prend donc le nom de mode Planète, puisque les joueurs connectés sur les serveurs peuvent maintenant converser entre eux bien sûr, mais aussi visiter les villes des autres, peut-être pour en tirer des leçons, ou encore et surtout échanger des ressources.
La marche à suivre n'est pas compliquée puisqu'une fois ses identifiants rentrés, on choisit sa planète, Europa ou Pandora pour les joueurs français de préférence, et on se trouve un emplacement libre parmi les dix mille que compte chaque astre disponible. Cinq villes peuvent être construites sur une même planète, il est hélas impossible d'importer la ville qu'on a créée en mode Solo.
Mais le plus intéressant est alors que les échanges de matières premières, ressources industrielles et humaines ne se négocient qu'avec la même firme répondant au nom de Omnicorp, un cours du jour est affiché pour chacune des valeurs dans le mode en ligne. Un peu comme à la bourse, on peut alors choisir d'acheter les ressources manquantes par exemple pour construire des monuments (tour Eiffel, Empire State Building...) car ces accomplissements bénéficieront à toute votre ville.
Point route
City builder bien né, ce Cities XL ravira les fans du genre même si certains mécanismes répétitifs sont inhérents à ce type de jeu. En revanche, l'offre Planète qui promet de nouveaux contenus, comme par exemple de nouvelles structures et qui permet d'intégrer la communauté du jeu, paraît un brin chère eu égard aux services rendus. La bourse des échanges est très bien vue, tout comme la possibilité d'aller visiter les villes des voisins mais tout cela n'est pas non plus révolutionnaire.
Quoi qu'il en soit, Cities XL reste un bon jeu à l'interface bien pensée, dans un genre sous ou mal-représenté ces dernières années.
points positifs
points négatifs

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