Un reflex très pro à prix cadeau
Nous avons enfin testé un exemplaire définitif du Pentax K10D, le reflex à moins de 1000 € le plus "pro" du lot.

Nous étions impatients de tenir en main le tout nouveau Pentax K10D, un
reflex très prometteur à la fiche technique impressionnante. Après le
lancement cet été de deux reflex 6 Mpix d'entrée de gamme (K100D et
K110D), Pentax a créé la surprise en concevant un appareil aux
ambitions très « pro » et en le proposant à un tarif particulièrement
alléchant. Les appareils similaires des marques concurrentes (Nikon
D80, Canon EOS 30D, Olympus E-330) sont en effet loin de
la barre « psychologique » des 1000 euros, alors que leur équipement
est parfois inférieur. Voyons si la "bête" tient ses promesses sur le terrain.

Difficile de croire qu'il s'agit d'un reflex « grand public » lorsque
l'on aborde le Pentax K10D. Massif, lourd, presque austère, il n'est
manifestement pas là pour rigoler. Le boîtier en alliage de magnésium,
protégé des agressions extérieures par des joints toriques, inspire une
rare sensation de durabilité et offre une excellente tenue en main. Les
modes « scènes », venant habituellement rassurer les novices, ont été
oubliés, tandis que les boutons de raccourcis qui pullulent à la
surface du boîtier peuvent donner le vertige au premier abord. Témoin
de l'orientation très « expert » de l'appareil, l'ingénieuse touche
Raw, permet d'enregistrer la prochaine image au format brut (Raw,
Raw+Jpeg ou DNG). Bien utile si on estime qu'une vue difficile va
devoir
être travaillée par la suite. Notez que l'exploitation de ces images
brutes est assurée par le logiciel Pentax Photo Laboratory, fourni dans
la boîte.
Autre innovation peu spectaculaire mais fort pratique à
l'usage, les modes manuels à priorité Sensibilité (Sv) et
Vitesse/Ouverture (TAv) : ceux-ci offrent une grande souplesse de
réglages, en jouant simplement sur la sensibilité comme un paramètre
d'exposition « mouvant ». En mode TAv, vous choisissez le couple
vitesse/diaphragme souhaité, et c'est la sensibilité qui s'ajuste en
fonction de la lumière disponible. La double molette crantée offre un
contrôle rapide de ces paramètres, tandis qu'une pression sur la touche
verte placée à côté du déclencheur suffit pour revenir au mode P.
Enfin, vous pouvez facilement paramétrer la valeur maximum de la
sensibilité automatique (de 200 à 1600 ISO). Que
de bonnes idées !
Nouveauté intéressante, quoique déjà
rencontrée ailleurs, la stabilisation des images par déplacement du
capteur. Comme chez Sony, le système sert également à lutter contre les
poussières présentes sur la surface sensible. Ceci dit, on ne trouve
pas encore ces fonctions, pourtant bien utiles, sur les reflex semi-pro
auxquels vient se confronter le K10D. Sur le plan des pures
performances photographiques, l'appareil n'est pas en reste : son
autofocus à 11 collimateurs est particulièrement rapide, et sa mesure
d'exposition semble très précise. Le viseur est large et clair malgré
un dégagement un peu juste. L'accès aux menus est bien pensé, et
l'appareil est le seul à proposer un double affichage des infos de
prise de vue : les principales sont visibles sur l'écran supérieur
tandis qu'un panorama plus complet est disponible sur l'écran couleur.
On déplore juste un certain manque de maniabilité du
pad de
navigation général placé à droite de l'écran.
Malgré la
complexité de la bête, les menus restent toujours clairs grâce à de
nombreux pictogrammes en couleurs. Cet appareil « expert » laisse tout
de même la place à quelques fonctions de retouche embarquées, comme des
filtres colorés ou cet étonnant outil de déformation d'image destiné à
« amaigrir » votre sujet. Inutile de dire ce que l'on pense de ce
gadget. Plus concrètement, il faut noter que Pentax a abandonné
l'alimentation par piles AA, assez utile en cas de panne. Même la
poignée d'alimentation disponible en option ne fonctionne qu'avec des
batteries Li-ion. Dommage.
Le mode rafale annoncé à 3 photos par seconde jusqu'à remplissage de
la carte a été vérifié, du moins avec un carte SD rapide. L'autofocus
du K10D se montre très réactif et précis, même dans les
situations difficiles (sujet peu contrasté, lumière insuffisante). La
bague de l'objectif permet une retouche manuelle du point, une
spécificité bienvenue. Ce 18-55 mm, qui parvenait à faire illusion sur
les précédents reflex Pentax, souffre un peu de la finesse des 10
Mpix du capteur. Les détails sont bien là, mais les défauts de
l'objectif n'en sont que plus visibles. Celui-ci pêche en particulier
par un cruel manque de piqué sur les bords de l'image et par des
aberrations chromatiques trop marquées. Pour exploiter au mieux ce très
beau boîtier, les plus exigeants se tourneront donc vers la série
d'objectifs haut de gamme à focale fixe développée par Pentax.
Dans
toutes les configurations, le traitement des images est très
satisfaisant, malgré quelques hésitations des systèmes de mesure. La
balance des blancs automatique nous a semblé un peu « froide » et assez
sensible aux sujets très colorés. Heureusement, les nombreux réglages
personnalisés de la balance chromatique permettent de corriger le tir.
De même, la mesure d'exposition évaluative a souvent tendance à
sous-exposer un peu l'image. La dynamique du capteur, tout à fait
convenable, et la possibilité de recourir au format Raw relativisent un
peu ce problème. Au final, le
K10D est un appareil au fort potentiel mais tout de même assez difficile à
maîtriser.

A moins de 1000 € avec l'objectif, le Pentax K10D fait la totale :
stabilisateur, antipoussière, finition quasi pro, capteur 10 Mpix,
autofocus évolué, fonctions ultracomplètes, ergonomie très bien
pensée... la liste de ses qualités
est longue ! Les performances sont tout à fait à la hauteur de nos
espérances, la réactivité et la qualité des images sont dignes de son
rang. Le boîtier mérite cependant un meilleur objectif que celui du
kit. De plus, sa complexité le destine aux photographes
chevronnés. Ces remarques valent logiquement pour le
Samsung GX-10, véritable frère jumeau du Pentax, proposé au même prix.