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Le défi était de taille : glisser sur la vague de l'ultramobilité et des netbooks avec l'envie d'apporter quelque chose de nouveau. Inventer un netbook qui n'en est pas tout à fait un en somme : le dv2. Avec sa plate-forme AMD, son écran 12 pouces et Windows Vista, il est vrai qu'il dénote dans le paysage ultracalibré des miniportables économiques à bas coût. Mais l'effort, louable, de bouger un peu les standards est un exercice d'équilibriste où le moindre facteur peut handicaper la machine face à une concurrence des plus féroces...

On commence par un carton orange : l'autonomie. Lors de nos tests en situation, le dv2
a tenu 2h30 en navigation, écran à 90% de luminosité, en captant deux flux musicaux du Web (Jiwa et Fairtilizer).
Deux heures trente, pour un concurrent d'ultraportables et de netbooks c'est trop court. Sans être scandaleuse, cette autonomie ne peut même pas accrocher un Samsung NC10 et ses cinq heures. Le NC10, pour ceux qui ne suivraient pas l'actualité des netbooks est, avec l'Eee PC 1000H d'Asus, un des grands champions de la catégorie. Economique, léger, compact, autonome et peu cher, il frappe fort. Et question autonomie, il met déjà K.O. le dv2...
Ce qui joue au premier abord en faveur du dv2 est son format: 12 pouces est une taille réellement confortable pour travailler. En plus de l'espace offert par ces dimensions plus généreuses, on a affaire à une dalle dont la résolution (1280x800) rend plus agréable non seulement la navigation Internet mais aussi l'utilisation de logiciels de bureautique, face aux timides 1024x600 pixels d'un NC10 plus compact.
Mais le dv2 ne profite pas à fond de cet avantage: là où un NC10 offre un clavier classique mais efficace, le dv2 est pourvu d'un touchpad collant (gare aux mains moites!) et d'un clavier du même acabit. Un coup d'œil sur le clavier du 1000HE d'Asus et on se demande à quoi pensait HP en nous proposant ce clavier plastique...
Pour qui a goûté au relatif silence des netbooks et à leur petit poids de 1 à 1,3 kg, le dv2 paraît plus être un ultraportable économique qu'un miniportable économique. Quatre cent grammes qui peuvent la différence en terme de mobilité -ne payait-on pas des fortunes les ultraportables pour économiser quelques grammes?
Mais cela n'est qu'un détail au regard d'un autre écueil, imputable, sans doute, à la plate-forme AMD Athlon Neo 64: la machine chauffe bien plus qu'un netbook et s'avère, de facto, aussi bruyante qu'un portable standard. Et c'est bien là que le bât blesse: pour 150 euros de plus on se configure un Dell XPS M1330 bâti sur une plate-forme autrement plus performante et ce, pour 300 grammes de plus. Il n'y a pas vraiment photo...
A moins de démonter la machine vis par vis et de rechercher des défauts dans la qualité du dispositif de refroidissement et des matériaux employés, il n'est pas possible de condamner de façon catégorique AMD plus que HP. Mais il n'empêche qu'il est notoire que les plates-formes AMD, intéressantes dans leur rapport prix/performances, ont tendance à chauffer plus que leurs homologues Intel.
Ensuite, on a vu des Core Duo souffrir sous Vista et c'est aussi un peu le cas de notre AMD Neo qui préfèrerait mille fois un Windows Seven à venir, plus optimisé, voire un Windows XP. Le démarrage de la machine est globalement lent et quoi que suffisamment réactif en mode monotâche, cet appareil manque de fluidité une fois plusieurs applications chargées. La faute aussi à HP qui ne sait pas réaliser des modèles logiciels légers: quand on fait de l'ultraportable, on évite de lancer mille services, on peut se passer de la barre d'outils HP, etc. Le constructeur sait faire du portable grand public à rapport coût/équipement intéressant, mais ne maîtrise clairement pas encore les PC ultramobiles.
Les indices de performances donnent la machine 4,5 fois plus performante qu'un netbook dans le domaine des jeux. Ne sautez pas au plafond, 347 points à 3D Mark, c'est loin d'être la panacée. Mais suffisant pour jouer à World of Warcraft. Cela dit, un ultraportable est une grosse machine à écrire qui doit être confortable, légère, tenir la journée de travail, se connecter au Net et lancer Word et Excel avec souplesse. Qu'il fasse tourner un jeu populaire est certes un plus mais négligeable.
Une fois encore, pour à peine 200 euros de plus on passe sur un ultraportable classique qui offrira des performances incomparablement supérieures au regard du surcoût.
Le dv2 est vendu avec un lecteur DVD externe. Plus qu'un geste c'est surtout une façon de rassurer le commun des mortels pour une éventuelle réinstallation, aidant ainsi le vendeur à faire son travail. Seulement sans cette unité, HP pourrait faire baisser le prix de sa machine. Et pourrait, comme il le fait si bien en installant des Vista 64 bits sur ses machines grand public, montrer la voie à l'industrie, en livrant une clé USB de restauration du système.
A l'usage, on se rend bien souvent compte qu'on a rarement, dématérialisation aidant, besoin d'un lecteur optique au quotidien. Le proposer en option à moindre coût nous semblerait plus pertinent.

L'enfer est pavé de bonne intentions: HP a voulu, en plus de s'installer sur le marché de plus en plus important des netbooks, rassurer le grand public avec une machine plus confortable qu'un netbook traditionnel et livrée avec un graveur de DVD externe, le tout sur une plate-forme plus performante.
Manque de chance, Vista plombe les performances de la machine qui chauffe trop et ne tient pas plus de 2h30 à 3 heures d'autonomie. Coincée entre les netbooks à 400 euros et les bons portables grand public à 700 euros, le dv2 est une tentative honorable qui rate son objectif.
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