Un compact qui se prend pour un reflex
Le PowerShot G7 est le petit dernier d’une lignée de compacts de référence. Est-il à la hauteur de ses prédécesseurs ?

Le PowerShot G7 est un des derniers survivants d'une espèce en voie de
disparition : les « gros » compacts. Il n'en est que plus précieux, car
à l'heure de la miniaturisation à tout crin, il est bon de trouver des
appareils photos pour qui les fonctionnalités et la qualité d'image
passent avant tout. Ce boîtier se place donc à mi-chemin entre les
compact tout-venant et les reflex (et autres bridges). Il ne cède pas aux
compromis techniques des premiers mais reste bien moins encombrant que
les seconds. Son prix peut paraître élevé face aux tarifs très
agressifs et quasiment équivalents pratiqués sur les derniers reflex.
Or, si on le compare à un boîtier équipé d'un zoom optionnel de focales
équivalentes (6x) avec stabilisateur optique en sus, le G7 reste une
très bonne affaire sur le papier. Qu'en est-il dans les faits ?

Tout d'abord, pour ceux qui auraient du mal à cerner les subtilités
techniques différenciant un tel compact d'un appareil reflex,
rappelons-les dans les grandes lignes : bien moins gros qu'un reflex,
cet appareil est équipé d'un viseur optique d'appoint beaucoup moins
confortable que la fameuse visée reflex. Le cadrage se fait donc
presque toujours grâce à son large écran, dont la grande qualité
compense la médiocrité du viseur. Son objectif n'est pas
interchangeable mais il peut recevoir des convertisseurs optiques
optionnels pour modifier la focale et aller encore plus loin en grand-angle ou un téléobjectif.
Il est vrai que sa focale la plus courte
correspond à un 35 mm, ce qui est un peu « étroit » en terme de champ
de vision (les reflex proposent un équivalent 28 mm). Ici, le zoom est
motorisé, c'est un petit levier qui le commande et non pas une bague
manuelle comme sur les reflex. En revanche, l'amplitude de son zoom est
supérieure (6x contre 3x sur les kits reflex), et il offre une position
macro très courte (jusqu'à 1 cm du sujet). Enfin, l'appareil dispose
d'un mode vidéo de très bonne qualité alors que les reflex ne peuvent
pas filmer. Voilà pour les fondamentaux.
Pour le reste, on
retrouve de nombreuses fonctions « expert » et un large contrôle des
paramètres de prise de vue, comme sur les reflex. Le G7 est ainsi l'un
des seuls appareils compacts à proposer un sabot pour flash externe
(gamme Canon Speedlite). Ceci dit, le flash intégré se montre déjà très
efficace, mais il accuse une fâcheuse tendance à l'effet « yeux rouges
». La correction a posteriori, très courante aujourd'hui, n'étant pas
prévue ici, seul un pré-éclair est censé remédier au problème. On
pourra préférer un flash externe, unique solution réellement efficace.
Par
rapport à ses prédécesseurs très appréciés des photographes exigeants,
le G7 offre quelques améliorations opportunes, mais aussi quelques
régressions assez décevantes. Sur le plan de l'ergonomie tout d'abord,
Canon a encore fait des merveilles. Le pilotage de l'appareil est un
vrai plaisir, chaque commande se trouvant où il faut quand il faut.
Point de fioritures, c'est l'efficacité qui prime. On apprécie
particulièrement la molette crantée dédiée au choix de la sensibilité,
et la roue de sélection héritée des reflex pour faire défiler
rapidement les menus ou effectuer une mise au point manuelle. La
finition est elle aussi en progrès, et la construction paraît bien plus
soignée que celle de certains reflex d'entrée de gamme.
On
regrette par contre l'abandon de l'écran de rappel des principaux
réglages, toutes les informations de prise de vue apparaissant
dorénavant sur l'écran principal. Mais la grosse déception vient du
fait que ce dernier n'est plus orientable. Canon a sans doute voulu
faire des économies, c'est dommage. On perd ainsi l'un des principaux
avantages de ce type d'appareils, qui permettait de cadrer facilement
dans des positions incongrues : à main levée au-dessus d'une foule, à
la ceinture, ou l'objectif vers soi pour les autoportraits.
Au
chapitre des doléances, citons également l'abandon du format Raw et de
la télécommande pour déclenchement à distance, deux fonctions qui
n'avaient rien d'anecdotique pour les photographes chevronnés. De même,
l'autonomie de la batterie est en baisse. Enfin, on ne retrouve pas la
grande ouverture en grand-angle (F:2.0) des modèles précédents, idéale
pour les portraits. Au lieu de cela, Canon s'est contenté de jouer sur
l'effet d'annonce en augmentant la portée du zoom et la définition du
capteur, ce que font à peu près tous les fabricants de compacts lambda.
La qualité d'image ne suit pas forcément.
A 100 ISO et
en grand-angle, tout va bien : l'objectif continue a faire des
merveilles, tout comme l'excellent processeur de traitement d'image.
Les clichés sont très nets, les couleurs éclatantes. Cela se gâte dès
que la lumière baisse et que l'on a recours aux sensibilités
supérieures. La grande densité des pixels sur ce petit capteur provoque
un bruit numérique disgracieux. La position 1600 ISO pourra cependant
séduire les amateurs d'effets « gros grain ». Les reflex et
leur capteur plus sensible conservent donc un large avantage en basse
lumière.
Le téléobjectif est plutôt appréciable : le
stabilisateur fonctionne très bien, mais l'autofocus a parfois du
mal à opérer en longue focale. De même, le détecteur de visages
s'avère moins efficace que chez Fujifilm par exemple. Notez que pour un
appareil orienté expert, le G7 regorge de fonctions à destination des
débutants comme les modes scènes, présents à foison.

Au final, le G7 est un appareil qui peut paraître décevant au regard de
l'excellence de ses prédécesseurs, mais qui reste tout de même assez
exceptionnel. En voulant séduire un plus large public, il a perdu
quelques-unes de ses spécificités, tout en gagnant en facilité
d'utilisation et en polyvalence. Il demeure une référence pour tous
ceux qui cherchent un boîtier peu encombrant sans sacrifier aux
possibilités photographiques. Dommage que ses performances moyennes en
basse lumière le pénalisent un peu. Au prix où on le trouve
actuellement, le G7 s'avère cependant tout à fait recommandable.