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Sur le papier, ce téléviseur HDTV 1080p Philips de 42 pouces a, dans sa
besace, de nombreux atouts pour séduire. Super équipé, joliment fini,
exploitant l'un de ces fameux systèmes de rétroéclairage à LED et
auréolé du prix EISA 2008/2009 dans la catégorie «Meilleur
téléviseur LCD», le 42PFL9803 n'est, a priori, pas un client
comme les autres.
Mais est-il vraiment à la hauteur de son prix et de
sa réputation? Ça se discute.

Sur le plan des finitions et de la connectique, rien à dire. A la
sortie du carton, le téléviseur donne une excellente impression. Le
pied est rotatif, les connexions nombreuses et faciles d'accès, la
télécommande a l'air chouette et la carrosserie soignée, bref, de quoi
rendre l'utilisateur heureux.
D'autant que Philips a prévu, entre
autres, quatre entrées HDMI 1.3, une entrée PC, un port USB et un port
Ethernet pour l'intégration du téléviseur au sein du réseau domestique.
Certification DLNA à l'appui.
Reste
que le principal argument de ce téléviseur LCD et celui qui pèse
d'ailleurs largement sur son prix, c'est son système de rétroéclairage
à LED. Philips exploite la technologie LED LUX à base de 1152 LED
réparties en 128 segments de 9 LED. De quoi offrir, soi-disant, des
noirs plus profonds que sur la majorité des LCD, améliorer le ratio des
contrastes, mais aussi diminuer la consommation d'énergie de 45%.
L'appareil consomme, en effet, 201 watts en fonctionnement et seulement
0,15 watt en veille. Soit un coût électrique annuel d'environ 35 euros
(à raison de quatre heures d'utilisation par jour et le reste du temps en veille).
C'est moitié moins que sur la précédente génération de téléviseurs LCD
de même taille.
Mais
attention, pour ce téléviseur Philips n'a pas utilisé des LED RVB, mais
des LED pseudo-blanches. Une version qui présente les mêmes
inconvénients que les tubes fluorescents, à savoir une forte intensité
lumineuse contribuant à dénaturer le spectre colorimétrique et générant
le plus souvent une image froide.
Les LED RVB permettent de produire
des couleurs autrement plus naturelles et d'améliorer un peu plus
encore les contrastes, mais elles restent pour le moment encore trop
coûteuses.
Pour
le confort, Philips a également prévu le mode Ambilight Spectra 2 qui
pourra être personnalisé via l'interface utilisateur. Une interface
qui, d'ailleurs, commence sérieusement à dater et qui n'a pas été
modifiée depuis au moins trois ans. Il serait temps de faire quelque chose,
non ?! On reste donc en territoire connu avec ces menus basiques sur
fonds bleutés qui permettent d'installer et de configurer le téléviseur
en deux effleurements de télécommande.
Une télécommande qui s'avère
malheureusement mal fichue, non rétroéclairée, trop sensible et dotée
d'une mollette centrale bonne à jeter par la fenêtre.
L'ouverture
multimédia, elle, est a priori beaucoup plus intéressante. Le
téléviseur peut, en effet, se transformer sans broncher en media player
(via le logiciel Twonky Media sur Mac OS X et d'autres sur PC) et
permet ainsi de lire à distance les fichiers stockés sur le réseau
Ethernet ou sur un disque dur externe (grâce au port USB).
Le problème,
c'est que nous ne sommes pas parvenus à lui faire lire un seul fichier
vidéo. Pour les photos Jpeg et la musique en MP3, pas de problème, mais
pour les fichiers AVI, DivX, MKV et consorts, niet! Ça ne passe pas.
Pour quelles raisons? Mystère. Nous avons posé la question à Philips
et pour l'instant, pas obtenu de réponse.
Déçus,
nous nous sommes donc rabattus sur la TNT. Et dès les premières images
(en mode Standard), on rend compte que les blancs sont très lumineux et
que l'image est hyper dynamique, avec une légère dominante de rouge.
En
manipulant les autres modes disponibles, nous n'avons pas obtenu
tellement mieux. En mode Film, les couleurs tirent un peu sur le
marron, l'ensemble paraît plus chaud sans laisser une impression plus
agréable que cela. Quant aux autres modes, ils ont tendance à en faire
trop, à surdoser les couleurs et à booster les contrastes, ce qui, pour
regarder un match de foot ou jouer au jeu vidéo sur console, n'est
vraiment pas nécessaire.
Philips
a toutefois prévu la possibilité de personnaliser le calibrage avec un
mode Sur mesure permettant d'ajuster précisément le point
blanc pour les trois couleurs primaires et le niveau de noirs pour le
rouge et le vert. Tous les autres modes sont à manier avec une extrême
précaution.
En effet, avec le Contraste dynamique enclenché, dans la
plupart des cas, l'image se transforme en bouillie. Les parties sombres
ressortent davantage, mais cela se fait au détriment de la définition
et du niveau de détails. Quant au HD Natural Motion et au 100Hz Clear
LCD, ils ont également une fâcheuse tendance à rogner sur la définition pour
soi-disant fluidifier les images rapides et générer un étonnant effet
3D. Le problème c'est qu'à trop vouloir fluidifier, éliminer les
saccades et améliorer la profondeur de champs, ces deux modes empêchent
les images d'être lisibles et dénaturent totalement le rendu. Allez-y
doucement donc.
Même conseil pour les réducteurs de bruit, le mode
Définition avancée et les Couleurs renforcées. Aucun ne fait dans la
finesse et tous ont été conçus pour en mettre plein les yeux. Prudence
donc.
En
laissant ces différentes options désactivées, l'image HD se révèle
excellente. Tant sur la TNT que sur Blu-ray. Dans les deux
cas, la définition est solide, les contrastes bien affûtés et les
couleurs tranchantes. Le LED permet clairement de générer des noirs
plus denses que sur les téléviseurs LCD concurrents, même si un petit
halo laiteux persiste. En tout cas, sur des sources HD, rien à dire,
c'est splendide et finement ciselé.
Avec des sources SD, le rendu est
immédiatement plus basique. Le bruit vidéo fait son entrée, la
mise en l'échelle montre ses limites, les couleurs commencent à baver
et les contrastes se font moins fermes. A 3 m de distance, la qualité
d'image reste toutefois appréciable, mais rien à voir avec le brio et
le côté pétillant de la HD.

Au bout du compte, ce téléviseur à LED Philips vaut-il les 2500 euros exigés en magasin ? Très sincèrement, nous aurions plutôt envie de nous rabattre sur un plasma Kuro Pioneer. Car même même si l'appareil présente bien, même si l'Ambilight Spectra 2 s'avère confortable, même si les options d'égalisation vidéo sont efficaces, même si le rendu en HD est excellent et même si le niveau de noirs offert par les LED est agréable, ce téléviseur n'atteint pas encore la perfection. Et au prix où il est affiché, plusieurs alternatives très intéressantes s'offrent aux acheteurs, notamment dans la catégorie plasma, trop souvent délaissée... A tort !
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