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Prise en main Panasonic Lumix DMC-G1 + 14-45 mm
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Note de la rédaction
Avis des utilisateurs
Prise en main
Le futur des reflex passe peut-être par le G1, mais le concept est à améliorer
Avec son G1, Panasonic redéfinit l'appareil à objectifs interchangeables sans aller au bout de ses ambitions.
Adrian Branco 
le 08/12/2008 à 13h50
note de la rédac 
la promesse
Le voici donc le premier appareil de la famille Micro 4/3. Avec sesobjectifs interchangeables et sa petite bosse sur le dessus, on pourraitaisément le prendre pour un reflex, c'est un peu ce quesouhaite Panasonic au fond. Mais il n'en est rien ! Le formatdéveloppé par Olympus est justement novateur en ce sens que lescontraintes liées à la présence du prisme ont disparu. Foyer optiquerapproché, encombrement diminué et poids en baisse par rapport à unreflex, les arguments en faveur du G1 sont nombreux. Alors, est-ce l'avenirde la photo expert, une niche d'appareils en devenir ou une expérience ratée ?
la réalité
Au premier abord, ce Panasonic G1 ressemble sacrément à un reflex quiaurait oublié de grandir, notamment à cause de la petite bosse,caractéristique depuis des décennies, de la présence d'un pentaprismedans les appareils doté de ce type de visée. Coquetterie esthétique ? « Il s'agissait d'effectuer la transition en douceur : séduire despersonnes à la recherche d'un appareil photo plus évolué qu'un compact,mais moins difficile d'accès qu'un reflex. Le symbole de la photoexpert est le reflex [la bosse, donc, ndlr]. Nous avons conservé cedesign afin de rassurer les utilisateurs », nous confiait LucSaint-Elie, responsable de la communication pour Panasonic en France,lors de la présentation du G1, la veille de l'ouverture de la Photokinaà Cologne, en Allemagne.
Au-delà du compact, en marge du reflex : un appareil spécial
Commeon l'a vu au travers de différents articles, le format Micro 4/3 estune évolution intéressante dans le domaine de la photographie et met àportée de main le fantasme du compact à optiques interchangeables.Premier représentant d'une –qui sait ?– grande famille, le G1 est unvrai hybride qui reprend plein de bonnes recettes. Commençons parl'écran, amovible, impressionnant de réactivité en pleine lumière, quiconfère à l'appareil une grande souplesse d'utilisation, entre un CanonPowerShot et un un Olympus D3 (seul réflex à disposer d'un tel typed'écran). Viennent ensuite le sélecteur de modes sur le dessus et lamolette en façade qui, d'une pression, passe de l'ouverture au tempsd'exposition en mode manuel. Entre les deux mondes, le G1 dispose d'uneergonomie qui lui est propre.
Atypique jusqu'au bout
Cette marginalité il la pousse jusqu'au bout. D'une part, pour être leseul appareil à objectifs interchangeables à exister en couleur. Si Canonsort généralement son entrée de gamme (300D, 350D, 400D, 450D) en griset noir, les couleurs bleue et rouge sont sans doute une première pource type d'appareil. Vient ensuite la qualité des matériaux, made inJapan comme la grande majorité des appareils Panasonic, le G1 bénéficied'un revêtement unique : son plastique est en effet très doux, commerecouvert d'un léger duvet. Si ça ne fait pas « photographe baroudeurqui revient du Vietnam », c'est en revanche agréable à l'usage.
Qualité des images : Panasonic dans ce qu'il peut faire de mieux
Lamarque, nouvelle venue dans la photo au regard des Canon, des Nikon oudes Pentax, est pourtant l'une de celles qui a su bâtir, rapidement, seslettres de noblesse. Si elle avait tenté, avec son L10(un reflex aux ventes confidentielles), de mettre un pied dans le mondedes grands», il est clair que le G1 est la première réalisation avecdes revendications sérieuses. Car la qualité des images est là : avecles objectifs de base (14-45 mm et 45-200 mm respectivement équivalentsà un 28-90 mm et un 90-400 mm en 24 x 36), le résultat est de très bonnequalité. Non seulement le capteur 4/3 fait un bon travail,l'électronique est aussi au niveau. On sent que tout le travaileffectué dans la réactivité et le traitement du bruit dans les hautessensibilités pour le LX3 n'ont pas servi à rien. Les clichés sont propres, nets, le travail duVenus Engine plus discret –comprendre que le grain est plus doux, letraitement des pixels moins agressif.
Le poids qui fait rêver les photoreporters
En fin decarrière, le photojournaliste a mal au dos. Car il s'est trimbalé, desannées durant, des boîtiers reflex gros et lourds, capables d'encaisserune charge de CRS comme une longue attente d'un ministre sous lapluie. Aussi, le poids du G1, les photoreporters en rêvent même au boutde la première année de carrière. Car il est léger, sacrémentléger. S'il n'encaissera sans doute pas trop de manifestations, ni detraitements trop violents, il soulagera bien des épaules.
Une nouvelle gamme d'objectifs, compatibilité avec la gamme Olympus
L'intérêt de l'appareil étant son poids et son encombrement réduits, etcompte tenu qu'il n'a pas de prisme, il est donc tout à fait naturelqu'il bénéficie d'objectifs dédiés. Il faudra donc passer par la caseachat si on veut s'équiper. Or l'appareil étant pour l'instant seul surle marché, investir dans des optiques dédiées, pour un formatd'appareil dont on ne sait s'il est pérenne, peut paraître risqué. Deuxfacteurs viennent limiter ce risque : d'une part, Panasonic ne se lancepas seul mais précède Olympus, pourtant père du format, qui va aussi yaller de sa batterie d'objectifs dédiés.
D'autre part, les objectifsactuels de la gamme Olympus sont compatibles moyennant l'achat d'unebague adaptateur. Si les optiques Olympus sont à la fois de très bonnefacture et plus compactes que leurs homologues Canon, Nikon, Pentax etSony-Zeiss, il n'empêche qu'on préférera les optiques Micro 4/3dédiées, encore plus petites.
Note incroyable : une société allemande (Novoflex) prépare une bagueadaptateur afin d'installer les optiques Leica de la série M. Oucomment mettre un Summilux 50 mm f/1,4 à 2600 euros sur autre chosequ'un M8 à 4500 euros… On attend de voir !
Pas de vidéo, design discutable : un concept inachevé
Parfaitce G1 ? Non, pas vraiment. Tout d'abord en ce qui concerne le design,ce n'est pas un reflex et pourtant il leur ressemble trop. Snobisme dejournalisme ou de photographe averti, on ne peut que regretter qu'il neressemble pas plus à… un Leica. Pas uniquement pour la classe, maispour son apparence plus discrète. Pour faire plus simple : pourquoi nepas avoir fait un LX3 à objectifs interchangeables ? Sur le plan de la forme de l'engin, commenous vous en avions parlé dans ce billet du blog des experts, nouspréférons l'approche d'Olympus en terme de design. Reste à voir si leurélectronique sera au niveau de celles de Panasonic.
Ensuite, hérésie dans ce monde d'éternels insatisfaits, le G1 ne faitpas de vidéo. Il aura fallu des années auxfabricants de reflex pour intégrer la vidéo (voir le Nikon D90 ou le Canon EOS 5D Mark II). Or ce G1 n'est pas un reflex, il n'y a pas la barrière dupentaprisme, il n'y a donc, à notre connaissance, pas de limitationphysique qui empêchait son implémentation. Les ingénieurs japonais quenous avons rencontrés en Allemagne n'ont trouvé aucune explication ànous fournir, offrant en guise d'excuse, que le G2 lui, aurait un modevidéo. Quand à poser la question à Panasonic France : « Mais pourquoidiable ce G1 n'a-t-il pas de mode vidéo », la réponse est « Parce qu'iln'a pas de mode vidéo ». Les voies des ingénieurs sont parfoisimpénétrables…
Le détail qui fait mal : le prix
En cette période de viechère et tandis que Panasonic annonce vouloir séduire les utilisateursqui ont peur de passer au reflex, le prix de ce G1 est de 700 eurosavec son objectif de base - un 14-42 mm équivalent à un 28-84mm en 24 x36. Un prix un peu élevé pour un appareil sans mode vidéo. Mais comme on l'a vu l'appareil est léger, discret,performant, agréable à l'usage. Le vrai problème, au-delà du prix, c'est qu'il fait face à une concurrenceféroce. Plus petit que la majorité des appareils, il se retrouveaffiché à un prix bien supérieur à un Nikon D80 par exemple, quidispose du même nombre de pixels.
Difficile alors de comprendre qu'ilest classé dans les reflex, mais que cela n'en est pas un, qu'il estdifférent, qu'il a un capteur Micro 4/3, etc. Dans l'état actuel deschoses, seule sa petite taille et son écran amovible sont en mesure deséduire un utilisateur prêt à mettre 700 euros. Le défi va donc êtrede taille pour cette première mouture.
le verdict
Peut-on parler de « rupture non assumée » de la part d'un constructeurqui n'a jamais réellement fait de reflex ? Oui, car plus encore que les« grands », Panasonic a le champ large pour faire preuve d'imagination,lui qui n'a pas le même héritage, lui qui n'a pas cettecontinuité à entretenir. Le G1 est un excellent produit : léger et bienfini, il délivre des images de qualité, son écran offre une grandesouplesse d'utilisation, son poids une vraie liberté. Mais on sait quele G2 devrait venir corriger ses quelques imperfections et lui ajouterla vidéo. Le dilemme est grand, mais une chose est sûre : nouscroyons au concept, et ce premier jet est plus que satisfaisant.
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