Privé de la 3,5G, le Curve 8900 est-il le BlackBerry «du pauvre» ?
Après avoir réduit le prix de son PDA, RIM a sacrifié la 3G au profit de l’autonomie. Est-ce le bon choix?

En dépit du non support de la 3,5G, RIM tente de séduire avec son
nouveau BlackBerry, le Curve 8900, un smartphone proposé à petit prix.
N'est-ce pas pénalisant pour l'utilisateur? Les offres proposées par les opérateurs sont en effet indifférentes à cette baisse de régime (les offres
3,5G ou Edge sont les mêmes).
Pour le savoir, nous avons essayé ce
nouveau Curve plusieurs jours durant.

La première chose qui séduit avec le nouveau Curve, c'est son design. Si les précédents modèles faisant clairement vieillots (le Curve 8300 chez Bouygues, le Curve 8310 chez SFR),
le 8900 séduit.
Mais bon, le design c'est bien beau, mais l'essentiel
est ailleurs. Car ce que l'on demande à ce type d'appareil c'est
d'apporter tout un ensemble de services et de tenir la route.
La 3G, l'ennemie de l'autonomie...
Chez RIM, on n'a pas peur
de se la jouer «Edge». Pourquoi? La réponse tient en un mot:
l'autonomie. Ça n'a l'air de rien mais un téléphone qui ne tient pas la
journée, ça agace! Et s'il est un défaut constaté en général par les
utilisateurs de téléphones 3G qui passent du temps à consulter leurs
e-mails, à téléphoner, à jouer et à surfer sur Internet -toutes options
activées-, ça consomme. Et là c'est vrai, on peut, en faisant un usage
assez intensif de ce téléphone, ne pas avoir à le recharger pendant
trois jours. Avec le BlackBerry Bold, son alter ego en 3G, c' est -disons-le- quasi mission impossible.
... mais l'Edge est celui de la rapidité
Si utiliser un BlackBerry n'est pas pénalisant pour consulter ses
e-mails, envoyer des messages sur Facebook, voire poster des photos, dès
que l'on passe à Internet, c'est lent, très lent! Déjà qu'avec la
3,5G c'est pas toujours ça, avec le Curve 8900 on est content de
pouvoir profiter d'une borne Wi-Fi. Et encore!
Car même si le
navigateur proposé par RIM se bonifie avec le temps, la taille de
l'écran n'est pas confortable pour consulter des pages conçues pour des
écrans en 800x600 pixels, voire plus. Il faut donc user du zoom...
Bref, disons le clairement, on n'achètera pas un tel appareil si c'est
pour surfer régulièrement sur Internet.
Un fabuleux écran, des options sympathiques...
Le Curve 8900 n'est pas pour autant dénué d'intérêts. Avec lui, on
réalise de petites photos dans la pénombre grâce à sa petite torche
intégrée. Mais que l'on arrête de vendre des téléphones en racontant
qu'avec leur 8, 10 voire 12 Mpix (ça arrive !) on fait des
prouesses. Non, vu la taille du capteur, un 3,2 Mpix comme ici c'est
largement satisfaisant pour qui veut poster des photos par exemple sur
Facebook, voire sur un autre service Web.
Côté GPS, le service proposé
est fonction de l'opérateur et de l'abonnement. Ici aussi c'est le
petit bonus et cela ne doit pas être l'élément moteur qui doit vous
inciter à prendre un tel téléphone. S'orienter c'est bien mais c'est
gadget, se faire guider c'est tout sauf pratique avec un téléphone.
Sauf occasionnellement !
Mais là où l'on est enchanté, et pour le coup
cela n'est pas un détail, c'est de la qualité de l'écran. Outre sa
définition de 480 par 320 pixels, l'écran offre une luminosité
fabuleuse. En dépit d'une taille de 6,5 cm de diagonale, on prend
réellement plaisir à consulter de petites vidéos. Le son est correct et
ce aussi bien profiter des vidéos, pour téléphoner que pour écouter de
la musique avec les écouteurs fournis. Bref, on a là un appareil bien
équipé.

Moins fun, moins gadget et surtout moins rapide pour surfer sur
Internet que des tas d'autres téléphones grand public, ce Curve 8900
délivre le service que l'on attend d'un BlackBerry avec un système de
messagerie performant, une excellente autonomie, un très bel écran et
quelques bonus comme une fonction photo opérationnelle même en basse
lumière et une fonction aGPS disponible pour ne serait-ce que vous
orienter. A défaut d'être innovant, le 8900 offre un bon compromis. Ce
n'est donc pas le BlackBerry «du pauvre» que l'on pressentait, mais
un BlackBerry fûté. A signaler que son prix est susceptible d'être
rapidement proposé -abonnement opérateur inclus- en-dessous des 50
euros. Ce n'est qu'à ce niveau de prix-là que l'on conseillera cet
appareil plutôt que le Bold, histoire d'être aussi fûté que ses
concepteurs!