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Asus persiste et signe. Après la surprise de la réussite de l'Eee PC, le taïwanais récidive. Du portable low cost on est passé au PC tout intégré low cost. Attendez voir: un clone d'iMac à écran tactile peut s'accorder avec le mot low cost? Et sommes-nous toujours sur une logique de bas coût? Vérifions.

L'Eee Top est bien un PC à bas coût si l'on s'en réfère à son prix: à 550
euros, la machine intégrant l'écran et les composants PC, le ticket est
relativement accessible.
Mais la logique a changé et on le voit en
déballant l'appareil: le travail est soigné, très soigné, à des années
lumières de ce que le terme low cost peut entraîner avec lui de négatif. Les plastiques sont de qualité, la machine porte beau, on
peut la mettre dans son salon sans avoir honte. Le prix a été comprimé
du fait de la faiblesse générale des performances car l'Eee Top est
bâti sur une plate-forme Atom, celle-là même qui anime les netbooks.
Mais avec un peu de recul, nombreux sont les utilisateurs qui n'ont
besoin que du strict minimum en terme de performances: combien de
personnes ont vécu l'entrée de l'ère numérique par le Minitel? Combien
de rapports d'activité ont été tapés sur des Pentium II? La puissance
c'est le confort et la multiplication des services. L'Eee Top remplit
sa mission de service minimum et même un peu plus.
Commençons par ce qui fait tout l'attrait de cette machine: son écran tactile. Comme un iPhone géant, une télévision que l'on peut toucher. D'une diagonale de 40 cm (15,6 pouces), il n'est pas très grand, mais suffisant pour une utilisation confortable. Au prix de la machine, il n'est bien évidemment pas multipoint -il ne reconnaît qu'un seul doigt ou stylet- mais il fonctionne très bien. Windows étant paramétré en mode grandes icônes, on ouvre et ferme rapidement les applications, d'une touche de majeur plein de miel ou au moyen du stylet intégré au clavier. Lequel fait un bruit de flingue quand on le dégaine de son compartiment. C'est un peu ça aussi, «la classe».
Si la partie tactile est bien gérée,
la résolution de 1366x768 pixels est un peu juste, notamment la
verticale. Certaines fenêtres de paramétrage n'apparaissent pas dans
leur totalité et il faudra faire disparaître la barre des tâches afin
de cliquer sur «OK». C'est le défaut de cette dalle qui, sans être un
modèle de luminosité, s'avère cependant agréable à l'usage.
Windows XP
n'est pas parfaitement adapté a ces petites résolutions et moins encore aux netbooks. Avantage a GNU/Linux sur ce plan là, particulièrement à la distribution Ubuntu qui possède une interface spéciale netbooks.
Espérons que Microsoft prenne en compte les problématiques de résolution pour le
développement de son Windows 7 qui se verra décliné sur des PC de plus
en plus différents.
On a souvent pesté contre les performances très modestes des Eee PC, habitués
que nous sommes à rouler en Core 2 Duo gavé de RAM. Mais en se plaçant
dans le contexte d'utilisation réelle de cet Eee Top, si l'on ne peut
que se prendre à rêver de machines aussi sympathiques mais plus
puissantes, force est de constater que cela suffit pour taper ses
textes, consulter sa messagerie électronique, réserver une place de
cinéma sur le Net, jouer au solitaire.
L'utilisation est d'autant plus
agréable que le clavier est soigné, très soigné. Reprenant le design
Sony/Apple, avec des touches très espacées, il est à la fois agréable
et réactif. Il manque cependant un pavé numérique et il gagnerait à
être un peu plus souple. Mais c'est tout de même un plaisir de taper
avec. Et c'est beaucoup.
Asus livre un logiciel appelé Eee Bar ou Eee manager selon comment il
est déployé -sous la forme d'une barre d'outils supplémentaire ou d'un
onglet qui se déplie sur la gauche de l'écran. Réunissant les
applications les plus utiles, il facilite la navigation à la main. Tout
ceci en mode «Windows». Par défaut se lance, au démarrage, une
surcouche qui reprend l'interface des Eee PC version GNU/Linux (on
revient facilement au bureau en touchant l'icône «Maison»). Là c'est
encore plus simple, l'interface simplifiée accélère la navigation entre
les applications et convient parfaitement à l'approche tactile de
l'objet.
En vrac, on aime aussi: l'éclairage du néon bleu sous l'écran qui se
règle voire se coupe, la gestion des ressources (Wi-Fi, volume, webcam,
etc.) accessible sur le clavier au travers d'une touche fonction
(comme sur les portables). Et le silence: en collant son oreille sur
la bécane, on peu entendre le disque dur ronronner, mais c'est bien
tout.
Ce qu'on peut regretter concernant cette machine: l'absence d'un lecteur DVD
intégré (Asus se rattrape en intégrant les codecs Mpeg-2), l'écran un
peu trop petit à notre goût, l'absence de pavé numérique et du
Bluetooth. Bien sûr on pourrait continuer de chipoter en demandant une
meilleure intégration logicielle mais la faute en incombe
essentiellement à Microsoft pour le coup, et on ne va pas reprogrammer
XP, comme ça, d'un coup de baguette magique.

Innovant: voilà ce qui ressort de cet Eee Top. Concentrant concepts et technologies dans un produit au coût maîtrisé, Asus a encore une fois montré la voie. S'il faut rendre à César ce qui est à HP (le premier sur le concept), c'est tout de même Asus qui propose, pour la première fois, l'iMac tactile pour les masses. Et dans une version à la fois esthétique et aboutie. Bien joué.
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